Kassmaul loe. cii. p. 163 et suiy
sensoriel verbal, la couche des noms propres, ensuite celle des autres substantifs concrets, par conséquent le reste des cellules grammaticales complexes, et, en dernier lieu, très-probablement, les cellules d'interjection sont afifectées par la maladie ! Une supposition, entraînant des conséquences aussi absurdes, ne peut même être utilisée provisoirement, comme hypothèse. Il est remarquable, que le principe de l'énergie spécifique est logiquement mis à profit par cette opinion, qui renouvelle, sous une forme légèrement modifiée, les erreurs de la phréuologie. L'ancienne phrénologie avait commis la faute d'attribuer une faculté intellectuelle' compliquée à un groupe quelconque de parties élémentaires. Sa jeune sœur a eu tort de penser, que les divers prétendus éléments de l'activité intellectuelle, et d'abord les représentations, sont incorporés dans les éléments morphologiques de lorgane central. Cette manière de voir est défectueuse, sous deux rapports. Premièrement, chacune de ces représentations, qu'on considère dans ce cas, comme des éléments psychiques, par exemple une représentation visuelle ou verbale, est, en vérité, un produit extrêmement complexe, ayant nécessité très-probablement la collaboration compliquée de nombreux éléments centraux. Deuxièmement, les représentations ne sont pas des substances, mais des fonctions. Si un élément rétinien donné peut participer à la production d'innombrables images visuelles, on doit faire la même supposition pour chaque cellule ganglionnaire. Et, ici, cette participation s'exercera à un degré supérieur, à cause de cette plus grande indifférence de la fonction des éléments centraux, que démontrent les phénomènes de suppléance.
Il résulte en même temps de ces derniers phénomènes, que nous ne sommes autorisé, qu'avec des restrictions considérables, à diviser l'écorce cérébrale en provinces, correspondant aux divers organes sensoriels et aux organes moteurs du corps. Si, les conditions de transmission étant modifiées, une nouvelle répartition de fonctions peut s'effectuer ; probablement, même à l'état normal, il se présente des oscillations ou variations, qui dépendent du développement variable des individus. De plus, dans toutes les circonstances, il sera inadmissible de prétendre, que la forme particulière de notre sensation soit uniquement liée à la fonction de cellules centrales déterminées, et que la sensation d'une certaine couleur, par exemple, soit le phénomène psychologique, qui accompagne invariablement le processus physiologique, à l'intérieur d'un groupe déterminé de cellules. Avec cette supposition, il serait absolument impossible de comprendre
comment, si les conditions de transmission sont modifiées, la même sensation peut passer graduellement à un autre groupe cellulaire, qui ajoute peut-être encore cette fonction à celle lui appartenant déjà normalement. Nous devrions plutôt faire cette supposition: les phénomènes d'irritation, depuis le commencement périphérique du nerf sensoriel Jusqu'à sa terminaison centrale dans le cerveau, contribuent à la production d'une sensation sensorielle simple ; et, par conséquent, le phénomène, dont la rétine est pir exemple le théâtre, exerce une influence essentielle sur la qualité de la sensation lumineuse. L'observation suivante confirme efiectivement cette donnée. Malgré le parfait développement de leur cerveau, les aveugles-nés ou les sourds de naissance ne perçoivent nullement les qualités de lumière, de couleur ou de son, bien que ces individus soient exposés à ces excitations centrales, qui, chez l'homme doué d'une vue et d'une ouïe normales, occasionnent des sensations sensorielles, sous forme d'images de souvenir et d'imagination. D'autre part, après la perte des organes sensoriels externes, les qualités de sensation, une fois acquises, peuvent assurément être longtemps conservées. Ce résultat ne contredit pas le principe d'indifférence de la fonction. Ce principe exige seulement, qu'à une forme fonctionnelle déterminée soit donnée une cause extérieure ; mais, il n'exclut pas, que la forme fonctionnelle, une fois exercée, persiste, malgré la suppression de sa cause extérieure. Nous devons supposer ici une adaptation des éléments centraux aux phénomène d'excitation, qui leur sont transmis; il se développe donc, comme une sorte de signaux centraux pour les phénomènes périphériques. Comme pour la sensation sensorielle simple, de même pour la formation des représentations sensorielles complexes, on admettra naturellement la collaboration primitive des appareils sensoriels périphériques et des organes centraux inférieurs. Par exemple, lors d'une représentation visuelle d'espace, il faudra prendre en considération la composition ou nature de l'iniage rétinienne, l'acuité de la perception déterminée par l'arrangement des cônes ou bâtonnets, les colorations locales de la sensation, dépendant surtout probablement des conditions périphériques, les énergies motrices des muscles oculaires et de l'appareil d'accommodation, la transmission réflexe efiectuée entre l'excitation rétinienne et le mouvement dans les tubercules quadrijumeaux. Enfin, des signaux centraux, de l'espèce déjà décrite, existeront pour tous ces phénomènes. Ils permettent la reproduction des représentations antérieures, et ne peuvent jamais déployer leur
FONCTÎONS DES HÉAIISPHKHES DU CERVEAU. 241
activité, si ces conditions d'origine extérieure ne les ont pas précédés. Naturellement, il ne peut plus être question, en présence d'une semblable analyse des fonctions intellectuelles, de lier l'intelligence, la volonté et d'autres activités intellectuelles compliquées à diverses parties cérébrales ou — ce qui revient essentiellement au même — (dans le sens de Flourens) à la masse totale des lobes cérébraux. Cependant, ces facultés intellectuelles sont des concepts, qui nous servent à désigner des groupes extrêmement complexes de fonctions élémentaires. D'ailleurs^ ce ne sont, que les bases fondamentales sensorielles de ces activités, les processus nerveux d'excitation, dont la marche est parallèle aux sensations, qui soient accessibles k une analyse physiologique; et tout ce que fait le travail, proprement dit, de l'intelligence ne peut être absolument, qu'un objet d'investigation psychologique. De même, dénommer Técorce du cerveau « l'organe de la conscience » c'est une appellation qui comporte d'importantes restrictions (1). Si, par cette expression, l'on veut indiquer ce fait, que l'ablation des lobes cérébraux supprime toutes les manifestations biologiques, que chez l'homme nous rapportons ordinairement à la conscience, il n'y a rien à objecter, malgré l'absence actuelle de solution de la question suivante : jusqu'à quel point, les parties centrales inférieures jouissent-elles d'un degré imparfait de conscience (2) ? Mais, si le mot organe est pris, ici, dans le sens physiologique ordinaire, comme l'instrument qui produit la conscience, cette désignation est sans doute inexacte. Tous les organes, aux fonctions desquels est lié le développement de nos représentations, par conséquent, indépendamment de toutes les parties centrales, spécialement les instruments sensoriels et moteurs périphériques, contribuent à la naissance de la conscience (3). D'après son origine^ la conscience n'est
i. Consulter C. Womicke. Allg. ZeiUchr. f. PsycfUalrie, XXXV, 4» cahier, p. 4S0, et les remarques critiques, faites à ce sujet par J. L. A. Koch, mèuie recueil, 6* cahier.
S. Relativement à cette question et & Fétude psychologique de la conscieuce, en général, voir la quatrième section de cet ouvrage.
3. S. Stricker a môme indiqué cette participation d'autres organes au développement de la conscience (studien uher das BewMstsein, Vienne 1879, p. 8 et Buiv.). Parce que les ceUules ganglionnaires ne peuvent être des t formations isolées, au pomt de vue psychique >, Stricker réclame pour les filets nerveux «ne participation à la « fonction psychique ». Il faut remarquer au contraire, que des unions ou connexions physiologiques sont incapables d'expliquer, comment lefl phénomènes, qui se passent dans aes tissus diversement situés, sont réunis dans une conscience. La distance ou Téloisnement est un concept relatif : deux atomes voisins sont aussi bien en dehors 1 un de l'autre, que deux cellules ganglionnaires, séparées par un intervalle quelconque. Pour expliquer de cette ma-
2i2 FONCTION PHYSIOLOGIQUE DES PARTIES CENTRALES.
pas tant la manifestation biologique d'an organe particulier, que de l'organisme tout entier. Cependant, la haute valeur, dont jouit l'écorce cérébrale, son influence éminente sur la conscience, se révèlent surtout, en ce que l'écorce a le pouvoir de renouveler certains états de conscience, indépendamment des auxiliaires extérieurs qui déployaient leur activité, lors de l'apparition primitive de l'écorce. Si la conscience adulte ou développée, que nous connaissons uniquement d'après notre observation interne, est absolument liée à la reproduction et à la combinaison des représentations, on a certainement le droit de désigner le cerveau et surtout son écorce, comme l'organe, dont la fonction est la plus indispensable pour la conscience. Or, ne l'oublions jamais, la conscience, coiame telle, n'est point une fonction ; mais nous appelons conscients, uniquement certains états, que nous percevons en nous, et en tant que nous les percevons intérieurement. D'après cela, nous disons de ces états, dans un sens métaphorique, qu'ils sont « dans la conscience j> . Evidemment, par cette façon de parler, nous ne devons pas nous laisser séduire à regarder la conscience, comme quelque chose qui existerait indépendamment des états, dont nous avons conscience^ et qui, à part les phénomènes physiologiques, ces compagnons de nos sensations et d'autres états internes, aurait encore besoin d'un substratura physique spécial. En ce sens, nous ne pouvons pas plus parler d'un t siège de la conscience t> , que d'un « siège de l'intelligence » . Toutefois, la physiologie du cerveau présente une série d'expériences, qui semblent indiquer, non pour la conscience elle-même, mais pour certains phénomènes liés à ses formes les plus élevées de développement, l'existence d'un substratum physiologique, situé dans une partie seulement de l'écorce cérébrale.
Une vaste région du cerveau humain semble, sous le rapport des symptômes de sensation et de mouvement, absolument indifférente aux lésions. C'est tout le segment du lobe frontal, situé en avant de la lin(iite antérieure de la zone motrice (fig. 62, p. 163). Les observa-
nière runion des représentations de la conscience, cette dernière devrait donc être
Stricker est bien loin d'être de cet a-vis. Sa proposition est acceptable, en la modifiant ainsi : les cellules ganglionnaires ne peuvent être des tissus isolés, atipotni dé vue physiologique. Malgré cette interprétation, elle ne résout nullement cette question : les phénomènes psychiques élémentaires^ par exemple les sensations simples, sont-elles purement liées aux processus ganglionnaires ou aux excitations nerveuses ?
FONCTIONS DES HÉlflSPRiRES DU CERVEAU. 243
tions pathologiques attestent, qne les lésions de cette région qui, parfois» accompagnent la perte de masses considérables de substance cérébrale, ont évolué, sans présenter les troubles particuliers aux organes sensoriels et moteurs (1). Et pourtant, dans plusieurs cas de ce genre, les données de l'observation démontrent très-nettement, que des troubles permanents des facultés et propriétés intellectuelles ont pu se produire. D'après une observation célèbre, une barre de fer, pointue, d'un pouce et demi de diamètre, avait pénétré, par suite de l'explosion d'un pétard de mine, dans la partie basse de l'angle du maxillaire inférieur gauche d'un ouvrier américain, et était sortie par en haut, en perforant de nouveau le crâne, près de l'extrémité antérieure de la suture sagittale. Le malade vécut douze ans et demi, sans présenter aucun trouble du mouvement volontaire et de la sensation ; mais son caractère et ses fiicultés étaient complètement modifiés. Selon le rapport de son médecin, c le blessé était un enfant, quant à ses manifestations intellec* tnelles, et avait les passions animales d'un homme » (2). Dans d'autres cas, on a noté, comme symptômes caractéristiques, soit l'aifaiblissement delà mémoire, soit l'incapacité de fixer l'attention, soit l'absence totale de la volonté (3). Ces faits concordent avec l'observation ; car, les régressions pathologiques du cerveau, qui accompagnent l'abaissement de l'intelligence et de la volonté dans l'idiotisme paralytique, atteignent spécialement les lobes frontaux (4). Ceci ne s'applique pas, cependant, aux formes aiguës du trouble intellectuel, dont les Imses fondamentales physiologiques continuent à se soustraire, presque entièrement, à nos méthodes d'examen, relativement peu perfectionnées (5). Seulement, Thypérémie de Técorce cérébrale tout entière (plus fréquente que d'autres altérations) montre, que très-souvent toutes les fonctions élémentaires peuvent contribuer, dans une certaine mesure, au trouble intellectuel. En faveur d'une relation plus intime des régions de la surface cérébrale^ situées en avant de la zone motrice, avec les activités intellectuelles, on peut encore invoquer la remarque suivante. Généralement, dans la série animale, le dév eloppement intellectuel marche
I. Consulter les faits recueillis par Charcot et Pitres, Bévue memuellef novembre 1877 ; Ferrier, Localisation des maladtes cérébrales, p. 29; et de Boyer, Etudes cliniques, p. 40 et 54.
î. Voir les citations de Ferrier, loe. cit p. 33 et suiv.
8. Voir de Boyer, p. 45, observation IV ; p. 55 observ. XXVII.
4. Meynert, in VierteljahrsschriftJ. Psychiatrie, 1877, p. 166.
5. Consulter les remarques de Griesinggr, Lehrbuch der psych, Krank. S* édit; p. 417.
ii'l FONCTION PHY:>10LOG1QUK DES PABTIES CliNTRALES.
(le pair avec révolution du cerveau antérieur ; et, chez rhomme spécialement, le plissement du cerveau antérieur paraît être un indice de forces intellectuelles éminentes (1).
Conclure de ces faits, que les fonctions intellectuelles ont leur siège dans la région frontale du cerveau, serait aussi défectueux, que de placer dans la zone motrice la volonté ou, dans la troisième circonvolution frontale, la fonction du langage. Toutes ces observations prouvent seulement, que des éléments sont contenus dans la région frontale du cerveau, et constituent les intermédiaires indispensables des phénomènes physiologiques, associés aux fonctions intellectuelles. Or, nos conjectures sur la nature fonctionnelle de ces éléments auront toujours, pour unique objet, les phénomènes relativement élémentaires, dont ils sont le théâtre ; et elles devront prendre, pour point de départ, les unions de ces éléments avec d'autres éléments centraux. Sous ce dernier rapport, on pourrait ici faire ressortir, d'une part, le voisinage direct de la zone motrice et de la région qui participe à la formation du langage, et, d'autre part, l'union, probable, effectuée avec Técorce du cervelet par les filets des pédoncules supérieurs cérébelleux, dirigés spécialement vers les parties cérébrales antérieures. Déjà, lors de la discussion des fonctions du cervelet, nous avons mentionné les troubles intellectuels, consécutifs aux lésions des parties latérales de cet organe, chez l'homme; et, par suite de l'accord ou correspondance de ces troubles avec les autres fonctions du cervelet, nous avons essayé d'attribuer ces perturbations à l'interruption des influences, que les impressions sensorielles exercent sur l'activité de Taperception (voir p. 228). Ceci indique, que nous pourrions considérer les régions frontales du cerveau, comme les facteurs de ces phénomènes physiologiques, qui accompagnent Yaperception
i. En comparant le cerveau de Gauss à celui d'un manouvrier d'intelligeûce moyenne, quant au développement relatif de la surface des divers lobes cérébraux, H. Wagner a trouvé les chifTres suivants, qui expriment la surface de chaque lobe cérébral, par rapport à la surface totale désignée par iOO.
Lobe frontal, pariétal, occipital, temporal. Cerveau de Gauss 40,8 20,7 47,4 30,0
Cerveau d*un nianouvrier 38,3 2i,4 17,3 2i,2
D'ailleurs, ces mensurations sont trop peu nombreuses, pour comporter des conclusions certaines. 11 faut prendre encore en considération les différences sexuelles. Sur le cerveau de la femme, dont toutes les parties ont un volume et une surface moindres, le lobe occipital semble offrir^ particulièrement, un plus faible développement. H. Wagner a donc trouvé pour un cerveau de femme des chiffres proportionnels, analogues à ceux du cerveau de Gauss. (H. Wagner, loc, cit. p. 30.)
des représentations sensorielles. Nous ferions alors cette supposition : les impressions sensorielles arrivent purement à la perceptiony tant
/ //iliW \ \
Fie. 65. Schéma deg anions de l'oriçane d'apercepiion. SC Centre visuel ; IIC ccalro audiiif. S Filois cenlraux do nerf opUqae. U Filets ceotraax do nerf aaditif. AS Centre sensoriel da langage ; L son centre motear. 0 Centre sensoriel de l'écriture; B son centre motear. MC Centre moteur. M Filets centraux moteurs. AC Centre d'aperception ; xyz voies centripètes conduisaoi à ce centre; ia,gfeic.t S0S unions ceotriruges.
que les excitations centrales restent timitées aux centres sensoriels, proprement dits; mais leur appréhension par l'attention ou Vaperception est constamment liée à une excitation simultanée des éléments de la région frontale (1). En effet, nous verrons plus lard d'autres phéno-
I. Pour la nature psychologique de la perception et de l'aperceplion, voir la qnalritîino •section.
mènes, qui nous obligent d'admettre, que chaque acte d'aperception est accompagné d'un processus physiologique déterminé. Signalons d'abord la sensation d'effort, qui accompagne surtout les aperceptions plus intenses, au sujet desquelles, nous parlons spécialement d'une activité de l'attention. Avec cette sensation, probablement centrale, de l'attention, se combinent souvent des tensions musculaires, qui doi* vent être attribuées à une excitation motrice simultanée (1). Si en outre, l'attention, qui se comporte de la façon la plus claire à l'égard des images de souvenir, est capable de renforcer l'intensité des sensations, vers lesquelles elle se dirige, l'hypothèse suivante nous rendra compte du phénomène physiologique, qui accompagne l'aperception. Supposons l'organe de l'aperception (A C fig. 65) uni à un double système de voies conductrices : l'un centripète {x y z), qui lui transmet, par des chemins détournés, les excitations sensorielles de tous les organes du corps ; et l'autre centrifuge (I a, g f, etc.), qui amène aux centres sensoriels et aux centres moteurs les impulsions provenant de A C. Selon que les impulsions de ce genre sont transmises aux centres sensoriels ou musculaires, il en résulte l'aperception des sensations ou l'exécution des mouvements volontaires. Très-souvent, ces deux actes ont lieu simultanément : nous apercevons une représentation et nous accomplissons, en même temps, une action extérieure qui lui correspond. Même, quand cette action extérieure cesse, très-facilement certains groupes musculaires sont faiblement excités par sympathie, et alors apparaissent ces tensions musculaires, qui accompagnent l'aperception plus intense. D'après cette hypothèse, le cervelet serait un Oi^ane intermédiaire, où se rassemble d'abord la voie sensorielle ramifiée (x y z)t qui va à l'organe de l'aperception, en suivant une direction centripète. Naturellement, on a émis à ce sujet des présomp*
i. A cause des excîtaUons motrices concomitantes, Ferrier considère l'atten- *'— ^.omme une activité émanant d'un centre moteur déterminé. Selon cet ce centre réside dans le domaine de la zone motrice, gui est situé le plus Lt, dans le cerveau du chien et du singe. En irritant ce centre, il a observé ivements des yeux, des oreilles et de la tête, qui caractérisent l'expression le de l'attention. (Ferrier, Die FuncUonen des GefUrns, p. 255 et 320.) Quand ion est tendue, des coexcitations motrices apparaissent très-fréquemment, ant^ la base fondamentale physiologique du phénomène d'aperception del'après la nature psychologique de ce dernier, être d'abord chercnée dans sessus d'excitation, aboutissant aux centres sensoriels. Cette coexcitation ), qui provoque de la part des organes sensoriels des mouvements convenait adaptés à un but, serait donc uniquement, selon ma conviction, un phés associé à l'aperception. Ce phénomène peut faire défaut ; et, à la vérité, bsent, la plupart du temps, de ces aperceptions, gue, dans la vie ordinaire, ait pas encore rentrer dans le concept de l'attention.
tions très-incertaiDes sur le rôle» que peut avoir rintercalation d'un organe doué d'une structure si complexe. Hais il est toujours évident, que la manière, dont Taperception des représentations se dirige d'après les excitations sensorielles, qui agissent à chaque instant, s'écarte le plus possible du schéma d'un simple mécanisme réflexe. Car, quoiqu'on reconnaisse, toujours ici, une certaine analogie avec l'excitation réflexe, il s'agit cependant de réflexes de l'espèce la plus compliquée. Si donc, dans le réflexe simple, nous trouvons le mouvement occasionné d'une manière nécessaire et unique par une excitation sensorielle, nous parlons, lors de Taperception et du mouvement volontaire, seulement d'une influence régulatrice des excitations sensorielles qui ont lieu ; ceci signifie justement, que les phénomènes intermédiaires, qui exercent l'influence décisive sur le résultat final, nous échappent. La configuration compliquée de cet organe intermédiaire s'expliquerait particulièrement, si des excitations, déjà anciennes, devaient y être mises en jeu par les excitations sensorielles directes. On trouverait alors, que cet organe est une base fondamentale physiologique importante, pour les associations des représentations.
Les voies conductrices émanant de Torgane d'aperception sont, dans chacune des deux directions principales admises par nous, — de la sensorielle centrifuge et de la motrice centrifuge — liées aussi bien directement avec les centres sensoriels (SC, HC) et les centres moteurs (ifC), qu'unies indirectement par des centres intermédiaires, qui représentent, pour certaines fonctions complexes, des points nodaux de transmission. Par exemple, à l'intérieur de la voie sensorielle centrifuge, nous attribuons ce rôle au centre optique verbal et au centre acoustique verbal (0 et A) ; et, à l'intérieur de la voie motrice, au centre de l'écriture et de l'articulation verbale (B et L). En cela, nous considérons cependant les derniers centres, non comme les producteurs autonomes des fonctions qui leur sont ordinairement assignées, mais, d'après la signification déjà indiquée précédemment, comme des anneaux intermédiaires, nécessaires au mécanisme des aperceptions du langage. On pourra se figurer leur rôle physiologique, si on réfléchit que, dès la naissance, dans le centre sensoriel proprement dit SC et HC d'une représentation appartenant au domaine du langage, des phéno* mènes correspondants sont mis en jeu dans les centres sensoriels intermédiaires 0 eiH; d'où alors, l'excitation aperceptrice se tourne simultanément vers ceux-ci et vers les excitations produites dans les centres SC et UC. On attribuerait le rôle de signaux aux phénomènes
it8 FONCTION PHYSIOLOGIQUE DES PARTIES CENTRALES.
produits en 0 et A. Ces signaux se forment de la manière suivante. Pour les représentations du langajçe, il se développe, à part la conduction sensorielle ordinaireet qui va à l'organe d'aperception, des conductions particulières avec les centres intermédiaires ; et, dans ces derniers, les images des sons articulés et celles des mots écrits, liées par l'habitude, sont réunies en signaux distincts. Naturellement, ces signaux doivent être de nouveau considérés, non comme des traces ou des vestiges, adhérant invariablement à certaines cellules, mais comme des processus aussi éphémères, que les processus d'irritation dans les organes sensoriels périphériques ; et ces processus, à l'exemple de tous les phénomènes, qui ont lieu dans la substance nerveuse, laissentaprès eux une tendance à se répéter. Les centres moteurs intermédiaires B et A auraient une fonction analogue- Seulement, les processus, dont ils sont le siège, n'ont pas l'importance des signaux. Ik transmettent et répartissent les forces excitatrices; car, chez eux, conformément aux sigMiiux engendrés en B et A, un acte distinct d'aperception et un acte distinct de volonté (par les voies gf, t?) ou même un effet direct des signaux de l'écriture et des signaux de mots (par les voies ef, z'y) mettent en jeu, sans intervention de la volonté, les excitations motrices correspondantes. Celles-ci sont alors transmises aux centres moteurs généraux MC ; et, de là, passent à l'autre conduction nerveuse, qui va aux muscles,
Donc, — il est à peine besoin de le faire remarquer spécialement — d'après cette hypothèse, le phénomène physiologique accompagnant l'aperception n'est, selon notre opinion, nullement concentré dans une région déterminée du cerveau. Mais, les éléments de « l'organe d'aperception d doivent être considérés, dans un sens analogue à ce qui a lieu pour les centres du langage, purement comme des anneaux intermédiaires indispensables. Le phénomène physiologique lui-même se compose de la somme de toutes les excitations transmises à l'organe d'aperception et des excitations émanant de cet organe. Voici quel est véritablement le rôle dominant de cette partie du cerveau. Son extirpation supprime tous ces processus ; tandis que l'ablation de quelque autre centre coopérateur empêche seulement une partie des aperceptions de se produire. L'extirpation du centre sensoriel du langage, par exemple, supprime Taperception des mots; tandis que l'aperception des images visur;Ki'3 et même des impressions sonores simples est capable encore de s'effectuer.
FONCTIONS DES HÉMISPHÈRES DU CERVEAU. 2i9
Le schéma hypothétiqae de la fig. 65 a pour bat de représenter les idées émises ici et d'eo faire l'application aux unions de l'organe d'aperception avec les centres^ qui déploient lear activité à l'occasion du langage. Les voies à condnction centripète, comme les voies d'union existant entre les centres également ordonnés, sont marquées dans ce dessin par des lignes pleines^ et les voies à conduction centrifuge, par des lignes ponctuées. Mais il faut observer, qu'entre les centres sensoriels et les centres intermédiaires, qui leur correspondent^ comme entre les centres OA et BL également ordonnés, la transmission peut se faire dans les deux directions. Admettons, qu'une série d'impressions, transmises dans le nerf optique S, agisse sur le centre visuel SC : les cas principaux suivants sont posssibles. i<> Les impressions ne sont plus transmises : alors, les sensations restent à l'état de pure perception ou de perception indistincte. — 2« Une excitation aperceptive va, par la voie I a, à la rencontre d'une impression isolée a, que favorisent les excitations affluant par les voies xyz à l'organe d'aperception : la perception de bcd et l'aperception de a se produisent. — 3<» L'impression toule composée ad est relevée par l'excitation aperceptrice, émanée de AC : aperception do la représentation composée ad. — 4<> Outre l'aperception directe de l'impression composée ad, il s'opère une conduction au-dessus de 0 vers le centre A, où un signal, mis en jeo, engendre, par la voie sa8, dans le centre auditif HC, la représentation verbale a$ qui désigne l'image visuelle ad. Simultanément, par les voies xs et Xa, le signal et le mot articulé peuvent être aperçus. — 5« Avec les phénomènes, étudiés dans le numéro précédent s'unissent : (a) une transmission du signal verbal de A, au-dessus de L, vers MC (par e^ et opo) : expression involontaire du mot, qui désigne une représentation aperçue ; (6) une transmission de AC, an-dessus de L, vers MC (par f? et «ppo) : expression intentionnelle du mot en question ; (c) une transmission de HC, au-dessus de A, vers 0, et de là, de nouveau, vers SC, à quelques autres éléments a' d* (non décrits dans la fig. 65) : association involontaire de la représentation verbale avec l'image écrite. — 6'' Si l'impression primitive ad est l'image écrite d'un mot, voici ce qui peut avoir lien : (a) également, l'aperception directe (par la voie la) : aperception d'une image verbale incomprise ; (6) la transmission de ^Cvers 0, et l'aperception par les voies la eike: aperception d'un mot à signification connue ; (c) la transmission de SC vers 0 et celle de 0, au-dessus de A, vers HC, outre l'aperception qua druple par les voies la, ke, xe et Xa : aperception d'une image verbale optique et de son image acoustique correspondante (phéno* mène qui se présente habituellement, lorsqu'on lit), etc., etc. Nous omettons l'énumération de tous les autres cas, susceptibles d'être réalisés par ce schéma. Cependant^ il faut remarquer, que chacune des combinaisons de conduction^ qui sont possibles d'après ce schéma, peut avoir lieu même dans l'expérience psy* chologique. Si, par exemple, la conduction de SC au-dessus de 0 et A vers HC et la simple perception se font par la voie Xa, c'est le cas qui se présente, lorsqu'on lit sans réQexion : nous apercevons directement les mots correspondant
280 FONCTION PHYSIOLOGIQUE DES PABTIES GENTBALES.
anximages écrites ou nous les apercevons simplement, commereprésentations des mots articulés. On peut même se figurer facilement les divers phénomènes, que révèle le tableau symptomatique de l'aphasie. La destruction du centre L ou des conductions, établissant les unions de ce centre, provoqueront l'aphasie ataiique ordinaire, dont la composition intime se règle de nouveau sur la localisation spéciale de la perturbation. L'union opa étant interrompue, la production ou émission des mots sera généralement impossible. Si la conduction y? fait défaut, la formation volontaire des mots est supprimée ; mais, involontairement ou par la répétition mécanique, des mots peuvent encore être produits : signalons par exemple ces cas où, lors de Taphasie complète, les interjections restent conservées. Si la conduction AL est interrompue, au contraire le mécanisme involontaire du langage sera supprimé ; mais, grâce aux efforts de la volonté, des mots se formeront encore. De même (sans avoir besoin de faire d'autres citations), les formes correspondantes de l'agraphie ataxique dérivent des interruptions diverses, qui se manifestent dans les unions du centre B. Si les fonctions des centres A et 0 sont troublées, au contraire les diverses formes de perturbations sensorielles du langage, comme de l'aphasie amnésique et de l'agraphie, apparaissent. A est le siège de la surdité verbale, et 0, de la cécité verbale. L'union entre HC et A, entre SC et 0 étant interrompue, dans le premier cas les mots entendus et, dans le second, les mots écrits peuvent ne plus être compris. Si l'union es. persiste, il y aura peut-être encore une transformation des mots écrits en mots articulés ou de ceux-ci en images écrites. Si, par exemple, dans les cas de ce gonre^ le centre A ou la conduction UCA sont atteints, le malade ne comprendra plus les mots exprimés devant lui ou les saisira avec peine (quand l'interruption des centres est incomplète), tandis qu'il sera en état de lire, saas difficulté, à haute voix (1). Si la fonction des centres A et 0 est purement arrêtée, ou si quelques unes de leurs conductions sont simplement contrariées, alors se montrent ces phénomènes de faiblesse de la mémoire, pour les images des mots et de l'écriture ou pour certaines catégories de mots. Dans ce cas, il faut prendre essentiellement en considération la faiblesse de l'excitation physiologique, qui accompagne les images de souvenir. C'est pourquoi, cette excitation, dans un domaine déterminé, dont la fonction est arrêtée, pourra se trouver constamment au-dessous du seuil de l'excitation (2), tandis qu'une conduction pour les excitations sensorielles externes sera encore possible. Si nous imaginons, par exemple, une situation analogue dans le territoire fonctionnel du centre A, les mots entendus seront perçus et compris, et même après avoir été entendus, ils peuvent être directement reproduits ; au contraire, un renouvellement d'images de souvenir des mots, qui étaient là en dépôt, est impossible.
4. Voir un cas analogue dans Kussmaul, Stôrungen der SprachCy p. 172. 2. Pour la signification de cette expression de ]« seuil de l'irritation ou de l'excitation *, voir page 334.
FONCTIONS DBS HÉMISPHÂRES DU GBRVEAU. 251
Les cas de 06 genre sont jostemeat ceox, auxquels s'appliquent les lois gêné- ' raies de rexercice. Les éléments^ peu communs ou plus rares^ du trésor des mots disparaissent très-facilement ; et certaines images de mots, imprimées depuis longtemps dans la mémoire, ont une fixité, une adhérence très-ferme. L'observation pathologique enregistre même des cas d'incorporation renouvelée des mots, après la disparition presque complète du souvenir du langage. L'oubli de certaines classes de mots s'explique du même point de vue. Abstraction faite de cette adhérence des interjections, que nous avons expliquée précédemment par la physiologie, nous pouvons ranger les phénomènes, dont il s'agit ici, sous la règle suivante : Les moto, qui, dans la conscience, sont constamment liés à des représentations sensorielles concrètes^ disparaissent le pltu facilement de la mémoire. C'est pourquoi^ les noms propres sont le plus souvent oubliés; car, notre mémoire possède de leurs facteurs une image nette, derrière laquelle le mot, accompagnant le nom propre, se retire aisément dans la profondeur ou arrière-fond de la conscience. Après les nom3 propres viennent les concepts concrets des objets, puisque ordinairement nous nous représentons les objets chaise, table, maison, etc., par des images visuelles nettes. Au contraire, les mots des concepts plus abstraits, vertu^ justice, etc., adhèrent avec plus de ténacité dans notre mémoire, parce qu'ici le mot désignatif, éventuellement accompagné de l'image écrite correspondante, doit uniquement représenter le concept dans la conscience. On explique de même l'adhérence plus fixe des verbes et des particules. Le verbe, en tant qu'il désigne le plus souvent une activité, qui peut émaner de divers sujets et se manifester dans des conditions différentes, a un caractère plus général, que le substantif. En ce sens, couper est plus abstrait que couteau, éclairer que lumière, aller que chemin. Et ces cas étranges, où le malade est habitué à désigner verbalement tous les substantifs par une périphrase ; le couteau ce qui sert à couper, la fenêtre ce par où l'on regarde (i), rentrent ainsi dans la même loi générale. Celle-ci n'est, évidemment, qu'un cas spécial de la loi psychologique suivante. A un moment donné, l'activité de l'aperception se tourne, ordinairement et de préférence, vers une représentation et perçoit celle-ci avec d'autant plus d'intensité, que simultanément elle est moins détournée vers d'autres représentations (2). Par conséquent, les excitations physiologiques concomitantes se comportent de même. Pour se représenter un homme, que l'on connaît, l'excitation aperceptrice suivra de préférence la voie l a (fig. 65) ; et les excitations par les voies x c et i a (le son de son nom) n'accompagneront, que faiblement ce^te aperception prédominante ; au contraire, ces dernières excitations existeront spécialement, lorsqu'il s'vgira de se représenter un concept abstrait. De là dépend nécessairement cet exercice des centres, auquel est liée la reproduc-
i. Kossmaul, loc, cit. p. 163.