L. c., XVI
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ee soient tontes laissées entraîner à des fraudes ou se soient toutes laissées tromper ^ » Mais ce raisonnement ne semble nullement convaincant ; si deux personnes, sans s’être concertées, me racontent un même fait avec les mêmes détails, j’ai une preuve de la vérité de l’événement, mais ici les personnes s’accordent sur des faits entièrement différents ; puis l’appel à l’honnêteté et à l’intelligence ne semble pas ad rem, car l’honnêteté et l’intelligence no mettent pas à l’abri des illusions. Si l’on se reporte à ce qui a été dit sur la psychologie du sujet dans ce genre d’expériences (90), on verra que l’on doit mettre légitimement en cause la claire appréciation d’un jugement lorsqu’il est prononcé dans un état émotif : ce n’est pas une raison pour rejeter toute affirmation d’un tel jugement, mais c’est un motif pour le soumettre à une critique minutieuse. Or cette critique ne semble pas avoir présidé à l’examen de la plupart des faits enregistrés par l’enquête. Enfin, en supposant un certain nombre de faits parfaitement exacts, avant de conclure à une cause transcendante, il faudrait éliminer l’hypothèse de la coïncidence fortuite. Elle est examinée et rejetée dans les « Phantasms of the living mais elle semble bien probable si on examine l’ensemble des cas. Le raisonnement de l’enquête anglaise est le suivant : le nombre de cas où l’impression ressentie à distance coïncide avec la réalité de l’événement est très supérieur aux cas de noncoïncidence ; donc, vu la multitude des expériences, on doit, en vertu de la loi des grands nombres, admettre l’intervention d’une cause, raison suffisante de la supériorité des coïncidences. Rien de plus juste ; mais reste à trouver cette cause et on ne voit pas comment prouver qu’elle n’est pas due aux circonstances les moins transcendantes. En effet pour compter sur un pourcentage proportionnel à peu près sxact il faudrait supposer une égale tendance à avertir les enquêteurs dans les deux cas de coïncidence et de non-
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coïncidence des hallucinations. Or pour deux raisons cette égalité ne saurait avoir lieu : on accorde peu d’importance aux impressions sur des événements éloignés quand elles ne répondent pas à la réalité et on est au contraire très impressionné par les concordances ; puis il est entièrement selon la psychologie de la nature humaine d’éprouver une inclination très forte à faire part d’un cas d’apparences merveilleuses dont on a été le héros. Comment faire intervenir de telles tendances dans les formules du calcul des probabilités ? Vaschide au sujet d’une enquête personnelle sur les faits télépathiques rapporte le cas de M. A. ayant eu quatre-vingt-une hallucinations télépathiques à la valeur desquelles l’entourage avait ajouté foi ; l’examen sérieux des faits montra qu’il n’y avait eu que deux coïncidences certaines mais tous parlaient avec admiration de ces deux cas, englobant les autres sous une même rubrique d’authenticité Vaschide remarque également avec raison que les personnes très unies par l’amitié ou par les hens du sang ont souvent une sorte de paralléhsme de vie psychique faisant que dans les mêmes conditions les réactions psychologiques se ressemblent ; on sait que les jumeaux passent souvent par les mêmes crises affectives ou morbides. Plusieurs faits de l’enquête anglaise pourraient trouver ainsi une explication, ce qui réduirait d’autant la supériorité du pourcentage des cas non explicables ; Vaschide donne à l’appui de son explication l’interprétation très plausible d’une hallucination personnelle éprouvée au moment de la mort de son père, et il est certain que le fait aurait passé pour merveilleux s’il n’avait pas été soumis à une analyse aussi serrée 2.
Pour conclure nous ne nions pas que certains faits de l’enquête anglaise ne demandent une explication transcendante, citons par exemple le cas 349 arrivé au frère du Cardinal Weld mais il n’y a aucune raison d’admettre