Moelle allongée
Dans la moelle allongée, l'origine externe des nerfs périphériques se rattache directement aux conditions, qui président à l'évolution de la formation nucléaire (des noyaux nerveux et ganglionnaires). Ces nerfs périphériques n'observent plus rigoureusement la règle si simple, soirie dans la moelle épinière, et les racines nerveuses semblent plus ou moins déplacées. A la vérité, ces racines paraissent encore rapprodiées en deux séries longitudinales, Tune antérieure, l'autre postérieure; mais, du sillon laiéral antérieur partent exclusivement les filets des racines motrices, ceux du douzième nerf cérébral (hypo- ^osse) ; du sillon latéral postérieur, ou, du moins, très-près de lui, naissent au contraire les &isceaux sensibles et moteurs, à savoir les racines de tons les autres nerfs cérébraux, à l'exception des nerfs dfiictif et optique et des deux nerfs oculo-musculaires antérieurs, qui, par leur origine, sont situés beaucoup plus en avant (compar. K«.31)(2).
C!hes les vertébrés inférieurs, le trajet extérieur des faisceaux de filets diffère, encore un peu, de celui qui a lieu dans la moelle épinière. Seulement, les cordons postérieurs, s'écartant Tun de l'autre, laissent apparaître la fosse rhomboidale (Fig. 17 et 18) ; et, d'après des sections transversales, les cornes grises sont séparées de la substance grise centrale et intercalées dans le parcours des cordons antérieurs et pos-
i. Koniker, MûUer's Arehiv 4843, p. aS.
t. Nerft moteur oculaire commun et pathétique. Le nerf moteur ocmiire externe naît de la partie la plus antérieure de la moelle aUongée.
teneurs. Relativement, chez les poissons, la moelle allongée diffère davantage de la moelle épinière, que ce n'est le cas pour les amphibies et les oiseaux, doués d'une structure cérébrale plus riche ; souvent, des sillons peu profonds divisent extérieurement la moelle allongée en plusieurs cordons, qui correspondent intérieurement à des noyaux nerveux assez considérables (1).
Fie. S6. Vne anUrienre da U moelle allooRée bomaine. avec le pont de Varole et les parties de la base cérébrale avoisinantes . A gaocbe, le prolongemeot des cordons de la moelle épinière à travers le pont de Varole, et la dissociation de leurs faisceaux dans les pédoocoles cérébraux ont été représentés ; la face inférieure de la couche optique est mise à ou. p Pyramides, o OliTe. t Cordon latéral. %d Noyau denté de l'olive, br Pont cérébral on de Varole. f Pied du pédoncule cérébral ; \ih la calotte du pédoncule. Tous deux sont séparés l'un de l'autre par un faisceau profond de filets transversaux du pont de Varole ; ce faisceau a été id coupé en travers. <;(; Tubercules mamillaires (corpora candicantia). / Tubercule gris avec l'infundibuluro. k Hypophyse. M Couche optique ; p9 son coussin, k Corps genouillés. tp Substances perforées antérieure; fp postérieure. l-TLl Du premier au onzième nerf cérébral. / Nerf olfactif, // optique, /// moteur oculaire commun, /F pathétique, F trijumeau, F/ moteur oculaire externe, \ll facial, \lll acoustique, IX gloeso^ pharyngien, \ vague ou pneumogastrique. X/ accessoire de Willis.
Chez les mammifères, on peut distinguer, comme dans la moelle épinière, des cordons antérieurs, latéraux et postérieurs de la moelle
1. Owen, AtiaUmy of vertébrales^ vol. 3, p. 273. — Stieda, ZeiUchr, fur wiss. Zoologie, vol. 18, planche il, flg. 20 et 2i.
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allongée. Ces cordons reçoivent alors des noms spéciaux; car, le trajet plus compliqué de leurs fibres et la présence de noyaux ganglionnaires à leur intérieur les rend essentiellement différents des cordons de la moelle épinière, placés dans des positions analogues; et même la plupart d'entre eux ne sont pas les prolongements immédiats de ces derniers. Les cordons antérieurs sont les pyramides (p Fig. 26) ; k la partie inférieure de leur parcours, leurs faisceaux se croisent, et, de cette manière, la fente médiane antérieure finit par disparaître entièrement. Ce croisement semble répéter, avec plus d'énergie, le croisement effectué par les cordons antérieurs de la moelle épinière dans la com-
Fie. i7. Vaeposlérieur« .le l:» mo^-lk allonfré. de l'homme avec les lubercu es 5"^'J»Î»«*"»' ^î eooches opliqae. et le. pédoDcnles cérébelleax. Le côté droit P'Jwnte r mdiaUon de c^^
STwdoDS lai^seot apparaître la foM6 rhomboïdale, et, .nr ^^ 1!^^ i\^^'^^' ^""J^^ çoitlesémiDeaces ronde../, séparées dans leur «»i«f»I*' »«""'*' L '^JS^iSue;/ moi^^ ionales./» i Pédoncules cérébelleax inférieurs (corps striés), p» Pédoncnles «<;<bellewmoyMs (bras dn pont), p » Pédoncnles cérébellenx snpérienrs (bras d'onion allant du cerreletau ^au). /Paire poslérieore, n antérieure des tubercules <I»«^'«i»!»~«,«J'*;*^J^^^^ tk CoQches optiques. * Corps geoouHlé interne, *' externe. » Conarinm (glande pinéale).
missure antérieure. A leur extrémité supérieure, les pyramides sont limitées des deux côtés par les olives (o). Celles-ci, grâce à un noyau ganglionnaire, nommé noyau denté (nucleus dentatus) à cause de l'aspect de sa coupe transversale, sont renflées, saillantes et ont une certaine analogie avec la forme d'une olive. Les faisceaux de fibres, verticalement ascendantes, qui entourent ces noyaux, portent le nom de
cordons d gousse (Hûlsenstrànge). A partir de rextrémiié inférieure de la moelle allongée» les cordons latéraux {s Fig. 26 et 27] sont plus faibles et» presque à la hauteur de l'ouverture de la fosse rhomboïdale, ils disparaissent entièrement dans la profondeur. C'est pourquoi» les cordons postérieurs augmentent extérieurement de circonférence; dans le segment inférieur de la moelle allongée» un sillon superficiel les sépare en une division interne et externe ou en cordon grêle (fiiniculus gracilis) et cordon cunéiforme (funiculus cuneatus) [fg et fc Fig. 27). Ces deux derniers cordons» vers Textrémité inférieure de la fosse rhomboïdale» possèdent des renflements noueux» qui proviennent de la présence de noyaux gris à leur intérieur. Plus loin en haut» ces deux divisions semblent se prolonger dans les cordons» qui limitent de chaque côté la fosse rhomboïdale» c'est-à-dire dans les corps striés {pi Fig. 27). D'après leur volume» les corps striés sont les c(Nrdons les plus importants de la moelle allongée. Ils contiennent également» àl^r intérieur» des noyaux gris et sont remarquables par le trajet entrelacé et plexiforme de leurs fibres. En haut» les corps striés pénètrent complètement dans la moelle du cervelet et constituent les pédoncules inférieurs de cet organe. Au milieu d'eux» apparaissent» sur le fond de la fosse rhomboïdale» deux cordons» directement recouverts par la formation cavitaire de la substance grise; ils semblent continuer tes parties de la moelle épinière situées en avant du canal central» par conséquent les cornes antérieures avec les portions des cordons anté** rieurs» placés dans la profondeur. Ces formations se composent» le plus souvent, de substance grise et remplissent le plancher de la fosse rho»'. boïdale; leur configuration voûtée» convexe les a fait nommer cordons ronds ou éminences rondes (eminentise teretes e t). Leur substance grise est en connexion avec la plupart des noyaux nerveux de la moelle allongée ; cependant» quelques noyaux de celle-ci» grâce à la dissocia-^ tion de la moelle par les cordons blancs» s'éloignent davantage de la ligne médiane et sont isolés. A part tous ces tissus» que nous venons de décrire ici» nous citerons enfin une nouvelle formation» constituée par des groupes de filets et qui est une autre conséquence des modifications» produites par les conditions de structure. Ces filets enlacent la moelle transversalement ; les uns pénètrent dans la fente médiane antérieure» et dans le silloîi, qui sépare les pyramides et les olives ; les autres passent au-dessUs de la fosse rhomboïdale. Aussi» leur trajet, généralemeht très-^compliqué» est-il actuellement peu connu. La pté^ sence de ce système de fibres zonales (stratum zonale» fibte arcuatœ^ g)
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semble dépendre des mêmes coaditions, qui déterminent la dissociation de la snbstance grise, c'est-à-dire de celles qui obligent nécessairement les foyers centraux, appartenant aux cordons des fibres les plus diverses d'origine, à se relier les uns aux autres.