Sensatioiis guttatives et oUlftotives
Actuellement, l'étude psychologique des sensations des deux sens chimiques inférieurs est tellement peu avancée^ qu'elle est incapable de résoudre même la question suivante : quelle est l'opposition réciproque de certaines de leurs qualités» que nous percevons» et le degré d'analogie de quelques-unes d'entre elles? En outre, toujours les sensations gustatives, et parfois les sensations olfactives, s'unissant à des excitations des nerfs tactiles de la langue et de la muqueuse nasale, forment des combinaisons fixes; c'est pourquoi, il est presque impossible, à propos de certaines sensations, d'isoler cette portion qui doit être cx>nsidérée, comme pure qualité gustative ou olfactive.
On peut distinguer, avec une certitude à peu près complète, six qualités gustatives : Vacide^ le doux^ V amer y le salé, V alcalin et le métallique (1). Les mélanges de ces sensations sont infiniment multiples. Hais les variations des qualités particulières de la sensation, par conséquent les diverses nuances de l'acide, du doux, etc., semblent faire défaut ; et l'on n'est pas en état de discerner des acidités» des douceurs, des amertumes, etc., diverses, parce que des mélanges non caractéristiques s'ajoutent à d'autres saveurs ou, même, à des sensations olfactives. Ainsi, nous distinguons, par exemple, les sels des métaux
i. M. de Vintschgau {Archiv de PflQger, vol. XX, p. 2S5 et Handw, d, Pkytiol. de Hermann, t. UI, p. 5K)8) admet uniquement Tacide, le doux, l'amer et le salé; et, selon Yalentin^ (Lehrb, d, Physiol II, 2« éd. p. 293) le doux et l'amer seulement sont des qualités particulières. Or, les arguments, produits en faveur de la fixation de cette énumération, pourraient bien ne pas être très -solides^ Quand de Vintschgau affirme distinguer, avec la pointe de la langue, seulement ces quatre saveurs, il convient de rappeler, que la pointe de cet organe est beaucoup moins sensible aux impressions de saveur, que ses parties postérieures. Parce que les impressions de l'acide et du salé occasionnent en même temps des excitations sensibles, et même douloureuses, quand les irritants sont énergiques, ce n'est pas un motif de leur dénier, avec Yafentin, la qualité de sensation gustative. Ordinairement, une qualité déterminée ne sera reconnue, comme un mélange d'autres sensations, que si les facteurs composants peuvent être distingués dans le mélange.