HelmolU, Phy$, OpUk, p
4. Kunkel, ArefUv f, Physiol. de Pflager, t. IX, p. 197. Nous passons sous silence les autres chiffres concernant le temps nécessaire à l'irritation lumineuse ; leur intérêt est exclusivement physiologique. On les trouvera, d'ailleurs, dans mon Lehrbuch d. Pkyiiologie, V édit. 1 123 (p. 605).
simultanément fonction de l'état d'irritation» dans lequel se trouvent d'autres parties, surtout les régions voisines. Les phénomènes» produits de cette manière, portent le nom de phénomènes de contraste.
Prenons deux carrés de papier noir mat et posons l'un sur un fond blanc» Tautre sur un fond gris : le premier paraîtra plus foncé» que le second. De même» un objet blanc sur fond noir est plus clair» que le même objet sur fond gris. Par conséquent» la clarté» avec laquelle une impression rétinienne est perçue» dépend de son énergie lumineuse propre» mais aussi de Ténergie lumineuse de son entourage ; car» notre sensation s*accuse d'autant plus dans une certaine direction» qu'elle est plus sollicitée vers la direction oppQsée» par suite de la composition de l'impression qui se produit dans l'entourage. C'est pourquoi» ce phénomène a été appelé opposition ou contraste des sensations. Cellesci sont influencées dans un sens analogue» quand des impressions colorées et des impressions autrement colorées se manifestent simultanément dans l'entourage. La sensation de clarté étant d'autant plus grande» que le contraste par rapport à la clarté de l'entourage est plus énergique» la sensation colorée est d'autant plus saturée» qu'elle se trouve en opposition plus marquée avec la sensation colorée des parties rétiniennes environnantes. Les couleurs du plus grand contraste sont les complémentaires» qui sont justement opposées l'une à l'autre sur le tableau hromatique. Chaque couleur est donc perçue avec la saturation la plus considérable, quand les régions environnantes de la rétine sont atteintes par une impression colorée complémentaire. Or» pour lais-* ser apparaître les diverses couleurs avec le maximum de leur saturation» il faut examiner le rouge par exemple sur fond bleu verdàtre» le jaune sur fond violet, le vert sur fond rouge pourpre. Evidemment» il existe ici une relation entre les phénomènes de contraste et ceux des images consécutives. Un point rétinien donné est mis alors dans un état» où il est disposé à la sensation la plus saturée possible d'une couleur» quand on a préalablement fatigué ce point par la couleur complémentaire. Par conséquent» la modiflcation» engendrée par la fatigue» s'appelle le contraste successif; et l'on a nommé contraste simultané les phénomènes de contraste» proprement dits» qui sont dûs à la corrélation de chaque partie sentante avec son entourage. Naturellement» le contraste successifpeut exister indépendamment du contraste simultané. Si Ion irrite un point rétinien et si» tandis que l'impression a lieu» Ton irrite ensuite l'entourage de ce point avec la lumière complémentaire ou avec l'intensité lumineuse opposée, cette partie de la rétine acquiert la sen-
sibilîté la plus considérable, pour un irritant lumineux donné. Chaque impression est donc sentie, de la façon la plus caractéristique, avec la couleur et la clarté qui lui sont propres, quand elle est relevée autant par le contraste successifs que par le contraste simultané.
Il est facile de constater, qu'il y a des degrés très -multiples de contraste. Nous fatiguons un point rétinien dans une mesure différente par une couleur déterminée, et nous pouvons ainsi augmenter l'irritabilité pour sa couleur complémentaire, en laissant agir, plus ou moins longtemps, avec une saturation considérable ou faible, l'impression colorée fatigante ; de même, lors du contraste simultané, les gradations les plus différentes sont possibles. Celles-ci , s*il s'agit du contraste coloré^ dépendent du degré de saturation des couleurs contrastantes, et de Ténergie lumineuse des impressions, s'il s'agit de contrastes dé clarté. Posons un carré de papier blanc sur différentes surfaces foncées, placées l'une à côté de l'autre et nuancées depuis le noir complet passant par le gris foncé, jusqu'au gris-blanc. Ce carré blanc de papier apparaît avec une clarté graduée : sur le fond noir, il est extrêmement clair, et très-peu clair sur le fond gris-bUnc. En variant mon seulement la clarté du fond, mais aussi celle de l'objet, on voit, qu'un papier gris-blanc sur fond noir semble gagner relativement plus en clarté, qu'un papier blanc sur le même fond noir: les deux papiers paraissent avoir une blancheur parfaitement égale. 11 résulte de cette observation, que le contraste atteint son maximum, quand les impressions présentent une certaine différence de clarté.
Dans les impressions colorées, le degré de contraste peut varier de deux manières: l^ si nous modifions le ton coloré des impressions contrastantes, .2" si nous changeons leur degré de saturation. Quant au premier point, nous avons déjà montré, que les couleurs complémentaires donnent le contraste le plus considérable. Celui-ci diminue par conséquent, si Ton choisit des tons de couleurs plus rapprochés ou plus éloignés les uns des autres. Pour la sensation, ces deux conditions reviennent au même, par suite de la configuration de la courbe chromatique qui est fermée : ici, toutes les couleurs non complémentaires sont plus rapprochées les unes des autres, que les couleurs complémentaires; et le relèvement par le contraste diminue avec ce rapprochement. Dans ce cas, tant qu'on change seulement le ton de la couleur, la saturation étant maintenue constante, les modifications, qui apparaissent, ne sont également que des changements du ton coloré. Si donc, le maximum de contraste est atteint, quand les deux couleurs,
WU.NOT. T. I. 'J^
étant complémentaires l'une de l'autre, s'offrent à Vœil avec la plus grande pureté du ton de la couleur, il n'en est nullement de même avec le déplacement ou éloignement des deux couleurs, puisqu'alors le ton de chacune apparaît modifié dans un sens, qui correspond au rapprochement du couple de couleurs complémentaires voisines. Si, avec Brûcke (1), nous appelons couleur induite la couleur influencée par une autre, et couleur inductrice celle exerçant l'influence, les phénomènes de rinduction des couleurs par le contraste se démontrent parfaitement de la manière suivante. On prend de la couleur, que Ton veut utiliser comme induite, des objets de grandeur et de couleur égales, par exemple des morceaux de papier, peints avec des pigments autant que possible saturés et on les pose sur une série de morceaux de papier plus grands, placés les uns à côté des autres et nuancés selon les couleurs principales du spectre. On peut donc considérer l'objet coloré comme couleur induite, et le fond d'une autre couleur, comme couleur inductrice. En mettant de cette façon, par exemple, des morceaux de papier rouge simultanément sur un fond orangé, jaune, vert jaunâtre, vert, bleu verdàtre, etc., le rouge apparaît avec le ton coloré absolument invariable sur son fond complémentaire, qui est, par conséquent, vert bleuâtre. Déjà, sur le fond vert, il se montre avec une légère modification pourpre ; sur le vert jaunâtre, jaune, orangé il revêt successivement une teinte violette et même bleuâtre ; en revanche, sur le vert bleuâtre, bleu etc., il se rapproche davantage de l'orangé et du jaune. D'une manière analogue, le vert reste invariable sur le pourpre, qui est sa couleur complémentaire; sur les couleurs situées à l'extrémité du spectre, il prend un ton coloré jaunâtre, et un ton bleuâtre sur les couleurs, qui occupent le commencement du spectre. Si Ton considère en même temps le ton coloré du fond, on remarque d'ailleurs, que celui ci paraît généralement modifié, et, à la vérité, il l'est, mais en sens opposé. Si donc, par exemple le rouge sur fond jaune offre une teinte bleuâtre, le fond jaune lui-même acquiert une teinte verdàtre. Ainsi, chaque couleur inductrice est toujours simultanément induite par la couleur, sur laquelle elle exerce l'effet inducteur. Nous pouvons nous faire une idée très-simple de cette influence corrélative, lors du contraste, si nous construisons deux cercles chromatiques concentriques, tournés l'un vers l'autre de 360**, de façon qu'à chaque couleur d'un cercle corresponde la couleur complé-
1. Denkschriften der Wiener Aka. Malh.-^naturw.. Cl. 111, p. 98.
SENSATIONS LUMINEUSKS. 499
inentaire de Vautre cercle (fig.116) (l).Si Tune des couleurs,qui produit sur une autre couleur Teffet inducteur, est représentée par un segment du cercle interne^ les segments coïncidents du cercle externe et du cercle interne donnent toujours la direction de la modification. Choisissons par exemple le vert sur fond rouge : cela signifie, puisque le vert coïncide avec le pourpre, le rouge avec le vert bleuâtre, que le vert est modifié, comme s'il était mélangé de vert bleuâtre, et le rouge, comme s'il était mélangé de pourpre. Mais, si nous choisissons le vert sur fond rouge-pourpre, la 'coïncidence de ces deux couleurs dans la fig. 116
Kir.. 116,
indique, qu'elles subsistent invariablement avec leur ton de couleur. Gomme règle générale de la succession des couleurs, relativement au ton de la couleur s'applique donc, ici, cette proposition, que chaque couleur exerce une action modificatrice dans le sens de sa couleur complémentaire. C'est pourquoi, on a donné le nom de couleurs de contraste aux couleurs complémentaires.
En dehors du ton de la couleur, l'effet de contraste dépend de la saturation des couleurs. Ici, trouve son application cette loi générale, qu'une couleur est d'autant plus difficilement modifiée par le contraste, qu'elle est plus saturée. Il est aisé de se convaincre de ce fait, grâce à Texpérience déjà mentionnée, concernant l'induction chromatique des carrés de papier d'égale couleur, disposés sur un fond d'une couleur différente. La modification est beaucoup plus nette, si on recouvre les papiers colorés avec un papier blanc de soie ou avec une plaque de