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CHAPITRE VI

INCONSCIENT ET SUBCONSCIENT 66. Division du chapitre.

Les actes de conscience attestés par l’introspection sont attribués à un moi ; l’acte attribué au moi est le fait fondamental auquel sont rapportés soit immédiatement, soit médiatement par analogie, tous les autres phénomènes appelés psychiques (1). Bien plus, les faits psychiques sont en grand nombre rapportés à un « je » ; le moi qui pense actuellement est celui qui hier eut telle connaissance, tel état ajBFectif, accomplit telle action, et un grand nombre de phénomènes sont ainsi groupés dans un système psychologique général dont le noyau est le « je ». En prescindant de toute hypothèse métaphysique sur la nature de ce « je », c’est là un fait psychologique patent, et nous avons déjà étudié, en parlant de la reconnaissance des images, les conditions remplies par les objets des images ainsi rapportées psychologiquement au même « je » ; ils doivent présenter entre eux une certaine cohérence s’accordant avec mon état présent, se systématiser avec le moi du moment. En nous tenant dans l’ordre sensitif, le principal élément psychologique, réunissant ainsi les autres éléments en un système dont le foyer est le « je », est certainement l’image du corps. On sait que par la confrontation de ses impressions cénesthésiques, tactiles, visuelles, l’enfant construit peu à peu trois atlas concordants qui lui représentent son corps ; toute impression subjective éprouvée par l’homme est par suite localisée sur ces atlas, perçue comme affectant une région du corps, et comme aucune sensation, aucune émotion, aucune action, n’a lieu sans être accompagnée de quelqu’impression subjective, tous les faits de la vie psy-

SUBGONSG[ENT

cliologique sont par là même associés à l’image du corps, et, en vertu de la loi de réintégration, sont imaginés associés avec cette image. L’image du corps est d’ailleurs d’une fixité relative très grande ; le corps change peu et, la loi de dissociation par variation des concomitants éliminant les éléments disparates pour ne laisser subsister que les concordants, il en résulte que cette image ne change pour ainsi dire pas. Faits présents et passés de notre vie psychologique apparaissent donc comme reliés à une même image qui leur est une partie commune et nous aide à les juger en continuité

Certains faits psychologiques passés peuvent avoir été présents à notre pensée sans que nous les reconnaissions ; tel est le cas de toutes les amnésies. Bien plus il est des systèmes psychologiques qui semblent normalement se dérober à une concentration commune : les drames, parfois compliqués, joués dans les rêves sont de ceux-là, et les hypnotisés ne gardent pas le souvenir apparent des faits de l’hypnose. Enfin au moment même où le « je » s’unit dans un même système des phénomènes conscients, plusieurs autres faits apparaissent à un observateur comme conscients et émanés du même « je », tandis que ce « je » déclare n’en avoir aucune conscience : l’écriture automatique, les cas de double personnalité, certaines anesthésies et dysmnésies (32 2® a), d’une manière générale les phénomènes hystériques (tableaux 3, 4).

Nous examinerons d’abord le sommeil, l’hystérie, l’hypnose, au point de vue psychologique : quel est l’état de conscience et ses relations avec l’état de conscience normal ? Puis nous ferons remarquer certaines conclusions relatives à la conscience ; donc quatre paragraphes : conscience dans le sommeil, conscience hystérique, conscience hypnotique, subconscience.

1. Cf. Ebbiiighaus, Pr. de ps. 195-198; Jaaiot, C. inéd. du C. de Fr., 3 févr. 1910 ; Baldwin, Développ. mental, tr. fr., 307-310 ; Preyer, Ame de l’enfant, 339-340 ; Hofïding, Esq. d’une ps., 179

SUBCONSCIENT

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