‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 34 sur 358 · Ribot, Psychologie, M. ds les sc · texte numérisé non relu

Ribot, Psychologie, M. ds les sc

liNTRODUCTION

Stuart Mill elle suppose l’usage de la mémoire, de la « rétrospection », car il est impossible de faire l’analyse exigée par une observation scientifique ^ sans l’intervention de la mémoire.

Toutes les autres méthodes psychologiques supposent la méthode d’introspection et rétrospection. En effet l’expérimentation n’est qu’une observation dans laquelle l’observateur influe sur la naissance et le développement des phénomènes en modifiant les conditions de leur production, et d’autre part l’observation objective ne nous manifeste pas directement les faits psychiques, mais seulement des phénomènes tombant sous les sens extérieurs, d’où nous concluons l’existence et la nature du psychique qu’ils manifestent, par analogie avec les faits de conscience que nous coimaissons par introspection.

Les objections de Comte *, de Coumot.f, et de Wundt *, contre l’introspection supposent à tort que l’observation interne doit suivre les lois de l’observation externe. Ainsi Comte objecte l’impossibilité pour l’individu pensant de « se partager en deux, dont Vun raisonnerait, tandis que Vautre regarderait raisonner » * ; Wundt do l’impossibilité pour un fait de conscience de se répéter conclut que les phénomènes psychiques considérés en eux-mêmes ne sauraient être soumis à des lois, et que par conséquent l’introspection ne peut être une méthode scientifique ' ; Hôfïding fait remarquer que l’observateur par suite de l’attention donnée au phénomène fait dériver une partie de l’énergie employée vers l’attention prêtée et que par là même l’introspection ne peut s’exercer sans fausser ce qu’elle observe • ; on peut encore arguer du changement auquel

1. Stout, Analyt. Psychology, 1896, t. 1, 14; St. Mill, Aug. Comte et le Positivisme, tr. fr. Aie. 1885, 65.

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