‹ Éléments de psychophysique générale & specialeChapitre 36 sur 88 · LA FATIGUE. — DIFFICULTES DES EXPERIENCES · texte numérisé non relu

LA FATIGUE. — DIFFICULTES DES EXPERIENCES

certaine limite, répuisement devient sensiblement uniforme et constant ; et Ton fournit des fins de séries en tout semblables aux séries de A.

Parmi les séries nombreuses que nous avons obtenues de beaucoup d'expérimentateurs , que nous ne pouvons assez remercier pour leur complaisance, nous en notons trois de D dont la dernière comprend près de 350 chiffres et une de P. Elles suflSsent pour confirmer cette remarque que Ton peut faire à propos de toutes les séries de quelque étendue.

Il semble donc que la nature , quand elle s'aperçoit que les forces s'épuisent, impose rigoureusement l'économie ; et , sans recourir à des métaphores spécieuses , comme c'est à la volonté qu'on fait appel pour produire l'effort musculaire maximum , on conçoit sans peine que , la force diminuant , la volonté elle-teême manque de force pour donner des ordres vigoureux. Voilà pourquoi, dans la suite, pour démontrer définitivement la formule , nous nous sommes contenté de séries de cinq nombres.

Difficultés de la mise en œuvre des résultats. — Là ne s'arrêtent pas les difficultés de la méthode. On croirait peut-être qu'avec un grand nombre de séries de toute nature on pourrait construire des moyennes. Illusion ! Nous avions inscrit dans une colonne verticale tous les nombres amenés depuis 90 jusqu'à 4, et sur une ligne horizontale, en face de chacun d'eux , nous avions indiqué tous les nombres qui l'avaient suivi dans les différentes séries. Par exemple , le nombre 40 avait été suivi des nombres 36, 41 , 42, 41 , 38 , 34, 36, 50, 37, 38, 38, 40, 41, 33, 35, 40, 35, 40, 34, 40, 35

— moyenne 38,3. Il semble , à première vue , que ce procédé puisse être suivi. Cependant le nombre 44 se trouvait, par exemple, suivi des nombres 3S, 48, 47, 42, 40, 47, 47, 44, 40, 44, 41, 46, B3, 43 , 40, 37 , — moyenne 43,4 ; résultat peu en harmonie avec le précédent. C'est que , pour rencontrer une fois un nombre donné, il faut compulser un grand nombre de séries. Or, chez tel expérimentateur, ce nombre est en tète de la série et suivi de nombres beaucoup plus bas ; chez d'autres , ce nombre tombe dans la période de mollesse et précède des nombres relativement élevés. Tel nombre ne se trouve jamais que dans les périodes de mollesse; tel autre dans les périodes d'énergie. Pour arriver, par cette méthode, à des moyennes probables, il faudrait qu'un même expérimentateur , opérant toujours dans les mêmes conditions, c'est-à-dire commençant à peu près par les mêmes nombres, se livrât à cet exercice plusieurs heures tous les jours , pour fournir une suite très-considérable de séries comparables; il faudrait que chaque nombre eût été amené au moins une cinquantaine de fois dans des circonstances à peu près semblables.

De cette façon même oserait-on se servir de ces moyennes ? C'est douteux. Comment oser comparer, par exemple , les trois séries schématiques et régulières suivantes qui renferment toutes trois les nombres 100 et 80?

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