Weber, ibid. p
4. D'autre pari, on n'attachera pas, évidemment, une importance particulière à cette assertion de Weber, à savoir que, pour les températures entre 14»R. et la chaleur du sanpr, la différence à peine perceptible était d'une grandeur absolue, presque égale {loc. dt. p. 554). Cette donnée contredit directement la loi propre de Weber ; car, les déterminations de Weber étaient manifestement des plus approximatives, et, â cause de la comparaison successive des divers liquides tempérés, comparaison opérée avec le môme doigt, les effets consécutifs des irritants de température devaient exercer une influence perturbatrice.
LA un DE WEBER. 39i
sens chimiques infiiriears» c'est tout au plus, si le sens gustatif permet d'examiner les relations réciproques de l'énergie de Texcitation et de rénergie de la sensation. Or, ici, l'impossibilité de circonscrire, quant au temps et à l'espace, l'action de l'irritant, et la longue persistance de i'eSet physiologique des excitations rendent les résultats si incertains, qu'ils ne sont d'aucune utilité pour les questions psychologiques. Avec ses expériences, exécutées d'après la méthode des cas vrais et des cas faux, Fr. Kepler a trouvé que, si la concentration des solutionsaugmente, la sensibilité différentielle pour les acides et les douceurs diminue, et s'accroît pour les sels et les amers. Cependant, il est très-probable, que cette donnée de Kepler est basée sur les conditions physiologiques variables de l'irritation (I). En outre, il existe des observations sur le seuil de l'excitation du sens gustatif, par rapport à diverses substances sapides. D'après ces faits, une solution sucrée doit être plus concentrée, qu'une solution de sel marin ; et, quoique diluées encore plus fortement, des substances amères ou acides sont perçues par la gustation (2). Or, comme la proportion en centièmes d'une solution ne fournit nullement la mesure de l'intensité chimique de l'irritant, ces observations n'ont qu'une valeur physiologique restreinte. D'ailleurs, ici même, se confirme le fait suivant, découvert par Weber au sujet des sensations de température : l'intensité de l'excitation restant égale, la netteté de la sensation croit avec l'étendue de la surface irritée.
En jetant un coup d'œil rétrospectif sur l'ensemble des résultats, obtenus dans les divers domaines sensoriels, on ne peut méconnaître que, partout où l'expérimentateur parvient à se rendre maître, d'une manière suflBsamment exacte, des rapports existants entré l'énergie de l'irritant et l'effet de l'irritant, la loi de Weber doit avoir au moins une valeur approximative. Cette loi présente la concordance la plus précise et la plus étendue avec les expériences les plus variées, qui ont le son pour objet ; elle a une valeur plus restreinte pour les actions
1. Fr. Kepler, in Archiv de PflQ^er. vol. II. p. 449. Pour la question de la loi de Weber, ces expériences ne peuvent être utilisées, puisque ici, en imitant la première manière de calculer de Fechner, la moitié des cas douteux est portée au compte des cas justes.
% YalenUn, Lehrbuch der Physiologie des Menschen, %• édit. Brunswick, 1848. vol. 11, p. î. — Camer, in Archiv de Pllûger, vol. II, p. 322. Nous citerons quelques chiffres de Valen tin, concernant un grand nombre de substances gustatives. Par conséquent, pour donner naissance à une sensation nette, une solution doit contenir Vm de sucre, ou Vifs de sel marin, ou Vto>ooo d'acide sulfurique, ou Vsbjooo de quinme.
39S INTEN»TÉ DE LA WN8ATI0N.
lumineuses, les sensations de pression et de mouyemeot ; elle est absolument incerlaine, relativement aux sensations de température et aux sensations gustatives ; mais, pour les sensations olfactives et les sensations de la sensibilité générale, il n'existe point d'expériences à œ sujet, et même ces dernières sont d'une exécution irès-difficîle. Si Ton examine ce résultat, sans avoir égard aux conditions physiologiques spéciales de l'irritation, on semble autorisé à émettre l'assertion suivante : la loi de Weber nV pas une valeur universelle ; elle s'applique seulement à quelques domaines sensoriels et ne convient approximativement à la plupart d^enlre eux, que dans certaines limites (1). Cette assertion se présente sous un jour plus favorable, si nous prenons en considération les propriétés physiologiques des div^s organes sensoriels. Alors se révèle une circonstance nullement à dédaigner» à savoir que justement cet organe sensoriel, où les mécanismes physiologiques s'adaptent très-intimement aux irritants extérieurs, et oix les transformations physiologiques de l'excitation et les effets consécutifs de celle-ci sont le moins accessibles à notre observation, — le sens auditif — confirme la loi* de Weber dans l'étendue la plus large. Le sens visuel se trouve dans des conditions plus complexes. On doit admettre, seulement dans d'étroites limites, que l'intensité du processus photochimique, qui constitue très-probablement ici l'irritation nerveuse, est approximativement proportionnelle à l'énergie lumineuse. En outre, la longue durée consécutive de l'irritation, les phénomènes lumineux subjectifs, persistants même dans l'obscurité, enfin le processus d'adaptation pour des actions lumineuses variables compliquent tellement les observations, qu'il serait impossible d'établir des conditions physiologiques constantes pour des irritants d'une énergie trèsdiverse. De même, lors des expériences faites sur la température, la difficulté pourrait essentiellement résider dans les propriétés de l'organe sensoriel, la variabilité du point zéro physiologique, les processus d'adaptation, la fatigue rapide, que produisent des températures hautes et basses ; de plus, l'exécution de l'expérience entraine avec elle des fautes plus considérables, par suite des obstacles plus rebelles, auxquels se heurte lexpérimentateur, qui veut gouverner à son gré les excitations de température. Ces obstacles seront plus facilement évités dans les recherches sur les sensations de pression et de mouvement, quoique les observations, pratiquées à ce sujet, n'aient pas encore