Jérusalem, 1. s. c
INTRODUCTION
naissance, sensibilité, tendance ^ ; il est facile, en parcourant ces auteurs, de se rendre compte des obstacles auxquels ils se heurtent en cherchant les lois communes à des phénomènes aussi disparates qu’une sensation visuelle et l’idée de vérité. Les nombreuses expériences des contemporains sui la distinction entre la pensée et l’image ont fini par les convaincre que la pensée était irréductible, soit à la sensation, soit à l’image, et en conséquence la psychologie des phénomènes intellectuels a pris dans les traités les plus récents la place à part qu’une méthode exempte de préjugés aurait dû lui conserver
4. Division du traité. Les principes précédents seront le point de départ de la division du traité. (Cf. Tableau 1 à la fin du traité.)
Avant de diviser la totalité des pliénomènes considérés communément comme psychiques, il convient d’en séparer un certain nombre que notre observation interne ne peut atteindre et dont l’existence est mise en question par plusieurs psychologues : ce sont les faits psychiques des animaux. Une première partie traitera donc de la Psychologie animale ; elle sera relativement très peu étendue et se bornera à la question de l’existence du psychisme, soit sensitif, soit intellectuel, chez les animaux : il est en effet logique de rechercher les lois des éléments psychiques par l’observation de l’homme, puisque chez lui ces éléments peuvent être atteints par l’expérience interne.
La Psychologie humaine, seconde partie du Traité, sera divisée en deux livres : dans le premier nous étudierons les lois des éléments psychiques ; dans le second nous étudierons les différentes combinaisons que peuvent donner les groupements de ces éléments pour former les différents t3q)es psychiques humains, de même que les lois des groupements obtenus par les différents types psychiques. Le premier livre est donc une psychologie analytique, et le
1. Cf. Kant, Anthropologie ; Kabier, Psyi*hologie, Hach. 1893, 89; Hôffding, 1. s. c., 112-128; Ebbinghaus, Préc. de Psychol.; Malapert, Psychologie, 63-71.
2. Cf. par exemple Binet, Année psychologique 1911, Qu’est-ce qu’une émotion ? 2-16.
INTRODUCTION
second une psychologie synthétique individuelle ou collective. Le premier comprendra deux subdivisions : phénomènes sensitifs, phénomènes intellectuels ; chaque subdivision comprendra les connaissances, les états affectifs, les tendances, les expressions extérieures par l’action ; comme l’adulte normal rapporte au moi ses phénomènes psychiques, en a conscience, nous traiterons dans chaque partie des particularités affectant cette note de « conscience ».
Plusieurs remarques sont à faire sur cette division ; o) Nous avons pris le mot « intellectuel » dans son ancien sens, b) Nous appellerons les états affectifs intellectuels « sentiments », prenant ce mot dans le sens indiqué par Malapert : « états affectifs^ simples ou complexes, auxquels V organisme ne participe que d'une façon indirecte, ou du moins peu sensible » c) On voit que cette division a pour point de départ la distinction des phénomènes du point de vue de la connaissance vulgaire, et, par conséquent, elle ne suppose pas que les différents phénomènes composant les différents groupes soient irréductibles ontologiquement.
I PSYCHOLOGIE ANIMALE. , , Chapitre 1