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Concept de sensation

Dans la description suivante» nous donnerons le nom de sensations à ces états de notre conscience, qu'il est impossible de décomposer en éléments plus simples. Et nous appellerons représentations (Yorstel- Inngen), les formations, plus ou moins complexes, que constituent les sensations, en se combinant continuellement dans notre conscience.

Ce sont uniquement les besoins de l'analyse psychologique, qui ont amené à prendre dans cette signification le concept de sensation. La sensation simple ne nous est jamais donnée isolée ; elle est le résultat d'une abstraction, que nous sommes obligés de faire^ à cause de la nature complexe de toutes les expériences internes. Avant d'eiaminer les combinaisons, la chimie étudie d'abord les éléments des corps ; de même, la psychologie, qui analyse tous les phénomènes psychiques, doit préalablement connaître les sensations. Or, il existe une différence essentielle dans les deux cas. La plupart des éléments chimiques se montrent à l'état isolé; ils se présentent donc directement à Tobser- ▼ation. Mais les sensations élémentaires nous sont uniquement révélées d'après les combinaisons, qu'elles forment entre elles. Pour ce motif, la question suivante : quels sont les éléments de la perception interne,

306 OBIGINB ET PBOPaiirâS générales DR LA SENSATION.

qui peuvent être considérés^ comme réellement indécomposables, est en quelque sorte insoluble. Chaque sensation a certaines propriétés ; et, par ce moyen, elle se différencie d'autres sensations. Des sensations différentes se distinguent par leur qualité ;- ou bien, si celle-ci est analogue, leur intensité peut ne pas être la même. La pensée ne conçoit pas ces deux propriélé<i, séparées Tune de Tautre. Pour être sensible, c'est-à-dire perçue, la qualité doit posséder une certaine intensité ; et l'intensité, se rapporter à une qualité quelconque.

On est moins fixé sur une troisième propriété de la sensation, nommée le ton de sentiment (Grefûhlston) de la sensation. Incontestablement, de nombreuses sensations nous excitent agréablement ou désagréablement. H y a donc des sentiments de plaisir et des sentiments de déplaisir de la sensation. Parfois, on met en doute, que toutes les sensations soient accompagnées de sentiments ; et tantôt on conteste, au contraire, que chaque sentiment se trouve lié à iine sensation. Dans le premier cas, on parle de sensations dépourvues de sentiments; et, dans le second, on suppose des sentiments dépourvus de sensations. Plus tard, nous examinerons ces points controversés ; provisoirement, nous nous bornerons aux remarques suivantes. L'existence de sensations, dépourvues de sentiments, n'empêche pas, évidemment, d'admettre le ton de sentiment, comnfe une propriété régulière de la sensation. Car, il s'agit de faire cette simple réflexion : le plaisir et le déplaisir sont des états opposés ; l'énergie de chacun d'eux va s'affaiblissant graduellement, et ils se transforment l'un dans l'autre, en traversant le point d'indifférence. Ce rapport régulier implique ce fait, que le ton de sentiment, est> selon les circonstances, nul oo infiniment petit. L'hypothèse de sentiments, dépourvus de sensations, ne pourrait reposer, que sur une définition modifiée des concepts de sensation et de sentiment ; elle n'aurait donc aucune importance en f it. Avec cette hypothèse, on' transporte directement dans le sentiment la qualité et l'énergie de la sensation. La différence consiste uniquement à appeler, ici, non pas sensations, mais sentiments, les sensations douées d'un sentiment énergique. Par contre, la distinction de ces trois propriétés oblige de supposer, que ces propriétés sont incapables de se présenter jamais à l'état d'isolement, et que leur séparation est une abstraction, nécessitée par le changement des sensations.

Il existe encore une quatrième propriété, essentiellement caractéristique, qu'on a parfois attribuée à la sensation : sa rekUion locale. Elle est l'élément constant et régulier des sensations tactiles et visuelles,

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