‹ Éléments de psychophysique générale & specialeChapitre 72 sur 88 · ATTRIBUTS CINBMATIQUES ET ESTHÉTIQUES · texte numérisé non relu

ATTRIBUTS CINBMATIQUES ET ESTHÉTIQUES

par la motilité sous la forme de notions ; les seconds par la sensibilité sous celle de qualités (sensibles). Le mouvement, la durée, le temps, la vitesse, la longueur, la distance, la direction , la situation ou le lieu, l'espace, la forme, telle est rénumération complète des notions cinématiques. Il est impossible de faire rénumération des qualités esthétiques, car leur nombre dépend du nombre de nos organes de sens ; ce sont , par exemple , l'odeur , le goût , la couleur, le son, la température, etc.

Cette division est importante. Par les sensations seules l'être sensible ne peut sortir de lui-même , il né peut avoir la notion d'un objet extérieur; ce sont les phénomènes motiles qui le mettent à même de porter un jugement sur ce qui est en dehors de lui, et, par suite, d'être connaissant.

Sans contredit, l'animal le plus infime a une certaine notion du mouvement, de la durée, du lieu, de la forme; et cependant il peut être aveugle, sourd , sans goût , sans odorat. On a vu comment il a l'idée de lumière, de son, etc.; on sait que c'est par l'intermédiaire d'appareils spéciaux. Les idées du mouvement , du temps , de l'espace sontelles fournies, elles aussi, par des appareils propres? Nous allons essayer de prouver qu'elles dépendent uniquement du sentiment de l'effort en tant que guidé par un organe de sens adventice ou mieux permanent, quel que soit d'ailleurs ce sens. En conséquence, si l'on s'en rapporte à ce qui a été dit au début de ce travail, on peut accorder aux plantes les sensations (esthétiques) , mais aux animaux seuls les notions (cinématiques).

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Le Jugement d^extériorité ou la perception externe. — Reprenons l'hypothèse d'un animal tout élémentaire, c'est-à-dire doué d'une sensibilité simple, et, dans l'univers, ne considérons qu'un corpuscule matériel. Imaginons que ce corpuscule agisse par contact sur l'animal en un point déterminé de son corps. Ce point touché est un organe adventice de pression , et l'animal y ressent une pression différenciée des autres pressions qu'il subit. L'animal n'a pourtant pas pour cela de sensation, car si la pression dure depuis un certain temps , l'animal s'y est accommodé, la sensation a disparu , et il s'est identifié avec le corpuscule. Mais comme il est doué de mouvement , il peut augmenter ou diminuer cette pression à son gré ; et il s'aperçoit que, du moment qu'il fait un certain effort, il en résulte pour lui une sensation positive ou négative suivant le sens de l'effort. Cependant V animal ne peut pas encore savoir que le corpuscule n'est pas lui.

Il n'en est plus de même si le corpuscule est mobile. Admettons que , à la suite d'un mouvement de poussée de la part l'animal , le corpuscule vienne à se détacher , l'animal va éprouver une diminution de pression à laquelle il ne pouvait pas s'attendre. Au premier instant donc il a ressenti une pression , voulue à certains égards ; mais au deuxième instant, il ressent une diminution de pression qui n'est pas un effet de sa volonté.

Admettons maintenant que , par un nouvel effort voulu , il rejoigne le corpuscule et rétablisse l'égalité de pression ; il s'apercevra que cette égalité a été

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