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SENSATIONS DU SKNS GÉNÉRAL DE LA SENSIBILITÉ

tile produit, sous Tiofluence des irritants extérieurs, encore d'autres sensations, celles de chatouillement et de douleur, par exemple. Mais^ comme nous le verrons ultérieurement, ces sensations se propagent constamment, par suite de l'excitation sympathique d'autres nerfs sensibles, au domaine du sens tactile; aussi, il sera plus convenable de les ranger dans un groupe spécial de sensations générales complexes, ou viennent prendre place, indépendamment d'autres excitations appartenant au domaine delà sensibilité, môme les sensations de tact. Parfois, on a distingué, à part les sensations de pression et de température, une sensation de contact, et on a voulu voir dans cette dernière la fonction spécifique de l'organe tactile (1). Mais, il n'existe pas do raison suffisante, pour la séparer des sensations de pression.

Les sensations de pression, que produisent les diverses parties du tégument cutané, sont analogues entre elles par leur composition qualitative, mais ne se ressemblent nullement d'une façon complète. En laissant agir, par exemple sur les faces dorsale et palmaire de la main, deux irritants de pression parfaitement semblables objectivement, nous remarquons nettement (abstraction faite de la relation des impressions avec différents points de la peau) une différence qualitative. Hais, nous sommes, sans doute, tellement habitués à unir cette dernière à la distinction locale, qu'une attention particulière est indispensable pour en avoir conscience. Cette nuance locale de la sensation de pression varie, ce semble, continuellement d'un point à un autre ; car, dans les parties spécialement exercées au toucher, les doigts ou les lèvres, elle se modifie très-rapidement, et, dans les parties moins exercées, les cuisses ou le dos, elle reste approximativement constante sur de grandes étendues. Cependant, les départements cutanés symétriques des deux moitiés du corps (à condition, qu'il n'existe pas sur l'un de leurs côtés des cicatrices» des verrues ou autres excroissances) ne présentent aucune différence dans la qualité de la sensation de pression.

Si des corps hétérogènes sont appliqués, comme irritants de pression, sur une même région cutanée, douée d'une constitution sensitive constante, on remarque, alors même que les contours, le volume, le poids, la température des corps compresseurs se ressemblent le plus, des

1. Meissner, Beitràge zur AnatonUe und Physiologie der Haut Leipzifz 18tt3, et ZeiUchr, f rai. Medic, nouvelle série, vol. IV, p. 260. — Ch. Richet, Recherche* expérimentales et cliniques sur la sensibilité. Puris 1877^ p. 20K, 216.

sensations qualitativement différentes, selon la composition de la surface de ces agents. Nous distinguons ainsi des impressions lisses et rudes, aiguës et obtuses, dures et molles ; c'est pourquoi, toutes les espèces de transition possible peuvent avoir lieu entre les oppositions désignées par ces termes. La pression de corps liquides ne provoque pas moins une sensation tactile particulière ; et celle-ci varie en quelque sorte, selon la composition du liquide, et, surtout, selon que la peau est humectée ou non par ce dernier. La sensation, engendrée par la résistance de Tair en mouvement, est également caractéristique ; et, d'une manière bien différente, se comportent ici l'effet d'un coup de vent, l'ébranlement dû à des vibrations sonores énergiques et la légère sensation de pression, que nous ressentons en marchant dans l'obscurité, et qui provient de la réflexion de l'air contre les objets fixes, dont nous nous approchons. Les sensations de pression de ce dernier genre sont capables de révéler à l'individu aveuj^le les obstacles, qui sont placés sur sa route. Il est enfin une sensation essentiellement différente de toutes les espèces d'effets' positifs de pression ; elle prend naissance, si l'on expose à une pression négative une partie cutanée, c'est-à-dire si on la met en contact avec un espace, où l'air est raréfié, D'ailleurs, dans tous les cas, une sensation n'apparaît, que si l'irritant de pression est limité à un point déterminé. C'est pourquoi, nous ne sentons pas la pression de l'atmosphère, qui agit uniformément sur toute la surface de notre corps ; bien plus, une pression, à laquelle est soumis un seul de nos membres, nous la sentons spécialement au point, où la partie comprimée et la partie non comprimée sont limitrophes. Pour cette expérience, on a recours à la pression des liquides. Si l'on plonge, par exemple, un doigt ou la main dans un vase à. mercure, ayant une température égale à celle de la chaleur cutanée, la sensation de pression particulièrement énergique, existant au point d'affleurement, est déterminée, dans une certaine mesure, par la tension élastique des liquides à leur surface, tension qui est assez considérable pour les métaux fluides (1). Quant à l'huile ou à l'eau, aux liquides d'une moindre pesanteur, il arrive facilement, que partout, excepté au niveau d'affleurement, la sensation de pression devient imperceptible. Au contraire, en plongeant la main dans le mercure, la sensation plus énergique est trèsnette au point d'affleurement : elle se distingue de la sensation plus

1. Consulter G. Mnran?7om,in Wiedemann'sBeiblàUemzuden AnnalenderPhusik' Ul, 1870, p. 842

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