CONSIDERATIONS FINALES. B
nant le plus possible. C'était plus que nous n*en pouvions supporter ,* et ce fut avec de véritables supplications que nous réclamâmes de lui le silence.
C'est que, au poiut où nous en étions, nous n'avions plus de force de reste pour entendre. La force que l'audition nous enlevait, on aurait pu l'évaluer en mètres de hauteur. Notre ami produisait sur nous le même effet que si l'on eût élevé le Faulhorn sur sa base, ou qu'on nous eût fait redescendre une partie du chemin déjà parcouru.
Cela étant établi, on voit le rôle que vient jouer la force M dans la sensation. Si c'est, par exemple, notre œil qui travaille, cette force se transporte, pour ainsi dire, dans cet organe, et s'écoule par lui, remplaçant à chaque instant la force dépensée par une force nouvelle, et maintenant ainsi l'organe en état de fonctionner. Il en est de même si c'est l'oreille ou les muscles , ou tout autre appareil qui fonctionne. On a donc affaire ici , non à une réparation générale^ mais à une réparation locale. Or, tant que la dépense est modérée, et pour un temps suffisamment limité, toutes les circonstances étant d'ailleurs favorables , on peut admettre que la force de l'organe reste sensiblement la même , et négliger la formule (B). Mais du moment que la dépense est ou très faible ou très forte, il n'en est plus ainsi. L'organe, après un long repos, est extrêmement sensible aux plus petites excitations — tel estTœil habitué à l'obscurité, — Mais , au bout de peu de temps , la force revient d'une manière sensiblement constante au fur et à mesure qu'on la dépense. Réciproquement, si la dépense est très-grande, si lai
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lumière est éblouissante « la force ne revient pas assez vite, et la lumière vient frapper un œil en quelque sorte paralysé : elle a beau croître , Felfet , lui, ne croît plus , parce que, si Ton gagne du côté de l'excitation, on perd du côté de l'aptitude à la recevoir.
De plus, nous l'avons déjà montré, l'excitation peut aller jusqu'à détruire l'organe , à la façon d'une charge trop forte qui fait éclater un fusil. La force totale M est comme contenue dans un vaste réservoir qui s'alimente d'une manière intermittente , et s'écoule incessamment par des ouvertures déterminées , dans un certain nombre de vases plus petits qui déversent leur trop plein au dehors. Ces ouvertures ne sont pas d'un diamètre constant ; suivant les cas, elles s'agrandissent et se rétrécissent de manière que l'écoulement de la masse M se fait davantage tantôt par un point , tantôt par un autre. Mais on ne peut à cet égard dépasser de certaines limites inscrites dans l'organisme. Il ne nous est pas loisible de diriger l'écoulement total vers chacun de ces vases indifféremment; les uns peuvent résister, les autres se brisent *.
Nous partirons de ces principes pour expéri-
1 Ces considérations , comme on le verra dans Tétude suivante, établissent en dernière analyse que les organes fonctionnent le mieux lorsqu'il sont soumis à une excitation déterminée, en rapport avec leur état momentané. Cette excitation est Texcitation normale, mais la grandeur elle-même de cette excitation normale est essentiellement variable.
CONSIDERATIONS FINxVLES. 55
menter la formule de la sensation. Une série notable de nos expériences seront instituées pour des excitations moyennes qui sont censées laisser Tœil à peu près dans son^tat normal. Cependant, même alors , l'influence de la cause perturbatrice se fera sentir , et on l'élimine plus facilement par la pensée qu'en fait.
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