La loi de Weber
Grâce à la raétbodedes modiflcatîons minima delà sensation, Ernest Henri Weber a découvert, le premier, une relation constante entre l'excitation et la sensation et trouvé sa confirmation dans divers domaines sensoriels. Voici la teneur de cette relation régulière : l'accroissement do l'excitation, qui doit engendrer une modification perceptible de la sensation, est toujours dans le même rapport avec la grandeur de l'excitation, à laquelle il s'adjoint. Si donc, il faut ajouter à un poids de 1 un poids V3, pour que la différence de pression devienne perceptible, un poids 2 devra croître de V3, un poids 3 de 1, pour donner naissance à une modification minima de la sensation. Les autres méthodes de mensuration ont, dans certaines limites de leur application, conduit à des résultats analogues. Par la méthode des fautes moyennes, il arrive, que la faute variable moyenne, commise en comparant une excitation à une autre excitation, dont elle ne diffère pas d'une manière perceptible, consiste toujours en une fraction constante de l'excitation. Si, par exemple, en voulant rendre égal à un poids d'une grandeur 1 un autre poids, on commet une faute variable moyenne de Vio, cette faute est Vio> si le poids est = 2; Vio> s'il est = 3, etc. Avec la méthode des cas vrais et faux, on trouve que, si après rélimination des influences associées, qui se manifestent lors de la
comparaison de deux excitations peu diff'érentes, la proportion - des
i. Consulter G. E. M aller, Zur Grundlegung der Psychophysik, p. 36 et Àrehiv de Pflager, p. 192. Dans ce dernier travail (p. 193 et 196), les équations. coucer-
r f nant - et - ont été spécialement déduites, en vue du « sens local » de la peau ;
n n elles peuvent même être appliquées à Tappréciation de Ténergie de la sensation.
décisions justes au nombre total des cas doit rester constante, les deux excitations comparées conserveront entre elles le même rapport. Supposons, qu'une pression i, comparée à une pression l + V, donne
f un rapport déterminé - , la pression 2 doit être comparée à une autre
2 + Vfi ; 3 à 3 -t- Vs, pour que le même rapport - soit de nouveau
maintenu.
Evidemment, il s'agit, dans ces cas, uniquement d'expressions différentes d'une seule et même loi, que nous pouvons ainsi formuler : Une différence de deux excitations est perçue comme également grande, quand le rapport des excitations reste invariable. Ou bien, l'intensité de la sensation doit croître de grandeurs absolues égales, si l'accroissement relatif de l'excitation reste constant. Cette dernière proposition peut encore revêtir la forme suivante, qui est plus générale : L'énergie de l'excitation doit s'élever en rapport géométrique, pour que l'énergie de la sensation augmente en rapport arithmétique. Fechner a appelé cette loi la loi de Weber ou lot fondamerUale psychophysique (1).
L'investigation expérimentale a montré, que cette loi a seulement une valeur empirique approximative. Elle s'applique presque exactement aux excitations d'une énergie moyenne ; mais, dans le voisinage du seuil de l'excitation et de la hauteur de l'excitation, elle présente des écarts extrêmement considérables. Pour connaître clairement l'étendue de son application rigoureuse, il serait donc désirable de pouvoir déterminer plus exactement ces deux valeurs limites de l'excitation, dans les divers domaines sensoriels. Quant à la hauteur de l'excitation, nous avons donné précédemment les raisons, qui nous interdisent de songer à la fixer. Une fixation du seuil de l'excitation est même incertaine, dans bien des domaines sensoriels, tels que le sens visuel et, probablement, le sens de température du tégument cutané (2), à cause des faibles irritants permanents, qui maintiennent constamment l'organe au-dessus du seuil. Nous allons résumer les faits.
1. Fechner, Abhandlwigen der kgl sàchs. Gesellschaft der Wiss. zu Leipzig, VI {Math,'-phys. CL IV), p. 455.
2. Prever ( Ueber die Grenzen der Tontoahrnehmung, léna, 1876. p. 67) émet la môme aflirmatioD, pour tous les orfranes sensoriels, surtout pour 1 oreille. Son alléf^ation repose principalement sur des réflexions générales, empruntées à la struc> ture des organes sensoriels, qui, ici, sont toujours très-suspectes.