Vorlesungen uber die Menseken-wul Thierseeie, 2 vol
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S62 TON DB SENTIMCNT DK LA SBNSATION.
Dans ces modifications de l'opinioa basée sur la théorie de la connaissanoe, modifications, au sujet desquelles il est qaestion (I) d'ane excitation favorable et d'an arrêt des fonctions de la vie, etc., ce renversement da processas est plos caché, mais ne sobsiste pas moins. Les irritants externes, desquels proviennent les sentiments sensoriels, peuvent intervenir, en excitant favorablement dans un cas les fonctions, et dans l'antre en les arrêtant ; mais le sentiment lui-même ne consiste pas dans cette excitation ou cet arrêt. Or, cette définition n'a un sens, que si on transfère dans le sentiment lui-même une connaissance intuitive de l'excitation favorable ou de l'arrêt, et c'est opérer de nouveau la même confasion, que si on pose le sentiment identique au concept de Tobjectivement agréable ou du désagréable, de la perfection ou de l'imperfection.
D'après la dettxiéme opinion principale, le sentiment n'est ni une sensation, ni une représentation, ni une connaissance puisée dans les sensations et les représentations, mais il a pour base constante une eorrélation des représentations. Si, avec Herbart, on appelle les sensations, des représentations élémentaires, les sentiments ne proviennent donc pas des représentations, mais du rapport des représentations entre elles. Les germes de cette idée sont trèsanciens; car, certains sentiments esthétiques, par exemple, ceux qui sont liés aux intervalles des tons, ont été depuis longtemps ramenés à un rapport des diverses représentations entre elles (i). Herbart a étendu cette théorie à toutes les formes du sentiment (3). 11 dislingue les sentiments, qui sont liés à la composition, à la nature de ce qui est senti, d'avec les sentiments, qui dépendent de la disposition de l'âme. Dans les premiers, il range les sentiments esikàiques et les sentiments sensoriels : ils consistent tous deux, en ce qu'ils se composent de représentations partielles, qui, seulement pour les sentiments esthétiques, se séparent nettement les unes des autres dans la conscience, tandis qu'elles persistent unies, non séparées chez les sentiments sensoriels. La disposition de l'âme engendre, au contraire, les affections (afifectus) (4). En mettant en lumière l'influence, que les moavements des représentations dans la conscience exercent sur la disposition de l'âme, et, d'autre part, le rôle, qui dans Tefifet esthétique appartient à certains rapports des représentations entre elles, Herbart a dévoilé un côté des conditions du sentiment, non suffisamment observé par les théories, qui se sont produites jusqu'à ce jour. Mais la théorie do ce philosophe n'était pas moins exclusive, étroite, puisque, d'après lui, ce facteur devenait l'unique pierre angulaire des sentiments. Ce défaut se révèle de deux manières : premièrement, dans l'explication insuffisante de nombreux
1. Ha^ren, in Handwàrterb. de Wagner, 11, p. 746. — Ultici, Leib und Ssek. Leipzig 1866, p. 448.
S. AriBtote. De anima III, 9.
3. Lehrbuck zur Psychologie, und Psychologie als Wissenschaft. vol. V et VI des^ œuvres complètes d'Uerbart.
4. Loc. cU. VI, p. liO. Voir aussi t. V, p. 36», 378, 304, 438.
éuts de sentiments. Quant aux affections, Herbart aflSrme» qu'elles dépendent simplement de l'excitation oa de l'arrêt réciproques des représentations, et non da contenu de ce qui est représenté. Or, une observation impartiale n'accordera jamais, que la joie et la tristeâse, l'espoir et la crainte soient des sentiments purement formels, chez lesquels le contenu qualitatif de nos représentations n'est pas pris en considération. Quant aux sentiments sensoriels, Herbart a déclaré arbitrairement, qu'ils ont pour origine un rapport des représentations partielles : et en affirmant, que ce rapport n'est point perçu par la conscience, ce philosophe s'est soustrait d'une manière commode à la nécessité d'en donner la preuve, la démonstration. Au sujet de cette dernière question, tous les disciples d'Herbart ne sont pas restés fidèles au maître, et quelques psychologues de son école ont complètement fusionné avec la sensation le sentiment sensoriel, comme « Uyn de la sensation > , et l'ont séparé des sentiments proprement dits (1). L'opinion de Beneke, d'après laquelle le sentiment consisterait dans la mensuration directe et réciproque, qu'exécutent les activités de l'âme, est analogue à celle d'Herbart. Ici môme, le sentiment est distingué du contenu des sensations et des représentations et attribué au rapport, qu'elles ont entre elles (2). Ces deux théories reposent sur une idée juste, à savoir que la sensation et la représentation isolées (en tant qu'elles produisent, grâce à leur contenu, une connaissance déterminée) n'apportent avec dles aucun motif, pouvant donner lieu au sentiment ; ces théories cherchent donc à ramener celui-ci au rapport extérieur, que les représentations ont entre elles. Mais, pourquoi ce rapport doit-il être perçu par nous, comme plaisir et déplaisir, ou dans les diverses oppositions des sentiments esthétiques ? ceci n'est nullement clair. Dans la forme particulière de ces oppositions réside plutôt cette indication, qu'au facteur objectif des représentations et de leur corrélation s'ajoute nécessairement un second facteur subjectif; en d'autres termes, ce n'est pas le rappoit des représentations entre elles, mais leur relation a\ec la conscience, ce théâtre commun de toutes les sensations et représentations, qui fonde, motive le sentiment. Ici, la faiblesse de la théorie d'Herbart est en connexion directe avec sa conception étroite de Taperception, dont nous reprendrons l'examen dans la quatrième section de cet ouvrage.
La troiiième opinion principale a été essentiellement inspirée par l'idée de dévoiler l'importance, que ce facteur subjectif avait pour le sentiment. Voici comment elle s'exprime : le sentiment e^t l'état, dans lequel l'âme se trouve transférée, grâce à ses sensations et ses représentations. Le sentiment serait donc le complément subjectif des sensations objectives et des
1. W. F. Volkmaûn, GrundrUs der Piyehologte. HaUe i8W,p. 38. — Nahlowsky, Dm GefûhUleben, p. i7. .,,^ «. . .^ . ^ . ^ . .
2. Beneke, PsychologUche Skixzen, 1, Gôttingue, iW, p. 34. Uhrbuehder Piyehol. :r édit. Berlin 1861, p. 170.
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représentations. Si Ton voit dans le sentiment non sealement on étal de l'âme, mais en même temps la conception de cet état, comme étant on état snbjectif, c'est relier cette troisième opinion à la première opinion principale, car, nne telle conception suppose tonjomrsone connaissance, quoique obsôire; le sentiment n'est alors possible, que dans la conscience de soi-même* développée. Les bases fondamentales de cette théorie se retrouvent déjà chez Platon et Aristote ; mais, dans Tancionne psychologie, cette théorie se confond continuellement avec l'opinion tirée de la théorie de la connais-, sance. Kant, qui dans sa Critique a essayé de séparer plus nettement, qu'on n*ayait fait avant lui, les éléments objectifi et subjectifs du connaître, a spécialement mis en relief l'importance purement subjective du sentiment; et sa manière de voir a prédominé chez les psychologues étrangers à l'école d'Herbart et, même chez quelques-uns, qui se rapprochent de cette école. Mais, arrivée à im point de son investigation, cette théorie admet la substance métaphysique de l'âme^ alors que nul motif, nulle occasion ne lui était offerte, par suite des autres conditions préliminaires, de déterminer ce concept de substance. Si l'on veut se borner à ce qui, d'après l'expérience, est la base de la modalité subjective occasionnée par les sensations objectives et les représentations, il ne reste de nouveau, que la conscience de soi-même. Par conséquent, le sentiment serait défini ce côté de la représentation, que la conscience de soi-même rapporte à l'état propre du sujet, qui exerce la représentation. Comme dans cette relation réside un acte de la connaissance, d'après cette opinion le sentiment est, en même temps, le produit d'une connaissance obscure ou inconsciente (i). Mais, selon nos remarques antérieures, ceci est une contradiction, car le sentiment appartient aux expériences internes les plus primitives, tandis que la conscience de soi-même se développe relativement tard ; et, dernièrement, A. Horwicz a eu raison de remarquer, qu'au contraire le sentiment exerce, très-probablement, une influence déterminante sur le développement de la conscience (2). Cependant, Toici un fait indéniable : après que la conscience de soi-même s'est développée, cette relation subjective est inhérente aux sentiments. Nous sommes donc obligés, contraints de recourir à la hase fondamentale de la conscience de soi-même, c'est-à-dire à l'activité primitive de l'aperception.
Dans ces derniers temps, A. Horwicz (3) a essayé d'exposer et de motiver une manière de voir particulière qui, en un certain sens, est directement opposée à celle d'Herbart. Selon lui, les sentiments sont des états internes
1. La modification, ici indiquée de la troisième opinion principale, est celle qae j'ai donnée pour base à la discussion des sentiments, dans mes < Vorlesungen ûber die Menschen-und Thierseele > Voir plus haut p. tS60.
2. A. Horwicz, Ptychologitche Ànalysen auf phyiiologischer Grundlage, I, HaUe 1872, p. 231.