SENSATIONS DU SENS GKNKR AL DR LA SKNSIBILITI
alTections de la moelle épinière, qui sont liées à des troubles de conduction. Si on enfonce des aiguilles chez des malades de cette catégorie, ceux-ci sentent en apparence momentanément le contact, mais la douleur n'est perçue qu'après 1—2 secondes (l). Un des cas les plus extraordinaires de ce genre nous est souvent offert par des sujets hystériques ou hypnotisés : alors, la sensation tactile apparaît seule, et la sensation de douleur fait défaut ; cet état peut être également provoqué par les anesthésiques, ou bien, si, comme nous l'avons vu (p. 124), on sectionne^ chez les animaux soumis à la vivisection, la substance grise de la moelle épiniëre, en conservant les cordons blancs. Dans ces circonstances, évidemment l'observation pathologique considère justement l'absence de sensation de douleur, comme un symptôme, qui permet de conclure à l'existence de troubles centraux (2). En même temps, ceci explique l'augmentation graduelle et la propagation de la douleur, sans que cependant l'irritant périphérique subisse une modification. Ce fait s'adapte complètement aux phénomènes de l'addition ou accumulation des excitations et de l'augmentation d'excilabilité* que nous avons déjà étudiés (3). Plus ces phénomènes dépendent des propriétés générales de la substance centrale, moins ils justifient l'hypothèse, qu'on a vu parfois surgir, d'un centre spécifique de la douleur (4). Si toutes les excitations sensorielles ont besoin d'être transmises aux parties sensorielles de l'écorce cérébrale, pour devenir des sensations conscientes, assurément il en sera de même pour les excitations douloureuses. Mais, on ne voit, en cela, aucune raison d'exiger une surface sensorielle centrale particulière pour la douleur et de faire de celle-ci une espèce de qualité sensorielle spécifique. L'expérience témoigne plutôt, que la douleur désigne seulement l'excitation la plus violente de quelques parties sensorielles, excitation, qui met en même temps à contribution les excitations associées les plus étendues d'autres parties. Nous avons déjà dit ailleurs (5), que ce n'est pas non plus un motif suffisant de supposer, dans les organes périphériques, des filets nerveux particuliers pour la douleur, différents des nerfs , sensoriels proprement dits, qui auraient leurs voies séparées de conduction et seraient régis par des lois spéciales de transmission. Toutes ces opi-
1. Osthoff, Die Verlangsamung der Sehmerzempfindung bei Tabès dorsali$. Thèse. Erlaiigen i874.