FORMES DES ÉLÉMENTS DU TISSU NERVEUX
Les filets nerveux, à leur origine des cellules nerveuses, ont une conduite variable. Par chacun de ses prolongements, la cellule nerveuse reçoit un fil de l'axe non divisé ou un faisceau de fibrilles primitives. Quel est Tentrelacement de ces fibrilles dans la cellule ? S'y terminentelles entièrement ou partiellement; ou bien, les filets, qui sont pénétrés par un prolongement, continuent-ils leur trajet, sans interruption, dans les filets d'un autre prolongement? Autant de questions, actuellement non résolues. Le fait suivant est ^etil positif : les cellules ganglionnaires ne représentent pas de simples points nodaux, dans lesquels les filets nerveux changent la direction de leur parcours ; mais^ dans les ganglions, le nombre des filets est très-souvent augmenté ou diminué, puisqu'il apparait plus de filets dans une direction, que dans une autre. La manière, dont divers systèmes de filets s'unissent ensemble dans la cellule ganglionnaire, influe évidemment sur les modifications les plus essentielles, que présentent leurs formes. Souvent, un fort cylindre^ axe, resté indivis, contraste nettement avec un grand nombre de prolongements à division fibrillaire, que Deiters (1), le révélateur de ce schéma de structure, a nommés prolongements protoplasmatiques (Fîg. 12 a). Ordinairement, du centre de la cellule provient le cylindreaxe; et, de sa périphérie naissent les prolongements protoplasmatiques. Ces cellules représenteraient la forme la plus firéquente, mais non la seule, que revêtent les éléments centraux de l'organe cérébro-spinal : le prolongement de l'axe appartient généralement à un filet nerveux venant de la périphérie ; les prolongements protoplasmatiques semblent constamment se diviser en nombreuses fibrilles, qui finalenjent se résolvent en un réseau de filets extrêmement délicats. Couché dans la névroglie, ce réseau sert, peut-être, à unir diverses cellules, ou bien donne naissance à des filets nerveux, puisque des rameaux, encore plus volumineux, émanent de ses mailles. Un peu difi'érente, quoique analogue dans Fensemble, parait être l'origine des filets nerveux dans plusieurs cellules ganglionnaires du pyslème sympathique. Ici, un fil plus fort de l'axe, qui naîtrait, d'après divers anatomistes, du noyau ou du nucléole, abandonne la cellule ; et, d'autre part, un réseau de fibrilles très-délicates provient du protoplasma et passe dans un filet, tourné en spirale, qui enveloppe le premier fil de l'axe.
Il semble par conséquent, qu'en beaucoup d'endroits les cellules
1. Deiters, Unter$vchungen ilber Gehirn und Rikkenmark und der Sàugethiere. Branswick. 1865, p. 53 et suiv.
ganglionnaires et les filets nerveux s'unissent de deiÂX manières. Par l'un de ses côtés, la cellule abandonne un filet indivis» sous forme de prolongement de Taxe ; par l'autre côté, elle donne naissance à des prolongements, ordinairement très-délicats. Ceux-ci se divisent encore et se transforment en un fin réseau de fibrilles, qui est probablement l'origine d'une deuxième espèce de filets nerveux. Ces deux modes de connexion ont été principalement constatés, dans les cellules des cornes antérieures de la moelle épinière et dans les grandes celluks nerveuses de l'écorce du cerveau et du cervelet. Mais nous ignorons encore, si d'autres parties, par exemple les cornes postérieures de la moelle épinière, les nombreux noyaux gris du cerveau ou les cellules plus petites de l'écorce, nous offrent le même type de structure élémentaire. Les cellules ganglionnaires d'espèce plus petite sont, particulièrement, celles qui ne permettent jamais de reconnaître, avec certitude, un prolongement de l'axe ; peut-être, ne sont-elles unies entre elles et avec les filets nerveux, que par ce réseau de filets qui parcourt la névroglie. Souvent, les grandes cellules ganglionnaires, les cellules de l'écorce du cerveau et du cervelet, et, principalement cbez les vertébrés inférieurs» les cellules ganglionnaires des cornes antérieures de la moelle épinière présentent la particularité suivante : leurs prolongements possèdent une direction à peu près constante. On est alors enclin à supposer, que les voies conductrices, qui prédominent dans le domaine central, dont il s^agit, sont caractérisées par la direction régulière, que prennent les prolongements (1). Bien des fois on avait admis, que diverses cellules étaient directement roliéos par des prolongements unissants. Mais les observateurs les plus exercés ont rarement ou, même, jamais constaté cette connexion (2); ce résultat négatif tient, probablement, à ce que les cellules ganglionnaires ne sont ordinairement unies ensemble, dans la névroglie, que par le fin réseau des filets.
Le cylindre-axe étant formé de fibrilles primitives, cette composition explique divers faits, qui sont, en partie^ connus depuis longtemps. Signalons d'abord la conduite des nerfs, chez les invertébrés et celle de la plupart des nerfs sympathiques, chez les vertébrés. Toutes deux concordent essentiellement : chaque filet nerveux présente, à l'intérieur d'une gaîne primitive, pourvue de noyaux, un contenu fibrillaire, qui, très-souvent, est aussi finement nucléé (fig. 13 c). Il est donc très-vraisemblable, que chaque filet nerveux de
1. Meynert, Viertelfahrsschrift f. Psychiatrie, !'• année 1867, p. 198.
2. Deiters, Vntersiichungen ûber Gehim und Ruckenmark, p. 67.