Millier, loc, cit. p
4. i4rc/Wi? de Reichert et de Du Bois-Reymond 1868, p.2SS —Vntersuehungen iiber den Erregung$votgang, p. 178. — Ward, in Mind, octobre 4876, p. 460.
5. Archiv de Heicheri et de Du Bois-Reymond, loc, cit. p. 399
S'appnyant sur le principe de la finalité, J.-J. Mûlier(i) a essayé de tirer de la loi de mensuration une déduction, qui se concilie d'ailleurs avec chacune des trois conceptions générales de cette loi. Voici ce que signifie cette loi: i*^ la différence de sensation reste la même, quand le rapport de l'irritation est maintenu constant ; 2° la sensation commence avec une certaine valeur finie de l'irritation, avec la valeur de seuil; c'est pourquoi, la grandeur de la valeur de seuil est, évidemment, codéterminée par Fexcitabilité des organes nerveux. Si. par hypothèse, la sensation se modifie, parce que Tirritation est simplement variée, tandis que l'excitabilité, par conséquent la valeur de seuil S de l'irritation, reste la même : alors, les sensations i& et JT, engendrées par deux irritants
R et R', sont exprimées par les formules E = k- log. •- et E' = k - log, -^ . La
différence de sensation est donc
E- E'^k log.^^k.log. ^ = k^log. |.
En d'autres termes, la différence de deux sensations dépend simplement du rapport des irritations, et non de l'irritabilité des organes nerveux; car, la valeur de seuil, qui est en raison inverse de celle-ci^ disparaît dans la formule. Si, an contraire, la différence de sensation est occasionnée par l'irritabilité modifiée, donc par la modification de la valeur de seuil, on a alors
E^E' = k^log. ^^k-U>g.^, = k^hg, |.
Maintenant, la différence de sensation dépend par conséquent purement de l'irritabilité modifiée, et non de la grandeur de l'irritant occasionnel (2). Gela indique, i» que notre appréciation des grandeurs de l'irritation, au moyen des sensations, n'est pas influencée par l'état d'excitabilité, et 2» que même l'estimation de l'excitabilité, d'après l'énergie de la sensation, ne tient nullement à la grandeur des irritations. Puisque, au point de vue pratique, on peut considérer les sensations comme des signes, au moyen desquels nous connaissons soit l'énergie des irritants appliqués, soit l'état de nos organes sentants, cette indépendance peut être regardée, comme un avantage pratique de la relation, exprimée par la formule de mensuration. Faisons cependant une remarque. Celte utilité pratique a seulement de l'importance, tant que d'autres occasions nous sont données, qui nous permettent de rapporter, dans un cas, une énergie variable des sensations uniquement à une énergie différente des irritants, ou si, dans un autre cas, nous supposons, que les irritants sont restés invariables
1. Berichte der sàchs. Ges. d. Wiss. Math. — phys. cl. 1870, p. 328.
2. J. J. Mûller a essayé {loc. cit, p. 330 et suiv.) de donnef une autre déduction moins élémentaire.
et que, par conséquent, la modification de la sensation peut provenir simple^ ment des oscillations de Tirritabilité. Puisque, dans l'apprécialion de nos sensations, nous prenons effectivement, très-souvent pour point de départ, ces sortes de suppositions, et que fréquemment nous y sommes autorisés par des raisons déterminées, les objections de G. £. Mûller (1) contre cette considération pourraient bien ne pas être très-solides. D'autre part, il faut l'avouer, les arguments téléologiques n*ont pas généralement une valeur décisive; et ils sont très-élastiques de leur nature, comme le prouve cette circonstance, que Hering, se basant sur des raisons analogues à ces causes finales, a réclamé une simple proportionnalité entre l'irritation et la sensation.
i. Loe. cit. p. 410.