‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 328 sur 358 · Hartenberg, Physionomie et caractère. Aie · texte numérisé non relu

Hartenberg, Physionomie et caractère. Aie

PSYCHOLOGIE INDIVIDUELLE

même du caractère (94) ; la difficulté n’est cependant pas surmontée, car connaître l’échelle des valeurs selon laquelle se règlent les motifs d’un individu est un problème d’une effrayante complexité, et les expériences de laboratoire ne pourront manifester cette échelle que pour le cas particulier soumis à l’expérimentation, comme le R. P. Barrett le remarque lui-même (p. 210, note 2).

Cette remarque sur les manifestations physiques du caractère s’applique sans restriction aux théories de l’école de Lombroso sur « le criminel-né » . Un certain nombre de notes physiques, physiologiques, psychologiques, caractériserait le criminel, et tout individu affecté de ces notes serait pour ainsi dire fatalement voué au crime. Cette assertion repose sur des enquêtes faites par Lombroso, Giacomini, Tenchini, Marro, etc.^ ; mais la plupart des enquêteurs faussaient la direction de l’enquête par des vues préconçues qui détournaient leur observation de certains facteurs prépondérants, Voici d’après A. Gemelli et MorselH l’hypothèse de Lombroso : l’homme est relié par des liens généalogiques à toute la série des êtres vivants ; les actions formatrices et déformatrices de l’hérédité, ainsi que celles du milieu ambiant, ont abouti à certains types pathologiques déterminés dans leurs fonctions physiologiques, intellectuelles et morales Ou comprend combien peut être viciée une enquête faite à la lumière de telles vues dogmatiquement admises. Certaines malformations cérébrales, l’épilepsie, la folio morale, sont les marques assurées du type criminel, selon Lombroso, et le criminel no saurait se soustraire à sa destinée. Les assertions de l’école criminaliste n’ont pas résisté à l’épreuve de l’expérience *. Voici quelques phrases résu-

1. Del Greco, Histoire de la médec. ment,, Tr. int. de Ps. path.,

2. Morselli, L’opéra di C. Lombroso, Torino 1908. Gemelli, C. Lombroso, Firenze 1911, 55-57.

3. Cf. Gemelli, 1. s. c. ; Francotto, Antlirop. criminelle, R. q. sc. 1890, t. 28, 152-202, 401-429 ; Joly, Le crime, 1890.

PSYCHOLOGIE INDIVIDUELLE

mant l’opinion commune sur les différents points de la doctrine lombrosienne : « Les caractères indiqués par Vécole de Lombroso (caractères morphologiques) ne sont pas spéciaux aux criminels ; autrement dit, il n^existe par morphologiquement un « type criminel », mais beaucoup de criminels présentent les anomalies morphologiques communes à tous les dégénérés » « Il n'y a pas d'équivalence entre épilepsie et criminalité et ces deux phénomènes ne sont pas miis par un lien constant de cause à effet 2. » « Rien n'autorise à admettre l'identité du crime et de la folie morale ; mais plutôt les faits protestent contre la doctrine de Lombroso soutenant cette identité » On peut donc refuser aux signes donnés par Lombroso même la valeur de signes globaux.

§ 3. ~ PSYCHOLOGIE INDIVIDUELLE DYNAMIQUE 99. Objet.

La Psychologie individuelle dynamique a deux problèmes principaux à résoudre : a) déterminer les lois générales de l’évolution des personnahtés humaines : périodes de la vie où tels éléments apparaissent, se développent, s’atrophient ; éléments qui influent sur la variation du caractère et lois de leur influence ; b) étudier les règles selon lesquelles l’homme lui-même peut former son indlviduahté psychique, soit morale, soit intellectuelle. Cette secoi de branche de la Psychologie individuelle dynamique a pour parties importantes la « Pédagogie » qui recherche « les moyens dont l'éducation doit se servir pour éclairer les esprits ou pour former les caractères et « le gouvernement de soi-même» Une remarque importante s’impose au sujet de la Psycho-

1. Ingegniero’s, Classificazione dei delinquenti, Palermo 1907 (Cf. Gfemelli, 1. s. c., 90).

Page 1