James, Pr. de ps., 673-577 pass
aboutit à donner à ce jugement : « je ferai tel acte » la prédominance dans la conscience.
Veut-on au contraire neutraliser une impulsion à agir dans tel sens : « Il suffit de penser aux motifs qui s^y opposent ; leur seule présence dans la conscience suffit pour déterminer le veto » Pourquoi les scrupuleux ne peuvent-ils se décider à agir ? Pourquoi beaucoup de timides sont-ils impuissants à faire telle démarche ? En grande partie parce qu’un jugement est là présent dans leur conscience dont ils ne peuvent se défaire et qui paralyse l’activité ne s’exerçant pas dans son sens « Quelle énergie triomphante ne pourrions-nous pas déployer à Vinstant, si nous pouvions mettre de côté nos scrupules, tws doutes et nos craintes ® ! » L’homme sait si bien que son activité volontaire ne s’exercera pas si des jugements se présentent dictant que l’acte n’est pas à faire, que celui qui a pris une résolution mauvaise fermera soigneusement la porte de sa conscience aux jugements qui pourraient la combattre, évitant toute lecture, toute conversation lui présentant d’autres manières de voir.
James complète son analyse par l’examen des cas anormaux On distingue les cas d’explosion où l’action est irrépressible et les cas d’obstruction où l’accomplissement de tel acte ne peut arriver à se faire jour, a) L’explosion a lieu par insuffisance d’inhibition ou excès d’impulsion : « Les hystériques, les épileptiques, les criminels appartenant à cette catégorie de nerveux que les Français appellent des dégénérés ont une constitution mentale si faible que leurs impulsions se déchargent avant que les inhibitions antagonistes aient pu se produire... Demandez à des ivrognes pourquoi ils succombent si souvent à la tentation et la moitié voua répondront qu’ils n’en savent rien ; ils sont entraînés par une
2. Cf. Lapie, Log. de la vol., Aie. 1902, 289. Janet, N. eti. f., t. 2, 87.