‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 176 sur 204 · I. Jleliiiholtz, Physiol. Opiik · texte numérisé non relu

I. Jleliiiholtz, Physiol. Opiik

plusieurs secteurs colorés, tous interrompus en un même point par un segment intercalaire noir, comme dans la figure 118, où des hachures grises indiquent les parties colorées des secteurs. Si la toupie tourne rapidement» le disque tout entier présente un ton de couleur blanchâtre; mais, à l'endroit du segment intercalaire, apparaît un anneau avec la couleur complémentaire. La saturation de la couleur du fond peut facilement augmenter ou diminuer, si on dessine sur la toupie des secteurs plus ou moins larges ; et, de même, la clarté de Tanneau augmente ou diminue, selon la largeur donnée au segment intercalaire noir. Si la largeur des secteurs a une certaine proportion, la saturation de la couleur de contraste est des plus considérables.On constate alors, que cette proportion la plus convenable est réalisée, quand les segments noirs des secteurs, considérés en eux-mêmes, par conséquent après le recouvrement de tout le restant du disque, apparaissent, si la rotation est rapide, comme un anneau gris foncé ; et les secteurs colorés engendrent une couleur saturée si faible, que celle-ci est encore nettement reconnue. Quand le ton coloré est choisi un peu plus saturé, grâce à l'augmentation de largeur donnée aux secteurs,la saturation de l'anneau, coloré par induction de la couleur complémentaire, diminue. On peut, de nouveau, rapprocher plus intimement cet anneau de sa saturation précédente, si l'on augmente davantage la largeur des segments noirs des secteurs; alors, la même proportion de clarté se manifeste encore, comme auparavant. Mais on atteint bientôt une limite, ou l'anneau gris devient si foncé, que, par suite, son ton de couleur est de nouveau diminué. Non seulement la proportion de clarté, mais même la clarté absolue des impressions doivent donc avoir une valeur déterminée, pour que le contraste soit des plus énergiques.

Les couleurs complémentaires, que des ombres grises montrent sur un fond coloré, sont sujettes aux mêmes conditions. Alors, la clarté de l'ombre et la saturation de la couleur inductrice sont, très-souvent, dans un rapport favorable pour la production du contraste. Ici se rattache ce phénomène très-connu, qu'avec l'éclairage rougeàtre du soleil couchant ou de la lumière de la lampe, les ombres affectent la coloration bleu-verdàtre. Dans toutes les couleurs de contraste possibles les ombres apparaissent, si, après avoir obligé la lumière du soleil ou de la lampe à traverser des verres colorés, on projette des ombres dans cet éclairage coloré. La nature subjective des couleurs de contraste, qui naissent de cette manière, ressort nettement d'une modification, que

Fechuer a fait subir à cette expérience opérée à l'aide des ombres (1). Prenez un tube noirci à l'intérieur et regardez à travers ce tube une ombre colorée» de façon que de l'entourage de l'ombre aucune lumière n'atteigne votre œil : l'ombre semble justement aussi colorée, que si vous l'examiniez à l'œil nu ; et la coloration ne disparait même pas, si, après avoir enlevé la plaque de verre coloré, on supprime l'éclairage coloré ou si on le transforme, par une seconde plaque de verre, en un éclairage d'une autre couleur. Regardez, au contraire, à la lumière blanche, à travers un tube, une ombre qui est purement grise, et, sans changer la position de l'œil, remplacez la lumière blanche par un éclairage coloré ; l'ombre restera cependant purement grise, pourvu qu'on n'arrive pas. à une limite de cette ombre, oii l'éclairage coloré environnant est perçu, et où alors la couleur complémentaire fait momentanément son apparition. Cette expérience est instructive. Elle montre, comment l'impression colorée inductrice peut être écartée, sans que son effet disparaisse. Or, il doit en être ainsi ; car, 1<* l'impression induite persiste sans interruption, et 2« aucun nouvel efiet inducteur ne vient s'y joindre. La couleur de contraste de l'ombre examinée à travers le tube disparait par conséquent, si, après avoir fermé momentanément les yeux, on les ouvre ensuite, ou bien, si on arrive à la limite de l'ombre et si on trouve l'entourage éclairé d'une nouvelle couleur. Constamment, mais seulement durant un certain temps, l'effet de contraste a une durée supérieure à la continuation de l'impression inductrice.Quand nous considérons longtemps l'ombre à travers le tube, graduellement la couleur de contraste pâlit et disparait enfin successivement.

D'après les observations étudiées en dernier lieu, chaque irritation lumineuse tend à exercer une action constante, qui, en présence d'autres impressions inductrices existant simultanément, est, selon des conditions particulières, supérieure ou inférieure à l'efifet d'induction. Ce rapport se manifeste encore, avec une netteté remarquable, dans une série de phénomènes que, pour abréger, nous nommerons effets marginaux du contraste. Dans un éclairage coloré, une ombre large apparaît à sa limite vers cet éclairage, avec la couleur pure du contraste ; mais celleci décroît graduellement, en s'éloignant de la limite, et disparaît enfin entièrement. Si, dans l'expérience de Meyer, on adopte pour papier intercalaire une feuille noire très-grande, cette dernière présente,

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