SENSATION DE LUMIERE. — \^^ EXPERIENCES. 6S
aboutir que difFicilement. Puis, partant d'une fausse idée reposant sur les formules et les données de Fechner , nous avons opéré à toutes sortes de lumières , et voulu prendre des moyennes entre des résultats disparates. Il nous a fallu par la suite annuler toutes les expériences qui n'avaient pas été faites dans des conditions à peu près semblables.
Nous avions aussi essayé de prendre des moyennes entre des nombres donnés par des individus différents; ensuite entre les nombres fournis par le même individu, mais dans des expériences continues et, par suite, fatigantes : on verra que Ton n'obtient pas de cette façon des résultats comparables.
Enfin , de nombreuses séries d'essais commencées n'ont pu être utilisées à cause de circonstances fortuites. Tantôt un accident arrivait à l'appareil : par suite de la force centrifuge, les arcs en carton s'échappaient des loges où ils étaient enchâssés; tantôt encore la clarté du ciel changeait brusquement , soit par l'apparition du soleil, soit par l'interposition d'un nuage, soit parce que les heures s'écoulaient; parfois enfin, le temps de l'observateur étant limité , il fallait suspendre la séance avant que l'on eût obtenu une série complète. Bref, pour un nombre utilisé , il en est trois ou quatre qu'il a fallu rejeter.
Dans le principe aussi , nous donnions aux arcs formant les deux anneaux extérieurs, des valeurs quelconques , croyant que les séries que nous obtiendrions coïncideraient parfaitement. Nous n'avons pas tardé à nous apercevoir que des niilliers d'ex-
pérîences ne suffiraient pas pour constituer expérimentalement une série continue. Nous nous sommes alors arrêtés aux anneaux, dont les nombres sont inscrits dans les deux premières colonnes. Ces nombres ont été choisis , parce que , dans la pratique , nous les produisions facilement au moyen de nos cartons. De plus , ils offrent une grande variété de .rapports et amènent théoriquement et expérimentalement des chiffres qui confirment la loi sous la plupart de ses aspects.
Description des expériences. — Ceci dit, voici quelle était la physionomie des expériences.
L'appareil étant disposé, comme nous l'avons dit, et mis en mouvement, l'observateur jugeait si Téclat de l'anneau moyen était intermédiaire entre ceux des anneaux extérieur et intérieur, ou s'il était trop fort. Généralement ce jugement instantané s'impose en ce moment avec force à l'observateur, c'est-à-dire que celui-ci n'hésite pas dans son affirmation, et que la réflexion mDdifie rarement son jugement. Seulement , s'il contemple trop longtemps l'appareil , ou s'il se fatigue, la teinte la plus claire perd son éclat et a besoin d'être renforcée. Ceci est conforme à la théorie, et aussi à l'expérience , comme nous le verrons plus tard. L'observateur avait-il jugé l'éclat trop fort ou trop faible, nous renforcions ou diminuions celui de la zone intérieure pour rétablir l'équilibre.
Si nous avions mis l'anneau intérieur à peu près au degré indiqué par la théorie, nous aurions presque toujours obtenu tout de suite une réponse affirmative , et il nous eût été facile de présenter des