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SENSATIONS DU SRNS GÉNÉRAL DE LA SENSIBILITÉ. U

faible, qui se manifeste au-dessous de ce niveau, et augmente au fur et à mesure, que la main s'enfonce davantage (1).

Les sensations de pression, précédemment signalées, de l'aigu et du mousse, du dur et du mou, etc., comme des formes multiples de résistance des liquides et des gaz, son^elles réellement des sensations qualitativement difiérentes ? et ne s'agit-il pas plutôt ici d'une même sensation de pression, qui serait extrêmement variable, quant à son àie^e, à sa répartition dans l'espace, à sa durée dans le temps ? On peut être dans le doute à cet égard. En effet, il est incontestable que, par exemple la différence entre une surface lisse et une surface rugueuse consiste dans l'extension de l'impression, qui est continue dans un cas et discontinue dans l'autre ; de même, la différence entre le dur et le mou tient à la durée différente, que présente la sensation de pression. Toutefois, il n'est pas moins certain, que ces impressions différentes sont directement perçues par nous comme qualitativement particulières, et d'une manière analogue à deux sensations, diverses de ton ou de saveur. Or, voici la seule différence essentielle qui sépare ces deux cas : nous attribuons sur-le-champ aux sensations tactiles une relation avec la composition objective des impressions dans l'espace et dans le temps, relation qui fait totalement défaut aux autres sensations sensorielles ou s'établit chez elles beaucoup plus tard. Non seulement, la pensée imagine un état de conscience, qui permettrait de percevoir les impressions tactiles^ comme des sensations qualitativement différentes, mais cet état de conscience existe très-probablement. L'enfant nouveau-né ne distinguera un coussin d'une pierre, que sous la forme de sensations intensivement et qualitativement différentes. Le sens tactile offre une particularité des plus caractéristiques : chez lui, les différences qualitatives de la sensation de pression se combinent avec les représentations ou idées, acquises antérieurement, sur l'ordre des impressions dans le temps et dans l'espace. Cette particularité tient naturellement à la compo^tion relativement grossière des impressions tactiles. En même temps, que celle-ci permet de rapporter directement les sensations à l'ordre représenté des impressions, les qualités delasen. sation de pression nous renseignent immédiatement sur les propriétés physiques générales des corps. Ce fait nous entraine alors à croire

1. Mes observations infirment cette assertion de Meissner {ZeiUchr, f, rat.Med. 3* série. \U, p. 92), que toujours la sensation de pression apparaît uniquement au point d affleurement.

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faussement, que ces qualités elles-mêmes sont identiques à ces propriétés : erreur qui, à cette occasion, a pris des racines plus profondes dans notre conscience, qu'à propos de toutes les autres sensations sensorielles (1).

Les sensations de température se combinent avec les sensations de pression, dès que la température des corps, mis au contact de Torgane tactile, se trouve au-dessus ou au-dessous du point zéro physiologique^ qui s'est établi par l'adaptation de l'individu à une certaine température (voir p. 389). Nous distinguons seulement detix qualités dans la sensation de température : la sensation de chaleur et la sensation de froid. Chacune de ces qualités n'est susceptible, que de modifications intensives ; mais, les sensations de chaleur peuvent parcourir un plus grand nombre de nuances, de degrés, que celles de froid, probablement parce que l'action du froid émousse rapidement l'excitabilité. Les sensations intensives de température se combinent en même temps avec les sensations de douleur ; et ces dernières, si l'effet de la température atteint une certaine limite, annihilent complètement les sensations de température proprement dite. Des sensations de chaleur, très-faibles, sont parfois confondues avec des sensations de pression minima (2). Comme des phénomènes analogues se présentent à propos de toutes les excitations, qui sont situées près du seuil, on ne doit pas conclure de là à une espèce d'affinité ou parenté qualitative des sensations. Sans doute, la confusion résulte de la perception des sensations ; et elle est ici possible, puisque nous rapportons au même organe sensoriel les sensations de pression et de température. Avant de pouvoir distinguer avec précision, quel est le mode d'excitation de notre tégument cutané, nous nous formons déjà l'idée, que quelque part une excitation se produit.

Outre les sensations de pression et de température, on range dans le domaine du sens tactile (en donnant à cette expression une large signification) même ces sensations, qui s'unissent avec les mouvements de nos muscles volontaires. En général, lors de l'activité de l'organe

1. Sous ce dernier rapport, il faut noter, que Locke assigne aux sensations de pression une place exceptionnelle, parmi toutes les sensations appartenant seulement a tin sens ; car il les attribue aux qualités primaires, selon son expression, en d'autres termes, aux sensations d'une importance objectivement réelle. (Locke, Essayson humanunder standing , vol. U, chap. VIU.)

2. Fick et Wunderli, in MoleschotVs Untersuchungen, VII. p. 393.

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