‹ Éléments de psychophysique générale & specialeChapitre 18 sur 88 · PARTIE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

PARTIE EXPÉRIMENTALE

EXPERISNOES REUTIYES A U SENSATION \

Description de la méthode et de Fappareil. — La méthode que nous avons employée , nous a été suggérée par M. Plateau, le savant professeur de l'Université de Gand.

^ Toutes ces expériences ont été faites à Gand dans le courant des années 1865 et 1866. A la fin de 1866 Je fus appelé à rUni vorsité de Liège pour y occuper une chaire de philologie. Je dus ainsi dans les premiers temps abandonner complètement ce travail qui aurait pu, sans cette circonstance , voir le jour en 1867 ou 1868. J'aurais voulu compléter ou refaire certaines expériences que je signale, mais je me suis aperçu que mes anciens appareils, jaunis par le temps, ou do nouveaux appareils faits avec d'autre papier et découpés avec des différences inévitables ne me fournissaient plus des résultats comparables. C est pourquoi je me suis, dans mon mémoire, borné aux expériences anciennes. J*ai repris depuis la question sous une autre face , et j'ai remarqué , entre autres , qu'il fallait tenir compte de Teffet dit de contraste, et que Féclat d'un anneau augmente ou diminue suivant l'éclat du fond sur lequel il se détache. Cette remarque doit s'ajouter à celles qui sont consignées dans le présent travail , et peut servir à expliquer di^Térentes anomalies,

LA MÉTHODE DÈS CONTRASTES. 6t

Je lui parlais des travaux de Weber et de Fechner qui lui étaient restés inconnus , et je lui communiquais les doutes théoriques que j'avais concernant l'exactitude rigoureuse de leur formule, et l'intention où j'étais de refaire leurs expériences. Il m'apprit alors qu'il avait eu autrefois l'idée de mesurer les sensations lumineuses. C'était lorsqu'il s'occupait de ces admirables travaux sur les phénomènes subjectifs de la vision , travaux qui ont donné à son nom une célébrité européenne. Pour cela, ayant pris deux cartons, l'un blanc, l'autre aussi noir que possible, il avait prié séparément plusieurs personnes compétentes d'en teinter un troisième de manière que la teinte en fût sensiblement intermédiaire entre celles des deux premiers. Ces teintes produites , il avait constaté qu'elles différaient fort peu entre elles. Ayant ensuite mesuré photométriquement celle qui paraissait moyenne entre toutes , il avait trouvé qu'elle émettait environ Va ^^ la lumière de la teinte blanche. Il en avait conclu provisoirement que la sensation pourrait bien être proportionnelte à la racine cubique de l'éclairement. Distrait par d'autres travaux , M. Plateau avait malheureusement abandonné ces expériences.

C'était là un procédé extrêmement heureux, comme on le verra par la suite , pour mesurer les sensations lumineuses. M. Plateau me conseilla également d'appliquer te principe connu des secteurs tournants à la détermination de la gradation des teintes. Seulement, comme il fallait étudier les rapports sentis d'un nombre considérable de teintes,

'ai imaginé de remplacer les cartons à teintes ftxe^

par des cartons à teintes variables, c*est-à-dire dont on pouvait varier les teintes à volonté. L'appareil dont je me suis servi est très -simple. Il se compose essentiellement d'un cercle A, de cinq centimètres de rayon , en carton blanc , et pouvant au besoin se

recouvrir d'un cercle de même étendue en velours noir. Derrière ce cercle il en est un autre d'égale dimension. Tous deux sont collés sur les deux faces d'un autre cercle ayant le même rayon , mais découpé en forme d'étoile. Par cette disposition , ces cercles reunis présentent sur leur tranche un certain nombre d'ouvertures dans lesquelles on peut introduire des portions de secteurs circulaires tels que a, &, c, d, e, /". Ces secteurs appartiennent à trois cercles de rayons diflTérents , croissant de 23 en 23 millimètres. Ces secteurs portent leur évaluation en degrés, et il en faut une série suffisante pour produire tous les arcs entre 1 et 360 degrés.

On a soin que tout l'appareil soit d'une teinte blancbe

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