‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 295 sur 358 · James, 1. s. c · texte numérisé non relu

James, 1. s. c

je rC éternue point ; je veux que cette table vienne du coin de ma chambre vers moi, die ne vient point. Dans ces trois cas mon vouloir est également parfait ; seulement les trois représentations sont inégalement efficaces »

Il ne suffit pas qu’il y ait un complexus d’images dont la motricité spécifique, innée ou acquise, déclanche le mouvement ; il faut de plus que ce complexus préparé d’avance pour Faction soit complété par les images qui l’adaptent à la situation actuelle, et c’est là un des traits distinguant Factivité volontaire de l’activité purement sensitive et automatique. Un caractère de l’aboulie est la perte des actes nouveaux, comme il ressort de nombreuses expériences de Janet sur les hystériques et les psychasténiques ^ : « Non seulement M. prend difficilement un objet nouveau, mais elle se trouve impuissante dans tous les actes où se rencontre quelque nouveauté... C'est toujours le début de Vacte, la mise en train qui est pénible, mais il est nécessaire de bien entendre ce que j'appelle ici le commencement d'un acte. Ce n'est pas le fait matériel de mettre les muscles en mouvement quand ils sont en repos... J'entends la f ordination de cet ensemble complexe d'idées et d'images par lequel il est nécessaire de se représenter l'acte pour saisir un objet déterminé... Si œi propose à une aboulique d'aller chercher un objet qu'elle n'a jamais pris, elle ne reste pas immobile absolument ; elle se lève, étend les bras, etc., parvient à faire en un mot une partie des mouvements utiles. C'est que cet acte n'est pas absolument et entièrement nouveau. Il se coînpose d'une collection d'actes anciens qu'elle peut faire facileme^it... Pourquoi, dira-t-on, dans certains jours de grave maladie, M. perdelle même les actes les plus habituels ?... Cest qu'il n'y a pas d'acte absolument ancien qui ne renferme une petite partie de nouveauté. Se lever aujourd'hui de sa chaise, ce n'est pas tout à fait la même chose que se lever hier ; le temps, la tempéra-

2. Et. m. des h., 103-130, 388-390, pass.; N. et I. f., t. 1, 9-10, 390-391.

turey les circonstances extérieures, Vétat du corps et de V esprit ne sont plus exactement les memes » Ce déficit n’est pas de même nature que celui du paralysé psychique qui manque d’une imagerie formée d’avance capable de déclancher la réaction motrice : si on l’examine de près, il se rattache à la note caractéristique de l’hystérie, à la dissociation de la personnalité (69-70). Ce qui manque à M. comme aux malades qui lui ressemblent : « c'est la perception personnelle des actes, V assimilation des actions nouvelles à la grande notion de la personnalité ancienne » M. peut rattacher jusqu’à un certain point à sa personnahté l’acte de remuer le bras, mais elle ne fait pas l’effort suffisant pour rattacher au « je » l’acte de prendre par le mouvement de son bras tel objet déterminé qu’elle n’a pas encore pris. Ce qui manque n’est donc pas un mécanisme d’imagerie capable de remuer le bras, c’est le jugement préalable : « Je veux remuer le bras pour prendre tel objet déterminé. »

Page 1