Schiff, loc. ciL p
128 PAKGOURS D&S VotËS NERVEUSES CONDUCTRICES.
longements directs des cordons postérieurs de la moelle épinière. L'examen anatomique confirme absolument cette donnée. D'après lui, les corps striés ont pour origine les masses grises de la moelle allongée; les cordons postérieurs cessent en partie» par leur terminaison définitive dans d'autres masses grises, et leur restant abandonne sa position première, se rejette de côté et s'enfonce dans la profondeur. L'étude des voies de conduction motrice fournit un résultat analogue. Une portion de ces voies semble renfermée dans les pyramides, qui occupent la place des cordons antérieurs primitifs ; car, la section transversale des cordons à gousse (Hûlsenstrânge), qui enveloppent les noyaux olivaires à côté des pyramides, entraîne également des paralysies partielles (1). La raison de cette conduite nous est ainsi expliquée par Tanatomie : parmi les prolongements de la majeure partie des cordons antérieurs à travers les pyramides et à travers les olives» les uns sont rejetés de côté et les autres repoussés dans la profondeur. Par conséquent, la façon, dont les voies conductrices se comportent dans la moelle allongée, se lie essentiellement à la présence de ces deux formations, qui seront spécialement étudiées au point de vue de leur rôle.
Les pyramides (Fig. 26 jp) sont un système de fibres entrecroisées sur la ligne médiane de la moelle allongée. D'après les dissections anatomiques, elles proviennent, en bas, d'une partie des cordons latéraux et antérieurs ; en haut, elles se prolongent dans le pied du pédoncule cérébral. Le trajet intime de ce système de filets nous est révélé, d'une manière assez complète, par la dégénérescence ascendante qui le pénètre, lors de la destruction de ses terminaisons cérébrales. C'est le prolongement de cette ramification de la voie motrice, qui chemine sans croisement dans la portion postérieure des cordons latéraux et dans la moelle épinière, vers la limite interne des cordons antérieurs. Dès cet endroit, il subit un croisement, qui atteint seulement le faisceau du cordon latéral et non celui du cordon antérieur; de sorte que, après le croisement, chaque pyramide contient un plus grand foisceau de fibres^ correspondant au côté opposé du corps, et un faisceau plus petit, correspondant au même côté. Le prolongement central de cette voie se poursuivrait, parait-il, jusqu'à î'éoorce cérébrale et sans être interrompu par la substance grise. Après qu'il a parcouru le pont de Yarole (Fig. 26, p. 60), ses fibres gagnent le pied du
i. Schiff, ibid. p. 310. ;
CONDl'CTION DANS LA MOKLLE ALLON(,l>i:. [-2i\
pédoncule cérébral, dans l'espace situé entre le noyau lenticulaire et la couche optique ; beaucoup plus haut, entre le noyau lenticulaire et la queue du corps strié ; et, à partir de ces points, elles passent dans la couronne de Reil, oii elles forment surtout ces masses de filets, qui se terminent dans la région des circonvolutions centrales et de leur entourage (1) {V CyHCy Fig. iO, p. 82). D'après les paralysies, consf^cutiTes à la lésion des pyramides et de leurs prolongements dans le pédoncule cérébral, une partie de la voie, qui est relativement bien circonscrite de cette manière, sert également à la conduction de la volonté. D'ailleurs, ce fait, que les lésions hémilatérales du cerveau, chez l'homme, ont constamment pour conséquence une paralysie complètement croisée, même quand le foyer de la maladie se trouve dans le pont, directement au-dessus du point de croisement, est en contradiction apparente avec le trajet non croisé de la portion du cordon antérieur des pyramides (2). On doit donc conclure seulement, que la voie du cordon antérieur des pyramides n^e/yîec^î/epa^ la conduction de la volonté, mais celle des autres excitations motrices (3).
Les olives (o Fig. 28), ces éminences situées des deux côtés des pyramides, et les corps striés (p * Fig. 27), qui limitent en arrière la fosse rhomboïdale, seraient, d'après les données fournies par le microscope, directement en rapport. Ces deux formations, comme le système des fibres zonales (g ibid.), qui environnent toute la surface de la moelle allongée, semblent se rattacher à la présence du cervelet. Le noyau gris, plissé des olives (n d Fig. 26, 0 Fig. 53) est revêtu, à son côté externe, de fibres zonales (Z), On suppose, que ces fibres s'infléchissent, d'un côté, dans les corps striés et leurs prolongements (les pédoncules cérébelleux M F C) et qu'après avoir pénétré, d'autre part, entre l'oUve et la pyramide (en XIl) dans la moelle, elles franchissent la ligne médiane, pour s unir à l'olive du côté opposé (en 0 t). Un noyau ganglionnaire, siégeant beaucoup plus haut, Votive supérieure aurait
i. Charco t, L^çoni «ttr les localisations etc., p. Wt et suiv. — Flechsip, Uebet' S^sUmerkrankungen, p. 42 et suiv. Quelques auleurti distinguent, à part le croifement moteur des pyramides, leur croisement sensoriel, dit supmeur, composé de faisceaux très délicats (Meynert, in Gewebelehre de Stricker, p. 804). Cette partie de la voie du cordon postérieur, qui, d'après les démonstrations de Flechsig, te développe indépendamment des pyramides, suit en haut et en bas de tout antres chemins, où elle est interrompue par la substance prise. On doit donc la distinguer absolument des pyramides, proprement ;ditep. U devient donc impôtssible d'admettre la connexion continue, que Meynert avait signalée entre le lobe occipital et les cordons postérieurs (Flectisip, loc. citât, p. 105).
«. Brown-Séquard, Lectures, p. 99. — Nothnapel. Topische DwguosUk der Ge- Mmkrankkeiten, Beriin 1879, p. 131. . ^ . ^ .
3. Prenant p©ur base ses recherches sur la dégénérescence .^e^cen«1<lnte, T\\Tvk
une (l) importance analogue à l'olive; la plus grande partie de ses fibres doit entrer dans le pédoncule cérébelleux du même côté (2). D'autres fibres, venues des olives inférieures se rendent dans la couche des filets longitudinaux, qui sont situés au milieu d'elles, passent ensuite, à Tinlérieur du pont de Varole, dans la ganse du pédoncule cérébral et de là, probablement dans les tubercules quadrijumeaux (3). Les cordons postérieurs de la moelle épinière envoient des filets aux deux olives ; aussi, ces cordons éprouvent-ils soudainement une énorme réduction, dès que les olives et les corps striés font leur apparition. Leurs faibles restes siègent directement au-dessous des pédoncules cérébelleux, oîi ils sont révélés par la substance gélatineuse (G), qui est évidemment la continuation de la substance gélatineuse des cornes postérieures de la moelle épinière (fF\g. 25, p. 57). Des filets unissent les cordons postérieurs aux olives : les uns, sur la ligne médiane if, se dirigent d'arrière en avant et constituent alors la portion la plus interne de la couche zonale Z, d'où ils pénètrent, du dehors, dans le noyau olivaire; les antres ont un trajet plus oblique etperforentainsi,en Jtf F/, la substance rétiforme, qui occupe le noyau médullaire. Probablement, les noyaux gris, situés à la partie la plus élevée des cordons postérieurs, justement à l'endroit oîi le sinus rhomboïdal s'ouvre au-dessus
adopta un croisement de la voie du cordon antérieur des pyramides dans la moelle épiniôre. Selon Flechsig^ ces ftlets de croisement appartiennent exclusivement à la portion des cordons antérieurs qui ne passe pas dans la voie des pyramides. Le rôle fonctionnel de la portion non croisée de ces dernières, abstraction faite de cette proposition négative, qu'elles ne peuvent pas servir à la conduction directe de la volonté, nous est naturellement mconnu ; et des présomptions, qui assurément ne reposent sur aucune preuve, ont ici un lar^e champ, pour s'exercer. Ainsi, on pourrait admettre, par exemple, que cette voie non croisée contribue à la conduction de ces excitations motrices, qui apparaissent coordonnées, du côté opposé du corps, avec les mouvements directement voulus. De cette manière, on expliquerait probablement cette observation merveilleuse de Flechsi? {loc. cit, p. 48), que, dans les voies des pyramides, la portion relative des cordons antérieurs est soumise à de granles variations individuelles ; car des mouvements associés de ce genre sont également très-divers, selon le^ sujets. A cet égard, voir plus haut, page 118, les remarques sur le croisement dans la moelle épinière.
i. Cette olive supérieure est recouverte par l'extrémité inférieure du pont de Varole. Chez les mammifères, qui ont un pont de Varole beaucoup plus court, elle forme, au-dessous de lui, un gonflement nommé le corps trapézoïle.
2. Deiters {Untersuchungen ûber Gehirn vnd Biickenmarkfp, 264,301) a démontré, que le système des4ibres tonales met les olives en connexion avec les pédoncules cérébelleux. D'après Meynert {loc. cU. p. 768), cette conduction serait croisée, au moins en grande partie.
3. Flechsig {Die Leitungshahnen im Gehirn und Bûckenmark, p. 35, 337)— Kahler et Pick ont observé, lors d'une lésion en foyer de la portion rubanée du pont de Varole, la dégénérescence secondaire d'une olive et de la voie du cordon postérieur, qui lui correspond (Beilràge zur Pathologie und pathologischen Anaiomiedef Ceniralnervensyniems. Leipzig 1879, p. 479).
CONDUCTION DANS LA MOELLK ALLONORK. i.*]!
de ces derniers, devient les filets dos cordons postt?rieurs de la direction Teriicale, gardée jusqu'alors et leur donnent la direction transversale. En outre, une partie des filets semble s'écarter des noyaux des cordons postérieurs, pour aller en droite ligne au cervelet, sans prendre un chemin détourné au-dessus des olives. C'est ainsi, que se ramifie la condnction de la voie sensorielle, qui passe à travers les olives et la subslaiice grise des cordons postérieurs, pour se rendre au cervelet et, par une petite portion, dans les tubercules quadrijumeaux. Cette donnée concorderait avec l'importance de la partie principale de cette voie, qui monte au cervelet, si l'on parvenait h démontrer, que des filets cheminant vers le centre unissent cette voie aux noyaux du nerf auditif et aux noyaux du trijumeau (1). Abstraction faite de ces filets du cordon postérieur, ramifiés en grande partie à travers les olives et suivant un parcours entrecroisé, le cervelet reçoit du cordon latéral un faisceau trèsgrêle, qni pénètre, sans croi^^cment, dans le pédoncule cérébelleux inférieur du même côté. Dans la moelle épinière, ce faisceau, comme une zone délicate (en wFig. 50, p. 118), recouvre extérieurement le cordon latéral des pyramides et est caractérisé par la dégénérescence, qui se propage, à son intérieur, dans la direction ascendante (2). Cette direction du processus patho1o^M(inH nous dispose à admettre, que ce faisceau tient également sous sa dépendance les parties sensibles du corps.
Par suite du rassemblement d'une grande partie des voies motrices dans les pyramides, des voies sensorielles dans les olives et la substance grise des cornes postérieures, les routes conductrices, montant directement de la moelle épinière au cerveau, sont repoussées de la position, qu'elles occupent dans la moelle épinière. Grâce aux pyramides, les cordons antérieurs moteurs sont rejetés de côté et en arrière ; quelques-uns, sous forme de cordons à gousse (en arrière de Xll fig. fvl), recouvrent les noyaux olivaires ; les autres sont situés derrière les pyramides, où ils donnent lieu, des deux côtés de la ligne médiane, à une couche de filets verticaux, qui s'étend jusque vers le plancher gris du canal central et de la fosse rhomboïdale (M F J). A l'intérieur des éminences rondes, une partie de ces filets du cordon antérieur se réunit et constitue un faisceau compacte ou faisceau lovgitudinaJ postérieury qui reste distinct, même après avoir traversé le pont de
i. Meynert, loc. c/t.p. 777, 781. - Consulter Slillin?, Vntersvchungen ifber den Ban des Hirnknotens, lénu 1846, p. 124, 127. t. Flechei^, Veber Systemerkr, p. 30 et planche VI, flc. 1, 2.
Varole (h l fig. 55) (1). Quant aux cordons latéraux, nous savons déjà,' qu'une^grande partie d'entre eux se transforme en pyramides. Dans le cas contraire, on les trouve placés (en M F E)ea dehors des restes des
KiG. 53. Seclioti transversale de la moelle alloaKee de rhomme, à la hantear dei rarines les plus sapërleures da poeumogastrlque, d'après Meynert P Pyramide. 0 Olive. Oi Olive accès-
' solre iDterae ; Oe externe. Z Fibres zonales, environnant l'olive. .4m, As Filets arciformes, profondément situés. AffG Segments externe ; SFC interne dn pédoncule cérébelleox. VUl Filets da n^rf auditif. X,X^ Filets au nerf vague. V- Noyau antêriour da nerf vagae. X^ Eminence ronde avec le Doyaa postériear du nerf vague. A'' Filets postérieurs des racines du nerf ragae. A7/ Filets des racines de l'hypoglosse. R Kaphé. MFJ Restes du cordon antérieur. JVF£ Substance perforée réti forme et restes dn cordon latéral. G Substance gélatineuse et restes dn cordon postérieur.
cordons antérieurs situés à côté du raphé, oii ils sont encore plus dissociés, que ces derniers, par les filets transverses connexes avec le
1. Pour les conjoctures relatives au sort ultérieur et au rôle de cefai8ceaii« cons. Forel, Archiv fur Psychiatrie VU, p. 4i7, 486.