I. Physiologie der Netzkaut,p
î. Archiver- Ophthalm. XVJ, p. 256.
de cette clarté des couleurs ; dans ce but, il comparait la clarté des diverses couleurs spectrales avec la clarté d'une lumière incolore, réfléchie par un petit miroir (1). Vierordt a essayé d'arriver d'une manière indirecte au même résultat, en déterminant cette quantité de lumière blanche, qui doit être ajoutée à chaque couleur spectrale, afin d'obtenir une modification minima de sa saturation, n s'appuyait sur cette supposition, que cette quantité doit être d'autant plus considérable, que la clarté de la couleur est plus grande (2). Effectivement, les chiffres de Vierordt coïncident presque avec ceux, que Fraunhofer avait trouvés par appréciation directe. Si la couleur la plus claire du spectre, le jaune, situé entre les lignes D et E, est posé = 1000, les valeurs suivantes, concernant les autres couleurs, quand on utilise la lumière solaire, comme source lumineuse incolore, sont :
FRACNHOrER
VIERORDT
riiAuiniorBR viebordt
Rouge (B) 3î Orangé iC) 04 Jaune rougeâtre (D) 640 Jaune (D^E) iOOO
M Vert i28 Vert bleuâtre 780 Bleu IOOO Violet
Si l'on compare ces chiffres avec la position des couleurs sur la courbe des mélanges, on s'ai^ rçoit, qu'ils se comportent inversement, comme les distances par rap[;ort au point du blanc (fig. lli); en d'autres termes, une couleur est d'autant plus saturée, qu'elle possède moins de clarté ; mais, d'autre part, plus grand est l'effet^ qu'engendre une quantité déterminée de cette couleur dans son mélange avec d'autres couleurs.
LHntensité de la sensation luminetise doit, dans certaines limitesi être regardée comme un élément constituant, indépendant du ton de la couleur et de la saturation ; car, une sensation, déterminée d'après la couleur et le degré de saturation, peut posséder des degrés divers d'énergie. A la vérité, nous verrons bientôt, que cette proposition subit des restrictions essentielles. En considérant provisoirement l'énergie lumineuse, comme une grandeur variable par elle-même, il est évident, que celle-ci ajoute la troisième dimension au continuum des couleurs, construit selon deux dimensions. Si on se borne au tableau chromatique plan, qui représente complètement notre système ordinaire de sen-
1. Fraunhofer, Denkschriften der hayr, Ak. d. Wiss. 1815, p. 193. , 2. Vierordt, Die Anwendung des Spectralapparati zur Messung und Vergleichung derStarke des farbigen LUhtes, Tubingue 1871.
sations, tel que ce tableau est dressé d'après la graduation des couleurs concernant le ton et la saturation ou d'après la loi des mélanges, alors la graduation d'intensité correspondant à une qualité lumineuse quelconque sera figurée par une ligne verticale, tirée au point en question du tableau chromatique. Choisissons la forme la plus simple, le cercle et commençons parle centre qui est le siège du blanc (fig. 112, p. 468) : la ligne verticale, décrite ici, indiquera donc toutes les gradations du blanc allant du gris au noir. Si Ton voulait prendre pour base un principe régulateur, les différences minima pourraient servir d'unités de mensuration. Les valeurs, trouvées à cet égard et concernant l'énergie de la lumière blanche, soit celle des diverses couleurs, ont déjà été mentionnées à propos de l'étude de l'intensité de la sensation (p. 383). Selon les chiffres communiqués alors, la sensibilité différentielle pour l'intensité des couleurs est la plus faible dans le rouge Vu et augmente continuellement jusqu'au violet (Vaes) ; tandis que simultanément, la sensibilité différentielle pour la lumière mixte semble avoir une valeur intermédiaire entre ces deux extrêmes.
Si l'on essaie d'interpréter lés graduations d'intensité de toutes les couleurs et de leurs mélanges, comme une dimension de hauteur ajoutée à la surface chromatique, il résulte de là, que cette construction ne peut être exécutée d'une façon absolue pour chaque qualité. Quand l'intensité lumineuse est affaiblie, la sensation de rouge, par exemple, diminue d'énergie, même de ton de couleur et de saturation, jusqu'à ce qu'elle se convertisse finalement en noir, par conséquent en cette sensation, qui correspond à l'intensité la plus faible de la lumière blanche. Le même fait se produit avec toutes les autres sensations colorées, quels que soient leur ton et leur degré de saturation. Seulement^ la limite de l'énergie lumineuse, où cesse la différence qualita* tive de la sensation, varie selon les diverses couleurs ; car, l'éclairage étant considérablement diminué, les couleurs de longueur d'onde moyenne (le jaune, le vert) sont encore perçues colorées, comme celles situées au commencement et à l'extrémité du spectre ; tandis que, si l'énergie lumineuse est plus faible, les couleurs de l'extrémité rouge sont encore reconnues, comme celles de l'extrémité violette (1). Quand
i . Aubert, Physiologie der Netzhaut, p. 125 et Grmdzuge der physioL OpUk, p. 538 (expériences de Landolt). Chodin, Die Àbhàngigkeit der Farbenempfindungen von der lÀehutàrke, léna 1877^ p. 3. Les indications d Aubert, Landolt et Chodin s'accordent essentiellement entre elles, mais semblent en contradiction avec d'autres données, plus anciennes de Purkinje (Beobachtungen und Versuche^ II, p. iû9) et de Dove
on étudie gradaellement les sensations colorées, depuis l'intensité qui leur appartient dans le spectre jusqu'au minimum de leur énergie» leur système ne peut donc être figuré par un cylindre. Mais ce système, si on utilise le cercle comme tableau chromatique, sera uniquement représenté par un cône à base circulaire, dont la pointe correspond au noir. Dans les diverses sections pratiquées parallèlement à la base, se succèdent alors de bas en haut les couleurs les plus faiblement lumineuses et, au milieu, le gris avec une gradation continue. D'une manière analo* gue, on obtient ces modifications, qu'éprouve la sensation lumineuse, quand l'énergie objective de la lumière est augmentée. Selon les renseignements fournis par l'observation, il y a une énergie lumineuse déterminée, où la saturation des couleurs simples du spectre prismatique est la plus considérable. Cette intensité lumineuse, correspondant au maximum de saturation, n'est probablement pas la même pour toutes les couleurs ; c'est un sujet qui réclame de nouvelles études. Mais il est établi, qu'en prenant cette intensité pour point de départ, le degré de saturation diminue, lors de l'affaiblissement et, même, de l'augmentation de l'intensité lumineuse. Dans le premier cas, toutes les couleurs se convertissent finalement en noir; dans le second, elles se rapprochent du blanc. En renforçant graduellement l'énergie lumineuse du spectre, le jaune et le bleu s'étendent des deux côtés ; si Tintensité s'accroît, d'abord le rouge, l'orangé et le vert passent au jaune, le bleu vsrdàtre et le violet au bleu blanchâtre ; de nouveau, le bleu et, en dernier lieu, le jaune se transforment en blanc (1). Supposons par la pensée, que le cercle chromatique représente le système des sensations colorées, quand les énergies lumineuses sont en rapport avec le maximum de saturation. Dans ce cas, à la pointe c(Trrespondant au noir, oii, lors de la diminution de l'énergie lumineuse, viennent se rencontrer finale*
(Annal, de Poggend. vol 85, p. 397), d'après lesquelles, lors de la diminution de l'éclairage, le rouge disparaîtrait le premier, et, le bleu, le dernier. Or, probablement, ces données se rapnortent à la perception lumineuse, et non à la sensation colorée proprement dite. Nous Tavons déjà signalé, c'est à partir d'une certaine limite de réclaira^fe, que toutes les couleurs sont perçues incolores. Dans ce cas, eUes possèdent une clarté différente. Par conséquent, étant observées sur fond noir avec une diminution de l'énergie lumineuse croissante, elles se convertissent en noir, non pas simultanément, mais par séries déterminées ; et à la vérité, le rouge disparaît tout d'abord, et le bleu, en dernier lieu. C'est pourquoi, selon la remarque de Dove, quand l'obscurité nous surprend en présence d'un tableau, les tons colorés bleus sont encore visibles, lumineux, tandis que les autres tons, surtout les rouges, apparaissent complètement noirs. Le même résultat, concernant la clarté des diverses couleurs, découle des observations de Burckhardt et Faber, Arehiv de PHûger, vol. XI, p. 127.
1. HelmholU, Physiol. Optik, p, 233. — Chodin, loc. cit. p. 33.
ment toutes les sensations, sera opposée sur l'autre côté de la surface circulaire une pointe correspondant au blanc le plus intense; et, en cet endroit, se réunissent toutes les sensations, lors de Taccroissement de l'énergie lumineuse. Le système tout entier des sensations lumineuses est donc figuré par un double cône, où le cercle limitant les deux moitiés de cône renferme les couleurs de la plus grande saturation. Au lieu d'un double cône, on peut naturellement choisir une double pyramide ou, comme forme la plus simple, une sphère contenant dans son
Blanc
FiG. 115.
plan équatorial les couleurs de la plus grande saturation et les graduations des couleurs, obtenues par les mélanges ; or, Tun des pôles répond au blanc le plus intense et l'autre, au noir le plus sombre, qui sont alors réfractaires à toute action, provenant d'une augmentation ou diminution quelconque de Ténergie lumineuse (fig. 115). Sur la ligne unissant les deux pôles, se trouvent toutes les gradations possibles de lumière, depuis le blanc absolu jusqu'au noir absolu (1). Si, laissant le
i. Afin de faire servir, en même temps^ la constrociion du système chromatiqae \ Tétude des énergies lumineuses, Lambert a^ le premier, ajouté la troisième di- .Mension au tableau chromatique ordinaire; il a ainsi dressé une pyramide ehrih natique et posé le blanc à la pointe. (Lambert, Beschreibung einer mit dem :alau*$chen Wachse ausgemalten Farbenpyramide. Berlin, 177Î.) Cette construction est basée sur le papsa^ie de toutes les sensations colorées au blanc, quand la saturation diminue. Le peintre Philippe Otto Runge dessina une sphère représentant simultanément le passafre au blanc et au noir. (Die Farbenkugel oder Construction
disque chromatique, on voulait prendre pour base cette surface chromatique, qui résulte de la loi des mélanges (flg. 114), le système complet des sensations colorées serait enfin représenté par une double pyramide, dressée d'après ce tableau chromatique.
Toutes ces discussions concernent les sensations de la fosse centrale de la rétine (la vision directe) ; et, dans ce cas, on suppose, que Torgane visuel a une structure normale. Déjà, des déviations ou différences essentielles se présentent sur les parties latérales de la rétine. La distinction des couleurs fait défaut dans les régions les plus latérales : ici, chaque couleur apparaît purement, comme clarté. En se rapprochant du milieu de cette membrane, le bleu et le jaune, et ensuite, en avançant davantage, le rouge et le vert sont perçus (1). Cependant, la grandeur de la surface éclairée exerce alors une influence : dans une région, où un petit objet coloré est vu blanc, la couleur se distingue encore nettement, si l'objet est plus considérable (2). Chose remarquable, la réduction des sensations colorées, qu'on observe sur les parties latérales, ne concorde pas avec celle qui se manifeste, lors de la diminution de la clarté objective, mais avec celle qui se présente sur le milieu de la rétine, lors de l'augmentation de clarté objective. Ceci pourrait avoir une certaine connexion avec ce fait, que les régions latérales ne sont pas plus insensibles pour la lumière incolore, mais au contraire plus sensibles, que la fosse centrale (3).
Parfois, même sur le milieu de la rétine, les sensations montrent une composition différente ; et celle-ci est analogue, sous certains rapports, à celle qui a lieu régulièrement sur les parties latérales de cette membrane, n se produit alors Tétat d'achromatopsie ou de cécité pour les couleurs. Dans la plupart des cas, cet état est congénital et semble, presque toujours, héréditaire. Des phénomènes analogues, qudquefois consécutifs à d'autres troubles centraux ou périphériques, portent le nom d'achromatopsie acquise ; ils n'offrent, jusqu'à présent,
des Verhàllnisses aller Mischungen der Farhen zu elnander, Hambourg 1810.) Il a même suggéré l*idée d'exécuter une double pyramide des couleurs. (Ibid, p. 8.) Cbevreul {Exposé d*un moyen de définir et de nommer les couleurs, Paris i86i. Atlas) établit dix cercles chromatiques, très-beaux, montrant les passades des couleore saturées au noir. Dans une n^ure spéciale de son livre (planche II), nous trouvons pour une seule couleur, le bleu, vingt nuances marquant les passages de cette couleur au noir, et. d'autre part, au blanc. Tous ces travaux ne poursuivent, d'ailleurs, qu'un intérêt spécialement artistique.