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Ou l'imperfection

PONCTIONS DES HÉMISPHÂRES DU CERVEAU. 237

animaux et les observations pathologiques, faites chez Thomme, semblent démontrer, que l'étendue, dans laquelle les suppléances peuvent s'exercer, dépend à un haut degré de l'organisation spéciale du cerveau. Après la suppression de masses cérébrales considérables les grenouilles et les oiseaux présentent aussitôt une inertie de toutes les fonctions, mais jamais une paralysie quelconque de la sensation ou du mouvement. Chez le chien, les symptômes spéciaux de dégénérescence, qui existaient au commencement, disparaissent au bout d'un long espace de temps. Chez l'homme, ces symptômes de dégénérescence (si la lésion atteint une étendue considérable) paraissent persister toujours, ou disparaître totalement, si la lésion a eu lieu dès les premières périodes de la vie (1). On n'aurait jamais remarqué, ce semble, chez l'adulte, qu'après une vaste destruction de la zone motrice, la paralysie ait cessé complètement. Par conséquent, la séparation fonctionnelle des parties est véritablement en raison de l'évolution progressive de la structure cérébrale; et, en même temps, la possibilité d'une suppléance est restreinte dans d'étroites limites. Même, pendant le développement individuel, ces rapports semblent se manifester. Si nous laissons de côté les expériences pathologiques, énumérées précédemment, d'après lesquelles les lésions, faites dès les premières années de la vie de lïiomme, se compensent plus facilement, on pourrait interpréter dans ce sens Tobservation de Soltmann, que l'extirpation des centres moteurs corticaux des chiens nouveau-nés n'entraîne aucun trouble moteur notable (2).

L'hypothèse d'une participation uniforme du cerveau à tous ses actes fonctionnels est dénuée de fondement. L'hypothèse opposée, la localisation rigoureuse des fonctions, n'est pas moins débile. Voici la teneur de celle-ci : à part les éléments, considérés comme facteurs delà sensation sensorielle simple et de l'excitation motrice, on doit admettre d'autres éléments pour les concepts logiques, d'autres pour les mouvements de l'âme, etc. Les idées de ce genre servent généralement de base aux descriptions schématiques, que la pathologie esquisse, pour

I. Consult. Ferrier, Localisation de» maladies cérébrales, p. 86.

S. Soltmann, Jahrb f, Kinderheilk, nouT. sér. IX, p. i06. L'absence d'effet, constatée simultanément lors de Tirritation électrique de l'éoorce cérébrale, semble se rattacher au contraire à la faible ezcitabilllé des nerfs et des muscles, observée par le même auteur chez les animaux nouveau-nés (Hofmann et Schwalbe, Jahresbericht der Physiologie, 1877, p. 33). Aussi, il n'est pas nécessaire d'admettre avec Soltmann, que l'arrangement ou la disposition correspondante des territoires corticaux déterminés se forme, généralement, après la naissance de l'individu.

expliquer les troubles centraux du langage. Abstraction faite de la répartition de fonctions complexes dans des éléments simples, on renouvelle ici cette fausse conclusion, mentionnée précédemment, que les éléments, dont Tablation supprime une fonction déterminée, doivent être justement les générateurs de cette fonction (1). Il en est de même de cette hypothèse, due à Tinfluence des mêmes opinions: dans les cellules d'une région centrale déterminée, sont fixées les idées d'une certaine catégorie ; dans les cellules de la sphère visuelle centrale, par exemple, toutes les représentations visuelles, dont dispose l'individu en question. Les idées seraient alors disposées par couches, dans les champs des cellules ; et la destruction de ces champs ferait disparaître ces idées de la mémoire, jusqu'à ce qu'elles soient incorporées dans de nouvelles cellules (2). Cependant, cette opinion a conduit à l'expérience originale, qui consiste à calculer, d'après le chifTres des cellules corticales, le nombre des idées à garder par la mémoire d'un individu. On pourrait aussi bien établir le cluffire des représentations visuelles, d'après le nombre des bâtonnets et cônes rétiniens. Nous avons déjà vu, que les phénomènes, consécutifs à l'extirpation de diverses parties de la sphère visuelle centrale, nécessitent une autre interprétation, si on ne veut pas être contredit par les faits découverts, relativement à la correspondance des centres sensoriels avec les surfaces sensorielles périphériques (3). De même, cette manière de voir, appliquée aux symptômes qui constituent le tableau de l'aphasie, amène aux hypothèses les plus aventureuses. Dans les formes de Taphasie amnésique, on observe, que certains motifs psychologiques déterminent, dans la mémoire, la disparition des représentations de mots. Très-facilement, disparait la provision des noms propres; ensuite, les substantifs, employés plus fréquemment, se perdent ; mais, de la façon la plus ferme, adhèrent les parties plus abstraites du discours, et les interjections, qui servent à exprimer certains mouvements de l'âme (4). Donc, non seulement les représentations de mots seraient déposées par couches, dans le cerveau et d'après des catégories grammaticales ; mais il faudrait admettre, que, par une sorte de hasard étonnant, lors de la destruction partielle du centre

i. Voir plus haut, p. i77.

î. Consolter par exemple Meynert, in Vierteliahrsschr. f. Psychiatrie, de Leidesdorf et Meynept, 1867, p. 80. — Munk, in Archiv f. PhyHologie 1878, p. 164.

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