‹ Eléments de séméiologie infantileChapitre 92 sur 102 · CAS EXAMINÉS · texte numérisé non relu

CAS EXAMINÉS

RÉACTION obtenue.

POnriCENTAGE de la réaction.

Fièvres typlioïdes 79

Fébriculcs 26

Fièvres typhoïdes 163

Fébriculcs 30

Des recherches récentes ont prouvé cependant que la séroréaction peut manquer. — comme nous lavons dit, — mais très rarement : si elle est absente dans une période de la maladie, on rencontre la réaction positive dans une autre période, et niéni( dans la convalescence.

On doit donc essayer toujours le procédé diagnostic de la séro-agglutination, si facile, et à la portée de tous, dès qu'on utilise les cultures formulées, qui se conservent plusieurs mois. La réaction, presque toujours précoce chez les enfants et donnant un bon signe de certitude, est d'une valeur plus grande qm' le fibrino-diagnostic.

Ce procédé se base sur un fait : on sait qu'en examinant suiune lame à rigole le sang dans les maladies phlegmasiques, on remarque un reticulum de fibrilles épaisses dans les espaces interhématiques. Or, ce réseau qui existe dans la méningite cérébro-spinale, la grippe, l'embarras gastrique, les streptococcies. manque dans la granulie. les exanthèmes fébriles et la dothiénentérie.

Cependant si ce phénomène, même aidé de l'examen de la leiicocvtose (dont nous avons déjà parlé et qui doit l'accompagner; peut se montrer chez les tvphiques vrais, son absence ne permet pas d'éliminer la tuberculose, ce qui diminue sa valeur pour le diagnostic différentiel de la fièvre typhoïde (Masbrenier; .

Fièvre jaiine. — La séro-agglutination avec le bacille ictérïode se montre plus fréquente dans les deux dernières périodes de la maladie. Le phénomène est plus rapide avec le sérum pi'éparé par Sanarelli (Terni). 11 n'existe pas de recherche spéciale quant à la courbe leucocytaire de la fièvre jaune infantile.

Maladies du tube gastro-intestinal. — Les maladies du tube gastro-intestinal sont celles qui produisent le plus grand nombre d'anémies dans le jeune âge, et avec les caractères déjà signalés. C'est dans les entérites chroniques que se dessinent le mieux les altérations hématiques, avec réduction des

érythrocjtes (2: 000 000) et de l'hémoglobine, et la leucocjtose, avec les formes globulaires des anémies graves.

Dans les gastrites, dans l'ulcus de l'estomac, dans l'ulcère du duodénum, la leucocvtose n'est pas commune, mais on l'observe ; on la rencontre, fréquemment, dans l'obstruction intestinale.

Agglutination du ]coli-bacille. — Les recherches réalisées par Pflalndek, chez 700 enfants, ont prouvé que' les colibacilles, ne sont pas agglutinés par le sérum d'individus sains, chez lesquels ont été pris ces bacilles, mais que « l'agglutination se produit dans certains cas de colite infectieuse et dans d'autres où le coli-bacille, sans être la cause de l'affection gastrointestinale, intervient à titre d'agent effectif dans les complications (cystite, péritonite), qui se sont produites au cours de la maladie primitive ».

Tuberculose. — Depuis qu'ÂRLOixt; a montré qu'on pouvait obtenir le phénomène de l'agglutination du bacille de Koch, en le cultivant en bouillon glycérine, fréquemment agité, et en se servant pour la cultui-e de matras cylindriques à fond plat, le diagnostic de la tuberculose est entré dans une voie nouvelle.

Le procédé aujourd'hui employé par Arloixg et Courmoxt consiste simplement, lorsqu'on a obtenu une culture homogène du bacille tuberculeux, à l'entretenir régulièrement, ainsi qu'on fait avec les cultures du bacille typhique. Actuellement les cultures formolées, distribuées par ces médecins, conservent leur pouvoir agglutinant pendant une quinzaine de jours et sont si sensibles que les cultures vives donnent des résultats en trois à six heui'es.

Ce procédé, incomparablement plus facile et plus pratique que celui de Koch, rendra d'inestimables services à la pédiatrie : il faut que le pouvoir agglutinant des cultures se maintienne pendant un espace plus long de quinze jours et qu'on trouve partout et facilement des cultures agglutinantes. La tuberculose des nourrissons est le plus souvent une tuberculose fermée, sans expectoration et s'extérioi'isant très mal. La séro-agglutination seule,

ÉLÉME.VTS DE SÊUtlOI.OGIE INFANTILE. 33

sans les inconvénients de l'épreuve par la luberculine, pourra aider le médecin denfanls à éviter des erreurs, malheureusement si fréquentes.

Pour démontrer lutilité duséi'o-diagnostic il suffit de rappeler qu'ARLOiNG et CouRMdNT out obtenu l'agglutination positive en des sujets sains en appai-ence (26, 8 0/0), dont la majorité, décédée pendant une épidémie de grippe et par broncho-pneumonie, a présenté à l'autopsie des lésions tuberculeuses demeurées absolument latentes pendant la vie.

Influenza, coqueluche. — A moins de complications, la leucocytose ne sobserve pas dans Tinfluenza, tandis qu'elle est très abondante dans la période paroxystique de la coqueluche. Frôlich a confirmé ce fait en remarquant, dans la 3""^ et la 4™^ semaines de la maladie, une plus grande leucocytose, (jui n'était, d'ailleurs, pas toujours en rapport avec l'intensité de l'affection ou avec l'âge du malade. La leucocytose, surtout remarquable quant à l'augmentation des lymphocytes, provient d'une réaction individuelle, de la présence, d'après Frôlich, dune toxine douée de propriétés chimiotoxiques positives.

Choléra et rhumatisme. — Dans le choléra et le rhumatisme, on observe une leucocytose modérée, avec oligo-hydrémie dans le premier cas, et destruction d'hématies dans le second.

Pneumonie. — La leucocytose est notable dans la pneumonie lobaire, et sa présence, jointe à une haute température quotidienne, conduit au diagnostic, même en l'absence de signes stéthoscopiques. Quant au pronostic, les pneumonies graves sans leucocytose sont invariablement mortelles (IIead).

Maladies des voies respiratoires. — La leucocytose moyenne appartient aux maladies des premières voies aériennes et à la pleurésie séreuse. Elle manque dans la pleurésie tubei'culeuse, est abondante dans la pleui'ésie septique, dans les abcès pulmonaires et dans la gangrène.

SANG ET LYMPHE y79

Asthme. — A l'asthme appartiennent les cellules oxyphiliijues.

Ictère du nouveau-né. — Knoepfelmacher, qui a étudié les ictères du nouveau-né sous le l'apport des hématies, est arrivé aux conclusions suivantes : i^ Le nombre d'hématies, qu'on trouve chez les nouveau-nés pendant la première semaine de la vie, n'est pas influencé par l'ictère ; les modifications qu'on constate dépendent des modifications de la quantité du placenta ; 2:'-' La résistance des hématies au moment de la naissance est égale à celle des hématies de l'adulte et n'est pas modifiée pendant les premiers jours par l'ictère, même particulièrement intense; 3° L'examen microscopique du sang du nouveau-né ne permet de constater, pendant les premiers jours, aucun signe de destruction des hématies ; il montre, au contraire, l'existence dune néoformation très active d'hématies.

Maladies du foie. — Les altérations hématiques sont peu fréquentes dans les maladies du foie, où les lésions anémiques proviennent presque toujours d'altérations intestinales. C'est ce qui a lieu dans les cirrhoses, en général, mais la leucocytose apparaît quand les canaux biliaires sont attaqués. On l'observe dans l'atrophie jaune, dans l'abcès, dans la stéatose phosphorique, dans les kystes hydatiques.

Myxœdème. — Selon Lebretox, l'examen du sang dans le myxœdéme révèle :

Erythrocytes I 750 000

Leucocytes tOOO

Hémoglobine. . ijo p. 100

Quelques érythroblasles, leucocytose par des cellules mononucléaires.

Le traitement modifie ces conditions hématiques.

Maladies du système nerveux. — Dans les maladies du système nerveux, le diagnostic tire peu de parti de l'examen

580 ÉLÉMENTS DE SÉMÉIOLOGIE IMANTILE

du sang. 11 est cependant de valeur pour l'exclusion, ou non. de la syphilis, dont les caractères hématologiques sont connus. Quant au diagnostic de la fièvre typhoïde et de la grippe avec phénomènes méningitiques, le diagnostic est facilité par ce fait que l'on observe dans la méningite non tuberculeuse la leucocytose (14.000 par millimètre cube, d'après Cabot), ce qui n'a pas lieu dans linfluenza et dans la dothiénentérie.

Maladies de la circulation. — Les altérations hématiques ont peu de valeur dans les maladies de la circulation, où ces altérations sont presque toujoui's dues à des alTections aiguës intercurrentes.

Néphrites. — Dans les néphrites chroniques, la réduction du nombi'e des érythrocytes et celle de l'hémoglobine sont, d'ordinaii'e, moins importantes que dans les états aigus, où l'on observe également une plus grande leucocytose.

Paludisme. — Les auteurs accordent une grande valeur, pour le diagnostic clinique du paludisme aigu, à la périodicité. aux congestions viscérales, au succès de la médication quinique, mais surtout à l'examen microscopique du sang, à la vérification de l'hématozoaire de Laverax ou de la mélanémie.

Cela ne veut nullement dire que. sans la recherche hématologique, on soit dans l'impossibilité dallirmer l'existence du paludisme, proposition énoncée que l'on a prétendu transformer en doctrine acceptable et judicieuse. Cependant le diagnostic hématologique est souvent nécessaire; il est indispensable et le seul possible en diverses formes à caractères pernicieux et dans quelques affections (jui peuvent être confondues aveicertaines modalités palustres. C'est ce qu'enseigne Patrick Mansox, d'ailleurs fervent adepte de l'examen microscopique du sang pour le diagnostic de la malaria. « Le diagnostic des accès ordinaires, dit-il peut-être retardé un ou deux jours sans grand danger, et on peut clablir leur diagnostic, d'une manière suffisante, sans le secours du microscope ; mais à tout moment il est possible qu'il survienne un accès pernicieux,

dont la nature demande à être reconnue promptement et avec précision par le praticien ».

l'our examiner le sang de l'enfant, on emploie la même technique que pour l'adulte. Le professeur Celli conseille de piquer avec une épingle le lobule de l'oreille et de déposer le sang, en couche très mince, entre la lame et la lamelle.

Tous les bactériologistes s'accordent à reconnaître la facilité d'observer l'hématozoaire de Laverax, et Patrick Maxsox a pu dire qu'il suflit ilc cinq minutes pour obtenir l'épreuve positive. Cela est surtout vrai pour l'accès pernicieux, où, selon les expressions de Laverax, les éléments parasitaires se rencontrent dordinaire en grand nombre, et, par suite, leur recherche est facile dans ces cas. L'observation des amébules estivo-automnales pigmentées offre, cependant, des diflicullés qui exigent du médecin la connaissance pratique de l'examen hématologique du paludisme (Celli).

Ktant donnée la facilité relative avec laquelle se recherche l'hématozoaire, il semble que l'examen microscopique aurait dû être entré dans la pratique courante, et devenir l'élément précurseur de la thérapeutique. Quoique puissent le déplorer les enthousiastes de la bactériologie, le fait ne s'est pas encore produit, et, lors même que l'instruction médicale deviendrait suffisante en cette matière , tout le monde sait que le microscope n'est pas un instrument portatif. Dans un pays palustre, et devant un cas probable d'accès pernicieux, le médecin de campagne agira plus sagement en injectant de la quinine, qu'en laissant le malade sans médication, dans l'attente du mot d'ordre du microscope. Aussi l'examen du sang dans le paludisme n'entrera-t-il en pratique — malheureusement — (jue dans les villes, dans les localités ou la locomotion l'st facile et rapide.

Une fois que l'on a rencontré l'hématozoaire, le paludisme doit (■■tre accepté. L'épreuve négative n'a pas, toutefois, la valeur décisive qu'on a voulu lui attribuer. C'est ce qu'enseigne Patrick .Maxsox : « Les résultats négatifs d'un seul examen microscopique ne sont pas aussi acceptables que les positifs; mais, si le juédecin possède de l'expérience et qu'il ait eu l'occasion de

procédi.T à des recherches en temps convenahle et dans un cas non traité par la quinine, ils sont également concluants ».

Cette opinion, qui trouve une fréquente application dans le paludisme chronique, est d'accord avec celle de Laverax. « SI, dit-il, lexamen du sang révèle la présence de l'hématozoaire du paludisme, le diagnostic de cachexie palustre s'impose ; mais il faut se rappeler que, chez les cachectiques qui nont pas eu d'accès depuis quelque temps, les éléments parasitaires font souvent défaut dans le sang périphérique ; leur absence ne prouve donc rien, si d'ailleurs le malade présente les signes caractéristiques de la cachexie palustre. »

En se réféi'ant à ces mêmes cas, Catrix s'exprime en ces termes : « Il n'y a qu'un signe certain pour le diagnostic, c'est la présence de l'hématozoaire de Laverax ou la mélanémie. Toutefois, M. Laverax lui-même le reconnaît, la rareté des hématozoaires dans le sang périphérique peut rendre leur recherche difficile et, si le diagnostic est définitif lorsque l'examen a révélé l'existence de l'hématozoaire, il faut se garder, si cet examen est négatif ou le parait, d'affirmer (juil ne s'agit pas de malaria. La clinique conserve dans ces cas toute son ancienne prépondérance » .

En ce qui concerne la pédiatrie, il y a beaucoup à faire relativement à l'examen du sang. On possède, d'un cùté, les investigations, très souvent citées, de IIochsixciEH. dans lesquelles la recherche hématologique a toujours révélé l'hématozoaire pour les cas diagnostiqués cliniquement de paludisme. D'un autre côté, KoPLicK a vérifié l'existence de la mélanémie ou de l'hématozoaire (éléments caractéristiques en somme), chez des enfants qui ne présentaient pas plusieurs des symptômes communs et classiques de la malaria. Du reste, Koch a signalé l'hématozoaire chez des enfants, qui se montraient bien portants.

On voit donc que le tableau du paludisme infantile ne doit pas tarder à être modifié, et nous sommes convaincus que la réforme consistera à diminuer l'amplitude extraordinaii'e, (jui lui a été donnée par quehjues auteurs. C'est, du reste, le jugement du professeur Coxcetti : « La plupart des formes typiques et atypiques d'impaludisme de l'enfance, que l'on prétend voir dans

la pratique et que l'on décrit dans les ouvrages et dans les monographies, manquent du seul et unique critérium fourni par Texamen du sang . . . Cest une étude à refaire complètement et. si nous soumettons à lépreuve de l'examen du sang lasymptomatologie clinique, on verra combien on a abusé du mot malaria dans les maladies les plus diverses de l'enfance ».

L'épreuve affirmative a, comme nous l'avons dit, une grande valeur. Cela est incontestable. Toutefois, la présence de Ihématozoaire ou de la mélanémie n'exclut pas d'autres infections, et ce fait diminue de beaucoup la valeur de la recherche bactériologique. Dans les pays chauds, on a pu rencontrer la coexistence de la fièvre jaune ou de la fièvre typhoïde avec le paludisme.

Les études de P(jthikr, réalisées à la Nouvelle-Orléans, et avec toute la rigueur scientifique, lui ont permis de conclure : « La présence de l'hématozoaire n'exclut pas la possibilité de la fièvre jaune ». 11 importe de noter que l'hématozoaire ne paraissait pas seulement dans la convalescence, bien que ce fût le fait le plus commun.

Les cas de coexistence des éléments typhique et malarien (de la fièvre dite typho-malarienne de Woodward) ne constituent pas une rareté, et cette coïncidence est révélée par la présence de l'oscillaire de Laveran et du bacille d'EBERTH. Irving Philipp Lyon a pu. à cet égard, établir la statistique suivante :

Osier . . .

Da Costa .

Kinyon . .

Thompson Laveran.

Vincent . .

MORTALITE

Ul,50l

Ces faits nous montrent combien procèdent à la légère ceux qui, dans les pays de malaria, excluenl le paludisme dans le diagnostic d'une maladie fébrile, par le seul motif qu'il a été rencontré le bacille dEBKRXH dans les fèces, par exemple, ou ([ue l'on a vérifié dans l'urine la dyazo-réaction, ou bien que l'épreuve hématique de Widal a été positive dans le sang.

Il est vrai qu'il n'existe pas, à cet égard, d'études consacrées spécialement à la pédiatrie. Les observations que nous citons ont uniquement pour but de placer sur son véritable terrain le diagnostic hématologique du paludisme, dont la grande valeur est indiscutable.

En science, on ne saurait admettre d'enthousiasme, de chauvinisme, qui indiquent torijours une demi-science, une connaissance superficielle du sujet. Les questions fermées seraient seulement possibles si, comme le dit Dauchez, « il n'était malheureusement démontré que toute vérité scientifique demande vérification, contrôle, souffre discussion et ne peut que gagner à être reprise en s'étajant sur des observations cliniques » .

Filaire. — Les maladies causées par les filaires attaquent peu l'enfance. Le diagnostic hématologique n'offre, à cet égard, rien de particulier à la pédiatrie. Le professeur Chapot-Prkvust a vu un enfant, traité pendant longtemps par la quinine, et dont le sang présentait des embryons de filaire.

Manifestations hémorragiques . — Les manifestations hémorragiques peuvent être considérées sous divers aspects : leur étiologie. le point où elles se produisent, les phénomènes morbides qui les accompagnent. Tous ces éléments, cependant, éclairent moins le praticien que celui qui se rapporte à l'époque où se présentent les hémorrhagies. C'est, en effet, une indication vraiment importante pour le clinicien que de savoir l'âge, la période de la vie d'un petit malade atteint d'hémorrhagies : celles-ci forment un syndrome spécial chez le nouveau-né, tandis que, dans le reste du cours de l'enfance, elles rentrent, mutalis miitandis, dans la séméiologie générale.

SANG ET LYMPHE oSlJ

Hémophilie. — Comme dominant toutes les périodes, figure la cause gi-nérale de Ihémophilie, entité, pour ainsi dire, mal définie, dont le champ d'action se restreint de plus en plus, en raison directe du progrès des connaissances médicales.

On doit donc placer au premier.rang, pour le diagnostic, cette tendance morbide c^ la production d'hémorragies par les plus légères blessures accidentelles ou chirurgicales, l'avulsion dune dent, l'incision du filet de la langue, la section du cordon ombilical, etc.

Hémorragie chez les nouveau-nés. — Chez le nouveau-né, les hémorragies s'observent :

1" A l'omhilic. Ou la ligature du cordon n"a pas été bien faite (elle est trop hiche ou trop serrée, de façon à déchirer les tissus), et la respiration, s'effectuant mal, permet l'écoulement du sang veineu.\ : ou il existe des causes plus importantes.

Au premier rang de ces dernières, figurent les ictères, la maladie de BiHL et l'hémophilie, déjà citée.

F/infection des vaisseaux de l'ombilic (artérite et phlébite) explique un grand nombre de cas d'hémorragie. Cette infection se joint ou appartient exclusivement aux accidents hérédo-.syphilitiques. Les enfants atteints de cette diathèse héréditaire ont fréquemment des omphalorrhagies, qui peuvent être attribuées à des altérations produites par la septicémie ou par la pyohémie.

2'^ L'hémorragie, qui se fait par la bouche ou par l'anus, peut avoir difféi'entes origines. Elle provient :

a. Des gencives, ce qui est très rare chez le nouveau-né, ainsi que l'épistaxis isolée.

b. Du plancher de la bouche, par suite de l'incision du filet de la langue, par exemple, ce qu'il est facile de constater.

c. De l'appareil respiratoire, presque toujours chez des enfants prématurés. Avec l'expulsion du sang par la bouche ou par l'anus coïncident des f)hénomènes de cyanose, la respiration lente, la tendance à l'asphyxie, un état grave, des signes stéthoscopiques d'apoplexie pulmonaire. Causes : djstocie, traumatisme, infection.

d. Le sang a été dégluti (de la fente du mamelon ou pendant

580 ÉLÉMENTS DE SÉMÉlKLOGIE I.NIAXTILE

raccouchemcnt), et est expulsé par la bouche ou par l'anus, sans qu'il existe aucune lésion chez l'onlanl.

e. La dystocie, la congestion de la muqueuse intestinale, la malformation du cœur, des épanchements sanguins intracraniens ont été invoqués, en outre des causes d'ordre généi'al (syphilis, hémophilie et infection), pour expliquer les hémorragies gastroinstestinales véritables, c'est-à-dire, celles qui ontleur siège dans l'appareil digestif, du mehi'ua neû-natorum. Il importe, toutefois, de distinguer les hémorragies de cause locale de celles qui ont une cause infectieuse (Démelix). Les premières sont précoces et offrent, comme le fait observer justement cet auteur, un pronostic plus favorable que les gastro-entérorrhagies infectieuses, presque toujoui's tardives.

f. Dans la vulve des nouveau-nés, il n'est pas rare de voir, du premier au sixième jour, couler un peu de sang, par suite de la poussée ovarienne de la naissance. Cet écoulement n'a pas de signification diagnostique ou pronostique; il est bénin et sans importance.

g. L'hématurie, ainsi que les hémorragies multiples, peut apparaître dans l'infection hémorragique du nouveau-né, quelle que soit sa forme.

3*^ En ce qui regarde les épanchements sanguins qui ne sont pas accompagnés d'écoulement extérieur, il faut distinguer :

A, ceux qui se manifestent par des signes locaux ; et B, ceux qui ne se manifestent que par des signes généraux .

A. Céphalématome. — Lé céphalématome, qui peut être double (cas de Billard, d'ÛLiNTO, etc.), est un épanchement entre le péricràne et un des os de la voûte crânienne. Il se forme une tumeur saillante, souvent au niveau du pariétal droit. Elle peut être accompagnée d'un céphalématome interne.

Sirjnificalion diagnostique : Dans la majorité des cas. accouchement difficile, par le crâne; applications de forceps. La tumeur peut, toutefois, s'observer chez des enfants venus au monde par le siège, chez des fœtus macéi'és et être produite par toutes les autres causes d'hémori'agies des nouveau-nés :

syphilis, infection, hémophilie, dégénérescence graisseuse aiguë. Ecchymoses. — Il peut se présenter chez le fœtus des ecchymoses, soit qu'il y ait eu, ou non, intervention opératoire dans l'accouchement. Plus ou moins étendues, ces ecchymoses sont toujours dues au mécanisme du trayail de l'accouchement; elles n'aflectent pas la santé générale de l'enfant (ce qui est important), et suivent la marche générale des ecchymoses.

B. Hémorragies internes. — Dans l'hémorragie bronchopulmonaire interne, il existe :

1'^ Faiblesse générale, dyspnée, cyanose, comme dans l'atélectasie, mais dans celle-ci on ne rencontre pas le souffle tubaire, ni des râles humides.

2'" Abaissement de température, ce qui n'est pas ordinaire aux phlegmasies broncho-pulmonaires, excepté, dans des cas très rares, chez les prématurés (voy. ch. n).

Dans les hémorragies encéphalo-rachidiennes on observe : la cyanose, les convulsions, le coma, et il apparaît la dysphagie, le trismus, la raideur de la nuque, quand il y a prédominance de lésions médullaires. L'ensemble des ti'ois derniers symptômes offre de l'importance pour le diagnostic : nous avons déjà vu la valeur séméiotique des convulsions dans les premiers jours de la vie (ch. ix).

Les hémorragies internes ont presque toujours pour origine les traumatismes obstétricaux. On ne saurait nier, cependant, le rôle chaque fois plus évident de l'infection dans le syndrome hémorragique des nouveau-nés. Ce fait, encore incertain lors des patientes recherches de Dante Gerves.ato. est aujourd'hui hors de doute.

Maladies qui s'accompagnent d'hémorragies. — Au nombi'e des circonstances où surviennent des hémorragies chez le nouveau-né, il faut signaler :

i^ La dégénérescence graisseuse aiguë, maladie de Blhl. Si l'enfant ne succombe pas à l'état asphyxique dans lequel il nait, il expulse, après le méconium, des fèces sanguinolentes, et il y a immédiatement des hémalémèses, des hémorragies par la fente ombilicale, des ecchymoses à la bouche, au nez, à la peau,

Îi88 ELEMENTS DE SEMEIOLOGIE INFANTILE

SOUS la conjonctive, dans le conduit auditif. 11 survient ensuite l'ictère, l'œdème, le collapsus : la moi't peut avoir lieu dans n'importe quelle période de l'afTection.

2'^ La maladie de Wixgkel, tubulhématie rénale de Parroï : cyanose, ictère, hémoglobinuiie, somnolence. A noter la coloralion de l'urine, d'un brun pâle.

Les maladies de Winckel et de Buhl commencent à perdre leur autonomie clinique, depuis que les examens bactériologiques, chez des nouveau-nés sujets à des hémorragies, ont révélé des traits communs, malgré la sjmptomatologie dilTérente .

3° Les ictères.

4*^ La septicémie.

5° Des causes mécaniques, traumatiques, la dystocie.

6° Des lésions inflammatoires des vaisseaux ombilicaux. La syphilis.

!'> L'hémophilie.

Hémorragies chez lenfant nouveau-né. — En dehors du nouveau-né, les symptômes hémorragiques sont les suivants :

a. Épistaxis. — Epiphénomène dans diverses maladies infectieuses ou locales, l'épistaxis peut, en outre, survenir en état de santé. 11 s'agit, dans ce cas, ou d'une influence traumatique ou d'un état général de prédisposition à des hémorragies nasales, pour des causes minimes, telles que l'influence de la température, des exercices violents, la fatigue, la puberté. Les individus atteints sont presque toujours des hérédo-arthritiques (Rendu) ; ils possèdent souvent des végétations adénoïdes du pharynx.

L'écoulement sanguin nasal vient également de causes morbides locales, dans le polype, dans les ulcérations, et dans le cas de myasis. Le syndrome céphalalgie gravative, unilatérale, écoulement intermittent de sang par le nez, doit faire rechercher cette dernière maladie dans les pays chauds ; elle est rare, même dans la seconde enfance.

Au premier i*ang des maladies générales, sans fièvre, il faut compter la syphilis avec son coryza, qui amène un jetage mucopurulent ; les maladies vasculaires et cardiaques, l'hémophilie.

le scorbut, les anémies. Au nombre des affections aiguës on ne doit pas oublier la fièvre jaune, la fièvre typhoïde, le purpura infectieux, les exanthèmes, la diphtérie.

Dans le typhus ictéroïde, les hémorragies ne sont pas très fréquentes chez les enfants. 11 n'est cependant pas rare d'observer une épistaxis de sang rutilant dans la première période, chez des enfants vigoureux. Dans la deuxième période, l'hémorragie la plus commune est celle qui consiste en un écoulement de sang noir par le nez, principalement dans la forme dite hémorragique de la fièvre jaune.

Cadet de Gassicuurt fait remarquer combien lépistaxis perd, en pédiatrie, de la valeur qu'elle a dans la clinique de l'adulte, comme un des symptômes de la fièvre typhoïde à son début. Outre que l'enfant peut présenter des écoulements sanguins par le nez, sans cause apparente, ceux-ci sont plus fréquents dans d'autres formes fébriles infantiles que dans la dothiénentérie. « 11 y a donc, dit cet auteur, un double écueil à éviter : celui de méconnaître une fièvre typhoïde réelle, parce que lépistaxis fait défaut; celui de reconnaître une fièvre typhoïde absente, parce que l'épistaxis existe ». Dans le cours de l'affection et principalement du neuvième au vingt-troisième jour (Saxxé), l'écoulement sanguin nasal se montre fréquemment : il n'influe sur le pronostic que si l'hémorragie est très abondante ou très répétée.

L'épistaxis, ainsi que d'autres hémorrhagies muqueuses, est plus propre aux formes typhiques du purpura infectieux qu'à sa forme foudroyante, où l'épanchement sanguin se manifeste plus fréquemment à la peau. Dans cette dernière forme le diagnostic s'impose ; dans les premières, il faut faire la distinction avec la dothiénentérie, d'après les éléments qui sont propres à celle-ci.

Dans la rougeole, il survient quelquefois, dans les prodromes ou au début de la maladie, des épistaxis plus ou moins abondantes. Elles n'ont pas de valeur, contrairement à celles qui apparaissent, isolément, au déclin de la période d'éruption, et qui marquent, dans un grand nombre de cas, une crise salutaire. 11 n'en est pas ainsi, toutefois, si récoulement sanguin par

le nez est un coroUaii-e de la forme hémorragique de cet exanthème, de mauvais pronostic et qui apparaît également dans la période finale.

L'épistaxis fait souvent partie delà scarlatine, à forme hémorragique. Les écoulements sanguins apparaissent dans la période qui précède léruption et les phénomènes ataxo-adynamiques entraînent l'exitua Icthalis, ou hien l'issue funeste a lieuen pleine éruption.

Dans la variole normale, quelle que soit sa période, il est possible d'observer l'épistaxis : le phénomène n'aggrave pas le pronostic. On n'en peut pas dire autant lorsque l'écoulement sanguin fait partie de la variole dite hémorragique, d'un si sombre pronostic.

Dans la diphtérie il n'est pas rare d'observer l'épistaxis. D'après Saxnê, « celle surtout qui appartient aux prodromes ou précède la formation des exsudats, est par-dessus tout de mauvais augure. Celle qui attend la chute des membranes est d'un pronostic un peu moins sévère. Sur 25 cas d'épistaxis précoce, nous avons compté 20 décès, soit 80 p. 100 : 11 cas d'épistaxis tardive nous ont donné 8 décès, soit 70 p. 100 ».

Dans la coqueluche, l'épistaxis survient souvent d'une façon intense; sa gravité ne dépend que de sa fréquente répétition.

b. Hématéméses. — Chez le nourrisson il est difficile de confondre l'hématémèse avec l'hémoptysie, qui est très rare à cette époque de la vie et dont le liquide est d'une coloration plus foncée et à réaction acide. Le premier soin à prendre pour le diagnostic consiste à établir si l'hématémèse est réelle ou fausse. Cette dernière peut provenir : 1'^ de sang dégluti et originaire de la fente du mamelon, ce qui impose cet examen dans tous les cas ; 2" d'une épistaxis, ce qui conduit à examiner les fosses nasales; 3'^ de IcfTort du vomissement, qui ne produit du sang qu'en quantité minime, par des stries et jamais de mela*na.

Lorsqu'il est vérifié qu'il s'agit d'un véritable vomissement de sang, il est rare de trouver dans- son étiologie ce que l'on observe chez l'adulte, quant aux affections gastriques et duodénales, qui peuvent coexister, mais sont peu communes, même dans la seconde enfance.

SAXù ET LYMPHE 591

On pont rencontrer des hémalémèses dans les maladies infectieuses aigui's ; dans les formes hémorragiques des exanthèmes fébriles, dans le purpura infectieux, quelquefois au début de l'influenza (Bristowe), dans la fièvre jaune.

Si, dans les maladies aiguës, le symptôme que nous étudions, représente une simple complication, il prend une grande importance principalement dans la fièvre jaune, connue également sous le nom de vomito negro. Indépendamment de la forme hémorragique, l'hématémèse fait partie de la symptomatologic de la fièvre jaune. Elle n'est pas fréquente chez les enfants, dans les premières années, et présente rarement l'aspect de marc de café, que l'on observe dans le vomissement de l'adulte atteint de cette maladie. J. M. Teixeira compare avec justesse l'hématémèse infantile du typhus ictéroïde à de la suie délayée dans une solution trouble de gomme arabique. C'est un signe de gravité, souvent suivi de mort, chez les nourrissons.

c. StoinatorraQies. — On les rencontre dans les complications hémorragiques des infections aiguës, surtout dans la variole : elles rendent le pronostic plus grave dans la diphtérie (Sanné). Dans la coqueluche, elles n'offrent de valeur que par leur répétition.

Dans le scorbut infantile, les gencives ne présentent rien de remarquable, si le patient n'a pas encore de dents. Cette circonstance signalée par Barlow, ne doit pas être oubliée. Le diagnostic du scorbut dans les premiers mois de la vie ne se base donc pas sur l'examen des gencives.

d. Hémorragies intestinales. — Les fèces peuvent présenter. principalement dans la première enfance, des stries de sang, ducs à une constipation rebelle. Le sang est plus abondant, s'il provient de varices ano-rectales ou de polypes. Toutes ces causes demandent une vérification locale, d'ailleurs sommaire.

La dysenterie présente chez les enfants les mêmes caractères sous le rapport des déjections intestinales. Il faut la distinguer des entérites dysentériformes, où l'on n'observe pas le facteur de la contagion épidémique. ni la tendance à la chronicité des ténesmes, que l'on rencontre dans la dysenterie. Du reste, cette dernière est peu commune dans les premières années de la vie,

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ce qui n'arrive pas au catarrhe gaslro-entérique avec une phase dysentériforme. Dans les redites, dans l'entérite folliculaire, il y a irritation par suite de la non-digestion des aliments, outre les caractères signalés au chapitre V § 0.

A l'invagination intestinale appartiennent des selles sanguinolentes, dont l'origine sera reconnue par l'examen local de l'abdomen.

BoHN a rapporté à la malaria infantile, (et cette forme clinique a été acceptée), « une diarrhée (avec fèces mélangées de sang), qui apparait subitement, présente des recrudescences paroxystiques et disparait ou est très légère pendant les autres heures de la journée, ou pendant des journées entières (s'il s'agit de fièvres tierces). Au Brésil elle est rare, d'après nos observations.

Des hémorragies intestinales s'observent dans les maladies infectieuses qui revêtent la forme hémorragique : exanthèmes, purpura, etc. Dans la fièvre typhoïde, la rareté du symptôme est connue, principalement au-dessous de dix ans. La statistique de MoKSE n'indique que 9 cas d'hémorrhagies intestinales (soit 1,6 p. 100) sur 553 cas de fièvre typhoïde infantile. Dans la fièvre jaune infantile, — dit .1. M. Teixeira, — les petites entérorragies ne nous semblent pas rares. Dans la forme hémorragique, ainsi que dans les autres, il est commun aux enfants de se plaindre de coliques intestinales de courte durée, déterminant la pâleur de la face, et suivies, peu d'heures après, de déjections de sang déjà noir. Nous avons vu également de violentes entérorragies chez des enfants, et nous avons observé, chez deux malades, le décollement d'une partie de la mucjueuse rectale, qui a été expulsée sous nos yeux, avec du sang, par les évacuations.

Les hémorragies intestinales et toutes les hémorrhagies peuvent être signalées dans les anémies, ainsi que dans la forme pernicieuse progressive, dans la lymphadénie, dans le scorbut : elles sont, en outre, un symptôme commun aux maladies cachectisantes où il y a dégénérescence amyloïde.

L'entérorragie peut aussi indiquer, — bien que rarement — une hémorragie gastrique qui ne se sera pas manifestée par le vomissement.

e. Hémoptysie. L'hémoptjsie se rencontre rarement dans le premier âge. Toutefois, elle peut se présenter dans l'apoplexie pulmonaire, et parfois dans la congestion du poumon.

En dehors de la tuberculose de la seconde enfance, où elle n"a pas. toutefois, la même fréquence que chez l'adulte, Ihémoptysic a été signalée dans la coqueluche. Le fait n'est pas impossible, mais il faut toujours distinguer si l'hémorragie provient du nez, du filet de la langue, des gencives ou du pharynx, ce qui modifie entièrement le diagnostic médical.

Dans les maladies aiguës, à syndrome hémorragique, l'hémoptysie n'est pas la plus commune des hémorragies chez l'enfant.

f. Hcmaturie. L'hématurie est due à diverses causes ; à l'hémato-chylurie, dont l'origine parasitaire est si connue ; à un carcinome ou à une lithiase du rein; elle s'observe dans le purpura ; dans l'entérite chronique, où elle est rare; dans quelques lièvres éruptives ; dans les affections aiguës gi'aves ; dans la maladie de Wixckel, et dans la dyscrasie sanguine propre au nouveau-né, dont le substatrum anatomique consiste, selon Beckmann, et contrairement ci Pollak, dans l'accumulation d'hématies dans les tubuli, par thrombose des vaisseaux du rein et extravasion consécutive.

J. Thomson a observé l'hématurie chez un enfant de deux ans souffrant de scorbut, et Monti chez un enfant affecté d'eczéma chronique et chez des nourrissons qui prenaient quotidiennement des bains sulfui'eux de plus d'une heure. L'hématurie peut être signalée dans la coqueluche, dans la leucocythémie, dans tous les états hypei-hémiques du rein, ainsi que dans les lésions traumaticjues d'un point quelconque de l'appareil uropoiétique.

L'hématurie présente parfois le caractère cyclique, et peut être accompagnée de purpura périodique.

L'hémoglobinurie paroxystique ne doit pas éti'e confondue avec celle de fièvres graves, comme celle de la fièvre bilieuse hémoglobinurique, ni avec les urines sanguinolentes par lésion locale, qui présentent des phénomènes morbides spéciaux. A moins qu'elle ne soit médicamenteuse, elle provient du paludisme ou d'une autre infection aiguë, (juand elle est paroxystique,

riiématurie peut reconnaître pour son étiulogie riiématozoaire de Laveran, et. principalement, lasj-philis héréditaire. « Quand les stigmates manquent, — dit Comby, — quand les renseignements sont négatifs, on doit quand même penser à Ihérédo-syphilis. et tabler sur son intervention possible, quoique ignorée. »

g. Hémorragies à la peau. Les hémorragies à la peau revêtent différents aspects : pétéchies, purpuras. Nous comprendrons également dans ce paragraphe celles qui évoluent plus profondément, mais qui sont apparentes.

Les pétéchies, quand elles ne dépendent pas de lésions externes (piqûres dinsectes), appai"aissent dans le syndrome hémorragique des infections, dans les exanthèmes fébriles, les leucémies, le purpura, etc.

Purpuras. — Stengel a classé les purpuras comme il suit :

A. Purpuras secondaires :

1'^ Infectieux : Scarlatine, variole, dothiénentérie, etc., hémophilie des nouveau-nés ; purpura septique dans la pharyngite pseudo-membraneuse, l'ostéomyélite, etc.

2'^ Mécaniques : cardiaques, athéromateux. ecchymoses purpuriquos dans la phlébectasie, embolie mécanique, etc.

3" Toxiques : auto-intoxications, ictères, anémie pernicieuse, cachexie.

i° Nei'veux : hystérie, lésions du cerveau, etc.

B. Purpuras primitifs :

1" Infection septique et intoxication : infection cryptogénique, purpura simplex, péliose rhumatismale, purpura de Hexoch, purpura fulininans, purpura hémorragique, scorbut.

2" Toxique : toxique et médicamenteux ; empoisonnement ophidique ; iodures, sels mercuriels, etc.

3" Mécanique : hémophilie.

Marfan fait observer judicieusement qu'il y a trois espèces de purpuras, qui ne sunt ni mécaniques, ni nerveux, ni toxiques ou liés à des maladies infectieuses : 1° le purpura infectieux ; 2" la péliose rhumatismale ; 3° la maladie de Werlhof.

La première est une maladie infectieuse aiguë , subaiguê ou

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lulminanlo, avec hémorragies multiples, phcnomènes généraux. La deuxième a pom- syndrome des douleurs articulaires et gastro-intestinales et l'éruption symétrique, presque toujours localisée aux membres inférieurs, propre à la seconde enfance. C'est également dans la seconde enfance que l'on observe (très rarement (Tailleurs) la maladie de Weulhof, qui évolue sans troubles généraux. Qu'elle soit précédée ou non dune épistaxis ou d'une stomatorrhagie, elle se caractérise par des taches sanguines, qui varient depuis la forme des points à celle d'ecchymoses géantes. S'il reste quelque doute, dans ce dernier cas, quant à l'origine traumatique de l'ecchymose, on doit rechercher et épuiser toutes les probabilités de la maladie de Werholf. avant de hasarder un jugement, qui pourrait compromettre des tiers.

Hématome sous-périostée. — L'hématome sous-périostée est une lésion du rachitisme. 11 y a d'abord une tuméfaction (située le plus souvent au point d'union de lépiphyse avec la diaphyse) et de la fièvre. Les phénomènes aigus disparaissent ensuite et il reste la tumeur avec impotence, faisant penser à une fracture. Brux et Ruault ont insisté sur la prédisposition qu'établit le rachitisme, et croient que la cause occasionnelle la plus fréquente, sinon la seule, de cette affection, est un traumatisme, dont l'action produit une fracture complète ou incomplète.

Hématome du sterno-cléido-masto'idien. — L'hématome du sterno-cléido-mastoïdien est une lésion particulière au nouveau-né, à pronostic favorable, et due au mécanisme de l'accouchement.

h. Hémorragies vulvaires. Les hémorragies vulvaires, quand elles ne sont pas traumatiques, peuvent survenir dans tous les états infectieux, mais rarement.

La menstruation dite précoce, provenant, avec une certaine fréquence, d'altérations de l'appareil génital ou des régions voisines, a été signalée comme étant un des stigmates de l'arthritisme.

596 ÉLÉMENTS DE SÉMÉIOLOGIE INFANTILE § 2. SVSTÈME LYMPHATIQUE

Anatomie. — Le système lymphatique est très développé dans le jeune Age, le volume des ganglions est plus oonsidéralde et les vaisseaux blancs sont plus aisément injectaides dans les premiers temps de la vie.

Pendant cette période, le système lymphatique, jouissant d'une activité beaucoup plus grande que par la suite, est plus exposé à des lésions morbides, qui se montrent fréquemment.

Les adénites offrent une certaine valeur en pédiatrie. On ne doit jamais oublier à cet égard la séméiologie générale, mais, comme elle ne rentre pas dans le plan de cet ouvrage, nous nous bornerons à mentionner ce qui concerne plus particulièrement l'enfance.

A cet égard les adénites peuvent être considérées selon qu'elles sont plus ou moins généralisées, ou quelles se trouvent uniformément localisées.

Micropoly adénite périphérique. — Dans la première classe figure la micro-polyadénitc périphérique, lésion propre aux deux premières années de la vie, mais qui peut s'observer dans les années ultérieures. Les ganglions doivent être cherchés dans les carrefours lymphatiques périphériques ; ils sont environ de la grosseur d'un pois, roulant sous le doigt, et ne causant pas chez le patient la moindre réaction douloureuse. 11 faudra quelquefois savoir chercher cette adénite à Taisselle, en écartant les tissus avec la pointe des doigts, et en tàtant, soit dans une direction, soit dans une autre.

On a pensé, pendant quelque temps, que la micro-polyadénite était toujours l'indice d'ime lésion tuberculeuse. Potier, qui a étudié à fond ce sujet, la signale dans les états morbides suivants :

a. Dans la tuberculose. C'est la plus fréquente des maladies qui amènent la mici'o-polyadénite, principalement dans la forme généralisée, ap^rétique des nourrissons, décrite par Markax.

^. Dans l'adénopathie trachéo-bronchique, dès qu'il y a retentissement sur l'organisme.

y. Dans les dyspepsies gastro-intestinales chroniques qui entraînent un certain état de marasme, et qui sont causées le plus souvent par un allaitement artificiel défectueux.

0. Dans la cachexie de la syphilis héréditaire ou chez des enfants épuisés par des pyodermies.

s. Dans les bi-oncho-pneumonies chroniques, torpides, consécutives à la rougeole ou à la coqueluche, accompagnées fréquemment d'un état de dénutrition.

En somme, la micro-polyadénite périphérique représente un état de cachexie, bien qu'elle ne soit pas signalée dans l'athrepsie et dans le rachitisme. Comme élément de cachexie, elle amène souvent une augmentation hépato-splénique significative.

Anémies. — Dans les anémies, les ganglions sont diversement atteints, ou ils restent indemnes. La maladie de Hodgkin entraîne une tuméfaction démesurée des ganglions sous-maxillaires ou latéi'aux du cou, à l'exclusion des ganglions épitrochléens et de» poplités et ensuite se généralise l'attaque ganglionnaire. Il en est de même dans la lymphadénie leucémique, mais, dans cette dernière, la transformation des ganglions est lente et ce n'est pas par leur hypertrophie que débute ordinairement la maladie.

11 n'y a pas de tumeurs dans l'anémie infantile pseudo-leucémique, et l'hypertrophie ganglionnaire est rare dans l'anémie pernicieuse progressive.

Angines et adénites. — Si, en examinant le cou d'un enfant, on rencontre des ganglions tuméfiés, on doit rechercher des lésions du voisinage qui peuvent déterminer la tuméfaction : dermatose du cuir chevelu, maladies de l'oreille, du nez, de la bouche et de la gorge.

Comme points d'une certaine valeur, nous appelons l'attention sur ce qui suit :

1° La tuméfaction ganglionnaire ne s'observe pas toujours dans les angines non diphtériques, mais elle est de règle dans la diphtérie. D'après Sevestre et Mahtixs, si ce symptôme paraît manquer parfois, c'est qu'on ne cherche pas bien l'adénite, et

qu'on oublie que les Ivmphaliqiies du nez se rendent aux ganglions sous-maxillaires. Ces auteurs font remarquer que le ganglion est isolé dans la diphtérie pure, tandis qu'il se réunit à dautres dans la strepto-diphtérie, où il arrive même jusqu'à la formation du cou proconsulaire. L'invasion ganglionnaire est en raison directe du processus local.

2*^ Adénite et abcès rétro-pharyngien. — Dans l'abcès rétro-pharvngien, la tète est inclinée dun coté, et l'on observe, — profondément —, à la région sous-maxillaire, au niveau de l'angle du maxillaire, un ganglion, presque toujours du côté de l'abcès, rarement bilatéral, et dont la grosseur varie d'un pois à celle d'une noix.

On peut trouver en même temps une adénite cervicale, avec les ganglions mous et même en suppuration.

3'^ Adénites et rubéole. — Les adénites offrent de la valeur pour le diagnostic de la rubéole. Un peu douloureuses à la pression, elles peuvent se généraliser, mais elles se montrent presque toujours rétro-aui'iculaii'es, sous-maxillaires et cervicales. Olte adénopathie est un signe précoce ; elle précède l'éruption et fait rarement défaut.

4^' Fièvre rémittente et adénite. — Le svndrome fièvre élevée, rémittente, suivie, au bout de deux à trois jours d'un ganglion tuméfié à l'angle maxillaire, avec une légère dvsphagie et sans lésion qui l'explique ; tuméfaction continuant après la chute de la fièvre, appartient à la fièvre ganglionnaire (chap. 11).

5'^ Adénopathie trachéo-bronchique. — L'adénopathie trachéo-bronchiiiuc, en dehors des signes rationnels qui la dénoncent fréquemment, est capable de se manifester par une sensation de résistance au doigt et une matité circonscrite, que l'on observe du bord supérieur du sternum, jusqu'à la hauteur de la deuxième côte et débordant même le sternum à droite, et en arrière entre la troisième et la quatrième vertèbres dorsales, dans la région interscapulaire. Les ganglions du cou et de la

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nuque peuvent être augmentes, et Ion peut suivre leur chaîne jusqu'à l'omoplate.

Qo Augmentation de ganglions mésentériques. — L'augmentation des ganglions niésenlériques survient dans des maladies aiguës (exanthèmes, dolhiénentérie, etc.), ou dans les maladies cachectisantes, comme dans le rachitisme, dans la leucémie, dans la tuberculose et dans la syphilis.

La tuberculose des ganglions mésentériques, le carreau des anciens, est rarement dénoncée par la palpation des ganglions tuméfiés. L'examen est i-endu difficile par les conditions locales de tympanisme, et de tension des parois, sans parler de la confusion possible avec des scybales. Dans un grand nombre de cas de l'affection, qui est secondaire, nous n'avons pu percevoir l'adénopathie qu'une seule fois. Marfax assure que sa recherche n'est pas sans inconvénients, car il a vu survenir la fièvre après une palpation prolongée pour découvrir l'augmentation des ganglions mésentéi'iques.

Syphilis héréditaire. — A en juger par ce que l'on observe chez l'adulte, il semblerait que les adénopathies dussent abonder dans la syphilis héréditaire. 11 n'en est pourtant pas ainsi ; l'adénite s'y montre rarement et est toujours consécutive à la lésion cutanée. Celles que l'on observe sont, par ordre de fréquence, les adénites inguinales, axillaires et cervico-maxillaires. Les ganglions sont durs, élastiques, mobiles, en pléiades, non douloureux.

Le professeur Sicmund, de 'N'ienne, a attiùbué une valeur diagnostique, chez l'adulte, à l'adénopathie pré-épitrochléenne. MoxcoRvo partage cette opinion et accorde une gi-ande importance à cette adénopathie pour l'affirmation de la sjphilis héréditaire. Pour notre part, nous ne nous souvenons pas d'avoir jamais rencontré un cas incontestable de cette affection sans adénopathie pré-épitrochléenne.

Dans les gastro-entérites chroniques des nourrissons, il est commun d'observer des adénites périphériques, principalement au niveau des aines. Elles sont élastiques, rénitentes, disposées

en chapelets, el peuvent être plus petites qu'un pois et plus grosses qu'une noisette. FrOlich n'a jamais trouvé de microbes dans ces ganglions et il explique les adénopathies par l'action des toxines.

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