‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 262 sur 358 · James, 1. s. c., t · texte numérisé non relu

James, 1. s. c., t

DE l'SyCIIOLOÜIE EKHEUIM EXTAI.E.

iS

SUBCONSCIENT

La Psychologie expérimentale constate seulement ce fait : les états de conscience tombant sous l’expérience ou l’observation sont rapportés à un « je », à un être sentant et pensant, qui « se » considère comme une unité indivise et indivisible, support des différents faits psychologiques, restant identique à lui- même sous leur multipHcité. Toutes les sensations, images, affections, mouvements, tendances, rapportés de fait ou pouvant être rapportés à ce « je » psychologique, forment, par cette relation commune, un même système psychologique qu’on appelle une personnalité psychologique.

Aucun fait expérimental n’autorise à dire qu’il puisse y avoir deux systèmes psychologiques distincts, un « je » supraliminal et un « je » subliminal, coexistant simultanément pour reher des faits psychologiques, différents ou identiques, mais dépendant d’un même corps humain. Cette hypothèse, brillamment exposée par Fr. Myers dans son livre « Human Personality i», n’a pas de point d’appui dans l’expérience. En laissant de côté certains faits isolés, qui ne sont pas matière de science précisément parce qu’ils ne se répètent pas, les phénomènes h5q)niques, hystériques, hypnotiques, les doubles personnalités montrent la continuité et l’unité systématisée des faits de conscience ; le seul cas embarrassant pourrait être la personnalité « Sally » dans les états seconds de M. Beauchamp, car cette personnalité n’a pu être fusionnée avec les autres, mais cependant Sally manifeste les autres caractères de continuité indiqués au n® 70 2^, et d’ailleurs M. Beauchamp n’a peut-être pas dit son dernier mot sur ses relations avec cet état réfractaire au fusionnement. Remarquons également qu’il y aurait autant de raisons d’admettre l’existence constante d’un troisième et d’un quatrième « je » : « Le docteur Albert Wilson a exposé un cas dans lequel, en dehors du moi normal, il y avait dix personnalités ; chacune des personnalités anor-

1. Mj’^ers, Hiiman Personality, tr. fr., 1905. Cf. Schiller, Etudea sur l’Humanisme, tr. fr., 471-498.

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rmles avait un esprit extrêmement désintégré avec des facultés limitées »

Encore bien moins l’expérience fait-elle soupçonner dans ces états de désagrégation la manifestation d’activités supérieures, « d’un merveilleux inconscient qui rêve et qui prie pendant que nous travaillons à gagner notre vie * ». Janet parle en ces termes des nombreux cas qu’il a observés : « Les malades que f étudiais n’avaient aucun génie ; les phénomènes qui chez eux étaient devenus subconscients, étaient des phénomènes très simples, qui chez les autres hommes font partie de la conscience personnelle, sans que cela excite aucune admiration. Ils en avaient perdu la libre disposition et la connaissance personnelle, ils avaient sur ce point une maladie de la personnalité, et voilà tout »

En résumé la personnalité est une, psychologiquement parlant, et les états dissociés doivent être considérés comme des personnalités secondaires plutôt que secondes ; momentanément dissociés du système principal, ils ne continuent pas moins à en dépendre, et un revirement psychologique pourra les ramener à graviter autour du même foyer.

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