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VARIATION DES CONTRASTES

circonférence un irait noir de 4 millimètres. Si ce disque se met à tourner, on aura une série de huit anneaux gris de plus en plus faibles , en allant du centre vers la circonférence. Nous disons de plus en plus faibles. En effet, si nous représentons par a la circonférence d'un centimètre de rayon , qui est de 62,832 millimètres, celles qui ont 2 , 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 centimètres de rayon sont respectivement tie 2a, 3a, 4a, Sa, 6a, 7a, 8a et 9a. Or, puisque, pour former les anneaux, on a enlevé à chacune de ces circonférences 4 millimètres, cela revient à dire qu'il reste à la première 2a — 4, à la seconde 3a — 4, à la troisième 4a — 4 millimètres, et ainsi de suite, c'est-à-dire que les anneaux sombres tranchent de moins en moins sur le disque Wanc.

Pour multiplier les épreuves, nous avons dé-

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coupé trois bandes d*environ 6 millimètres de largeur; Tune est restée complètement blanche ; quant aux deux autres , sur la première furent tracés de& traits de deux millimètres de lai^e, et sur la seconde des traits d*un millimètre de large; ces baudet s'adaptaient au disque précédent, de manière à cacher ou découvrir au besoin les traits de 4 millimètres» Cette combinaison permettait de produire à volonté sur chaque circonférence de 2, 3,... 9 centimètres de rayon , des traits noirs ayant en développement à volonté, 1, 2, 3, 4, 8, 6 ou 7 millimètres de largeur.

Cela posé, voici comment nous avons procédé.

La bougie poiivait courir entre 1 et 4 mètres. On ne laissait d'abord voir que la bande aux traits noirs d'un millimètre — puis celle de 2 millimètres — puis ces deux bandes à la fois , ce qui donnait des traits noirs de 3 millimètres — puis , la bande blanche cachant ces deux-ci, on laissait voir les traits de 4 millimètres tracés sur le disque — puis ceux-ci et les traits d'un millimètre — ensuite les mêmes et ceux de deux millimètres — enfin les traits réunis de 4 , 2 et 1 millimètres. On produirait de cette façon des anneaux gris , tranchant de plus en plus fort sur le fond de l'appareil ; or, les épreuves établissent à l'évidence — comme , d'ailleurs , on pouvait s'y attendre — que plus l'anneau est pâle , plus la bougie doit se rapprocher pour qu'il puisse être distingué.

Il vient d'être fait mention de la faculté que nous possédons de juger du degré absolu de lumière. Pour constater jusqu'où * elle s'étend , il suffit de

SENSATION DE LUMIERE. — 3°^«s EXPERIENCES. 79

considérer avec quelque attention les contrastes lumineux qu'offre un appartement où le jour pénètre avec peine. Le moindre nuage qui passe sur le ciel les modifie dans leurs intensités et leurs rapports. En voici une preuve frappante. J'assistais à une séance de portrait. Le modèle était pressé , le jour était sombre ; et , posté devant ^a toile , le peintre s'impatientait. Par moments , le ciel voulait s'éclair-. cir, et alors son visage, éclairé uniquement par le reflet de la toile, se piquait de points brillants. Or, des changements , qu'il ^ût été impossible de noter en jetant les yeux vers la fenêtre , se marquaient d'une façon sensible sur les traits de Tartiste.

Troisième série d'expérienees ayant pov but de déterminer

la valeur de c.

Expériences et conséquences à en tirer.

— Si l'on s'en rapporte aux expériences qui ont trait aux théorèmes IV et V, page 71 , pour déter* miner la valeur de c, et dont nous n'avons pas reproduit le tableau , on trouve que c = 0,33, pour Sn = 127,8 ; que c = 1,7 , pour S — 122,3 ; que c = 0,68 , pour S^f = 126,3 ; que c = , pour 5" == 129,4 ; enfin que c = 0,78 , pour S» = 126 , moyenne entre 122,3, 126,3 et 129,4, c'est-à-dire entre les nombres fournis par les expériences de jour- Ces résultats signifient que la quantité c est égale à l'éclat produit par un arc de 0,33 degré vu avec réclairement d'une bougie placée à la distance de 25 centimètres , ou d'un arc de 1*^7 vu par un jour

gris , etc. Quant au résultat c => , il prouve que la

lumière était trop forte et que Ton avait dépassé la limite déterminée par le théorème III.

Mais cette méthode est elle-même trop peu susceptible de précision pour être convenablement appliquée à la recherche d'une quantité aussi petite que c. Nous avons donc eu recours à une méthode différente. Elle consistait à déterminer la distance à laquelle la bougie devait être placée pour que l'œil de l'observateur jugeât égaux deux contrastes donnés, par exemple ceux de 13/41 et de 41/100.

Nous n'entrerons pas dan&le détail des expériences. Relevons seulement les trois points suivants qui semblent en résulter :

1<» c varie d'un individu à un autre ;

2^ c ne reste pas constant pour un même individu pris à des moments différents :

S"" c reste sensiblement constant pendant un intervalle de temps assez considérable pouvant s'élever à plusieurs heures, pourvu que cet intervalle soit convenablement choisi.

Ce dernier point ne nous parait pas douteux. Les deux autres sont, sinon démontrés, du moins hautement vraisemblables.

Quoi qu'il en soit , on voit que c est assez petit , mais possède pourtant une valeur parfaitement appréciable et mesurable , et nullement à négliger dans les calculs. On voit aussi que c varie entre des limites très étendues, puisqu'il peut devenir deux, trois et peut-être même dix fois plus grand que sa valeur minimum.

On lit dans Fechner que la lumière propre à l'œil est égale à l'éclairement d'un écran de velours noir

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