Le goût
Pour examiner si le goût a différentes modalités, il' faut
1, Myers, Text-Book of exp. Ps., 119.
2. Cf. V. g. Albert le Grand, tr. de Homine, tr. 1, p. 31, a. 2 ; S* Thomas, Somme théoL, P« p., q. 78, art. 3, ad. 3 ; Do Anima 1. 2, lect. 22, éd. Parme, t. 20, 90.
8. Cf. Larguier des Bancels, Sensations gustatives, Ann. ps. 1 909, 273-279 ; Myers, 1. c. 108-112.
SENSATIONS
Ob
séparer les sensations gustatives des sensations thermiques, tactiles, douloureuses, qui les accompagnent ; il faut tout particulièrement éliminer les sensations olfactives. Ce rôle de l’intervention des sensations étrangères dans les appréciations courantes sur le goût des aliments est mis en évidence par des expériences obvies. Si, lorsqu’on mange, on ferme les narines, on intercepte le courant d’aspiration par lequel les aliments peuvent agir sur les organes olfactifs ; les goûts des différents aliments sont alors beaucoup moins différenciés De même les dentiers altèrent l’impression gustative produite par les aliments, et cependant ils ne suppriment que des sensations tactiles et thermiques
Ces précautions prises, on ne trouve que quatre sensations gustatives distinctes : le doux, l’amer, l’acide et le salé ; quelques auteurs ont aussi indiqué le métallique et l’alcalin, mais la saveur métallique est complètement enlevée par l’occlusion des narines et la saveur alcaline semble réductible à un mélange des sensations de doux, d’amer, et pro bablement de sensations tactiles (brûlant, visqueux).
Le doux, l’amer, l’acide et le salé présentent probablement des modalités différentes, et par conséquent il y aurait Heu de diviser le sens du goût en quatre sens partiels. En effet ces quatre modalités ne présentent aucune nuance et demeurent identiques, quelque soit l’excitant ; ainsi les acides les plus divers donnent la même impression, lorsqu’on a soin d’éliminer la sensation olfactive. De plus il n’y a pas entre le doux, l’amer, l’acide et le salé, de formes de passage, comme par exemple entre le rouge et le vert : les saveurs mixtes semblent présenter, comme dans les sons, un simple accord des sensations élémentaires Par conséquent il n’y aurait pas de transition continue entre les quatre modalités. Les expériences d’Oehrwall (1889) et de Kiesow (1898) ^ semblent prouver que les papilles du