LA FATIGUE. — RESULTATS
Jusqu'à quel point pourrait-on dire que la moyenne après 100 est | ( 80 + 90 + 98) = 88,3 ; et que la moyenne après 80 est i ( 64 + 72 + 77) = 71 ? Nous ne savons si le calcul des probabilités pourrait aborder une question aussi délicate.
Mais combien la question est plus épineuse encore quand on accepte les chiffres réels , lorsque les nombres sont , par exemple , les suivants pris dans des séries, pourtant presque régulières , provenant de la même personne :
Ces séries, obtenues à différents intervalles, appartiennent, pour ainsi dire, à des personnes différentes.
Méthode employée. — C'est pourquoi nous avons cru devoir opérer nous-méme. Nous pouvions de cette façon apprécier par l'avance l'énergie que nous mettions à faire le maximum d'effort; nous constations intérieurement les moments de défaillance , et nous rejetions par avance toute série dont un des nombres nous paraissait vicié. Comme nous Tavons dit plus haut, nous nous contentions de cinq nombres. Il devenait dès lors évident qu'un nombre trop faible troublait trois des quatre rapports que ces cinq nombres fournissaient. En effet , soient a, ft, c, d, e, ces cinq nombres , et supposons que c soit trop faible ; les rapports b : c, et c : d ne seront plus exacts ; d'un autre côté , comme nous
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l'avons fait voir, d a gagné en force ce que c avait eu en moins , de sorte que les rapports c : d eid: e sont eux-mêmes altérés pour cette cause.
Ensuite nous rejetions encore à posteriori toute série qui présentait des anomalies trop sérieuses, bien que nous ne nous fussions pas aperçu d'une défaillance. Ainsi était écartée toute série oîi un nombre quelconque était plus fort que le précédent.
De plus, nous essayions d'obtenir le même jour, et de préférence le matin, plusieurs séries. Nous avions remarqué en effet qu'après les repas et suivant leur nature , les nombres avaient un tout autre caractère qu'avant ; et que toute série un peu longue changeait, de physionomie suivant les progrès de la digestion.
Les séries obtenues de la nouvelle manière étaient comparables. Nous mettions un intervalle d'une dizaine de minutes après la production de chaque série. Généralement de cette façon nous obtenions des séries de même figure.
Enfin , si cependant une série s'écartait pour le caractère des séries sœurs , nous la rejetions aussi de ce groupe, et nous la réservions pour un groupe à part.
D'après le théorème I , page 44 , les nombres de ces séries doivent être en progression géométrique. En effet, d'après l'énoncé de ce théorème, pour des accroissements de fatigue égaux , les accroissements de dépense ou de travail suivent une progression géométrique. La fatigue a passé par les phases 0, 1, 2, 3, 4, 8, et le travail produit a été respectivement chaque fois a , ft , c , rf , e. Ces derniers nombres