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MÉTHODES POUR DÉCOUVRIR LES VOIES DE CONDUCTION

tains territoires de Técorce cérébrale. On a tenté de résoudre la première question, en sectionnant isolément les divers cordons médullaires ; et la seconde, en limitant les essais d'irritation et d'extirpation à des territoires corticaux déterminés. Malgré cette restriction, il est difficile d'obtenir des résultats, qui soient à Tabri de tout reproche. Chaque irritation se communique, presque inévitablement, aux parties environnantes, surtout lorsqu'on emploie le courant électrique, qui est l'exdtant préféré à cause de ses divers avantages. Il en est de même des perturbations, qui sont consécutives à une section de la substance nerveuse. Si Ton a enfin le bonheur d'isoler, autant que possible, l'excitation, très-souvent Tinterprétation des phénomènes est incertaine. La contraction musculaire, qui succède à une irritation, peut, selon les circonstances , provenir d'une excitation directe des filets moteurs, comme d'une réaction, exercée contre les impressions sensibles. Toujours, les troubles fonctionnels, qui apparaissent à la suite des sections transversales et des extirpations, ne sont déterminés, qu'après une longue observation. Aussi, la certitude des résultats est de nouveau notablement altérée, puisque la plupart du temps les troubles, directement engendrés, disparaissent graduellement; car, grâce aux unions précédemment mentionnées, que de nombreuses voies de transmission opèrent dans la substance grise, d'autres pariies suppléent celles, dont la fonction a été supprimée.

Vinvestigation anaiomique complète les lacunes laissées par l'expérimentation physiologique. Elle tâche justement de découvrir les voies d'union existant entre des régions, liées sous le rapport fonctionnel : problème, que l'expérimentation physiologique avait négligé en grande partie d'explorer. Dans ce but, Tanatomie emploie successivement deux moyens : la dissociation microscopique de l'organe durci et son analyse microscopique, pratiquée sur une série de coupes minces. Si la première de ces méthodes, qui expose à prendre, pour de véritables tractus de filetsnerveux, les produits artificiels du scalpel, est tombée dernièrement en discrédit, on voit, qu'appliquée avec précaution, c'est un auxiliaire toujours précieux, pour s'orienter dans certaines routes â large parcours ; et, d'autre part, on est enclin à moins redouter le danger, que comporte l'interprétation des dessins microscopiques. Mais, cette interprétation se joue dans un champ d'autant plus vaste, que l'on est moins en état de réaliser la fin idéale de l'investigation microscopique de l'organe central, â savoir la division complète de cet organe en un nombre infini de coupes, d'une direction exactement rigoureuse. C'est

pourquoi, Tinvestigation anatomique trouve de nouveau un complément, extrêmement important, dans Tétude deV histoire de l'évolution. Celle-ci, établissant que la formation de certains systèmes de filets de Torf^ane central, qui sont liés sous le rapport physiologique, s'efifectue à diverses époques de l'évolution fœtale, permet de suivre, à peu près complètement, au moins quelques-unes des voies les plus importantes. Or, cette méthode est assurément bornée, puisque les systèmes de filets, simultanément développés, peuvent toujours renfermer des groupes, encore nombreux, qui jouent un rôle fonctionnel difiérent.

L'observation pathologique ajoute à la découverte des troubles fonctionnels celle des altérations anatomiques. Elle réunit donc, à un cer^ tain degré, les avantages de Tinvestigation physiologique et ceux de Texploration anatomique. Pour la recherche des voies conductrices, l'oteervation anatomo-pathologique est surtout fructueuse,parce qu'elle s'appuie sur un principe analogue à celui de l'histoire de l'évolution; car, les filets appartenant à certains foyers fonctionnels deviennent malades, secondairement, par suite de la suppression fonctionnelle de ces foyers. Si d'autres conditions ne permettent pas d'admettre une lésion accidentelle coexistante, ces filets, qui subissent simultanément une altération pathologique, peuvent être considérés, comme ayant des fonctions de même nature. Combinée avec l'expérimentation physiologique, l'observation des dégénérescences secondaires, telle qu'elle a été proposée par Gudden et souvent exécutée avec succès, promet de grands réftultats. Cette méthode combinée consiste à pratiquer sur un animal, en un point quelconque du système nerveux central ou périphérique, une solution de continuité, à remarquer les troubles fonctionnels consécutifs et à déterminer longtemps après, grâce à l'anatomie, les routes atteintes par la dégénérescence secondaire.

Des trois méthodes principales, citées précédemment^ la première, purement physiologique, a répandn, par les expériences de Magendie, Longet, Brown- Séquard, SchifT, Chanveau, etc., quelques Inmières, sans doute encore imparfaites, snr le trajet des voies conductrices dans la moelle épinière et, même, sur certains fragments des voies conductrices dans la moelle allongée et les pédoncules cérébraux. Après que Hitzig et Fritsch eurent démontré, contrairement à l'opinion anciennement propagée, que le manteau cérébral était excitable, de nombreuses expériences ont été faites dans ces derniers temps ; elles ont eu pour but de découvrir les terminaisons des diverses voies conductrices dans Técorce cérébrale. Nous étudierons ces terminaisons à la rubrique

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D* 7 de ce chapitre. D'abord, les travaux de Stilling ont fourni d'immenses matériaux à l'étude microscopique des organes centraux. Les premières expériences» qui utilisent les coupes microscopiques, obtenues par le procédé de Stilling, aûn d'esquisser un schéma de la structure de l'organe cérébro-spinal el de ses voies conductrices, appartiennent à Meynert et à Luys (1). Malgré des divergences considérables dans leurs appréciations personnelles, Meynert et Luys, par ces expériences, auxquelles se rattachent nombre de travaux ultériears justificatifs ou complémentaires, se sont acquis assurément un grand mérite. Cependant, les dessins, relatifs à la structure et réalisés par ce procédé, sont en majeure partie hypothétiques ; déjà, ils ont été réfutés sur bien des points. Des résultats plus certains, mais qui ne peuvent être mis à profit, que pour quelques voies conductrices, à cause de la rareté des affections pathologiques en question, sont fournis par l'examen des dégénérescences secondaires des filets nerveux, que Louis Tûrclc a démontrées le premier; tout récemment, de nombreuses observations ont été recueillies à cet égard par Charcot et ses élôves (2). Les signes extérieurs des dégénérescences secondaires sont d'abord caractérisés par une transformation des gaines médullaires : celles-ci sont alors susceptibles d'être colorées par certaines substances (le carmin, par exemple), qui ne leur communiquent aucune teinte à l'état normal ; ell^ disparaissent graduellement en totalité ; en même temps, les cylindres-axes se convertissent en fibres de tissu conjonctif, parsemées de corpuscules cellulograisseux. Les causes de ces altérations, qui atteignent les filets centraux et périphériques, sont imparfaitement connues. D'après Tûrclc, ces altérations seraient une conséquence de la suppression fonctionnelle, et, d'après Charcot, de la séparation d'avec les centres de nutrition. Ces deux opinions ne sont nullement inconciliables ; car, certames cellules ganglionnaires peuvent, visà-vis des filets, qui en émanent, jouer simultanément le rôle de centres d'excitation et de nutrition (Voir chap. YI). Dans l'investigation des voies conductrices, la valeur des dégénérescences tient, à ce que l'altération progresse constamment dans les systèmes de filets, qui sont connexes ; cette altération s'effectue spécialement dans une direction, du point interrompu jusqu'au foyer central de substance grise, le plus voisin. Cette direction coïncide, probablement, pour tous les filets nerveux, avec la direction de la conduction ; par conséquent, la dégénérescence des filets moteurs s'opère dans le sens centrifuge, et celle des filets sensitifs, dans le sens centripète. Cependant, après une longue interruption de la conduction, et chez les animaux en bas âge, la direction

1. Meynert, article Gehim, in Gewebelekre de Stricker, p, 694, et ArcJUv f. Psyekiatrie, vol. IV, p. 387. — Luys, Recherches sur te système nerveux cérébro-spinal. Pari» 1865 ; Dos Gehim. sein Bau und seine Verrichtungen (Internat, wissenscb. BibUoth.) Leipzig 1877. ^^ *. ^. , vt «oo

%. Tûrck, Sltzungsber. der Wiener Akad. maikm. - najurw. CL ▼ol- VI, p. M8 el vol. IX, p. 93. — Charcot, Leçons sur les localisations dans tes matadies du cer: won. Pari» 1875.

opposée semble toujours être suivie, du moins à ua certain degré (1). Une méthode, introduite récemment par Flechsig, l'étude de l'histoire de révolution, est analogue à ce procédé analomo-pathologique. Elle repose sur la démonstration suivante. Dans les divers systèmes de filets, la gatne médullaire, facile à distinguer par sa couleur blanche, se forme à différentes époques de révolution embryonnaire ; car, la moelle se laisse apercevoir, en dernier lieu, dans ces cordons de la moelle épinière, qui montent directement dans Técorce cérébrale ; beaucoup plus tôt, dans les cordons de la moelle, qui se rendent au cervelet ; et de meilleure heure, dans les autres (2). Il faut admettre, selon toute vraisemblance, que la formation de la gatne médullaire s'opère dans le même ordre, que révolution des filets nerveux, qui lui est antérieure : on conclut de là, que les filets se développent par systèmes; et comme l'évolution des systèmes se fait en divers temps, ce mode de développement des filets permet une séparation des voies conductrices, qu'ils représentent. Enfin, bien plus fécondes en promesses sont les observations, relatives à l'atrophie secondaire des parties centrales, qui appartiennent à certains appareils périphériques moteurs ou sensoriels. Gudden a, le premier, appelé l'attention à ce sujet dans ses expériences sur les animaux nouveau-nés (3). Ces sortes d'atrophies secon-^ daires> consécutives à l'imperfection ou à l'absence déjà ancienne d'un organe, peuvent se manifester, même chez l'homme adulte. Très^souvent, après la perte de l'œil, on a noté l'atrophie du tubercule quadrijumeau ; dans quelques cas de ce genre, l'atrophie secondaire des circonvolutions cérébrales a été démontrée (4). Comme imperfection périphérique ou l'absence d'un organe ne produit des conséquences de ce genre, qu'après un laps de temps considérable, les expériences, qu'on recueillera chez l'homme à ce sujet, seront toujours relativement rares.

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