TICS
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pas du tout instable, M. Fr..., qui avait atteint une haute situation et qui jusqu’à ses derniers jours a présenté un tic de la face très marqué. Évidemment chez lui, où la rééducation n’avait pas été tentée, le tic avait survécu à l’anomalie disparue de la volonté.
A côté du tic mouvement ou clonique, il y a le tic attitude ou tonique, dont le plus fréquent est le torticolis mental. Quelquefois un tic en suscite un second, qui a pour but de corriger lepremier.
A côté de ces tics proprement dits, il y a ce que Brissaud a appelé d’un très mauvais mot : chorée variable et tics variables. C’est en somme plutôt un début de tic, une tendance au tic généralisée, qui se produit surtout de 8 à 15 ans : l’idée est suivie immédiatement du mouvement, mais l’idée changeant le mouvement change aussi. Dans la première forme les mouvement» successifs sont subintrants, mobiles et onduleux comme dans la cborée de Sydenham, dans la seconde ils ont plus le caractère demouvements coordonnés, systématiques, spasmodiques, séparésles uns des autres et en des parties différentes du corps. C’est très voisin de la transformation rapide de l’idée en acte de l’excitéagité, avec cette grosse différence qu’ici c’est à froid que cela se passe, car il n’y a pas d’excitation intellectuelle ni de bavardage, seulement de l’instabilité des idées motrices. Le plus souvent, ce tic s’accompagne de bruits laryngiens, toujours les mêmes.
Les tics les plus fréquents sont : le clignement des yeux, des sourcils; les mouvements des lèvres et de la langue; le grincement de dents; le reniflement; le hochement de tête; le haussement des épaules ; le claquement des doigts ; le grattage du nez ;; le balancement de la tête, du tronc, le léchage des lèvres; le rangement des ongles (« onychophagie »); l’arrachement des cheveux, des poils, de la moustache (« trichotillomanie »); le grattage d’une partie quelconque du corps ;
L’émission de sons gutturaux, d’exclamations, de jurons, de mots obscènes.
\\s soxù, exagérés parla fatigue, par la crainte, mais ils peuvent être supprimés ou atténués devant autrui.
L’état mental du liqueur touche par tant de points à celui del’obsédé qu’il y a souvent coexistence des deux états, comme le montre l’observation de la jeune Col... (p. 575), véritable réunionde plusieurs types de déséquilibre mental, à la fois arriérée, débile,.
IMPUISSANCES PSYCHIQUES
obsédée, « maniaque » (1) et ligueuse, et douée en outre d’une mémoire mécanique remarquable. Cette coexistence de l’obsession et du tic explique que le tic puisse naître à la suite d’une idée obsédante entraînant une vérification motrice, passée en habitude. Il arrive aussi que le tic peut être la cause d’une obsession et alors le tic devient obsédant. Il faut être prévenu de la coexistence possible des deux états mentaux, obsession et tic, pour être à même de débrouiller certains cas très embarrassants. Si j’ajoute que letic ne met pas à l’abri de la folie, on ne s’étonnera pas de voir les idées délirantes pouvoir provoquer des tics qu’il faut différencier, ce qui n’est pas toujours commode, des stéréotypies motrices secondaires (voyez p. 208) qui en sont voisines.
Le diagnostic des tics (en y comprenant la chorée variable et les tics variables) doit être fait avec :
La chorée de Sydenham (mouvements plus subintrants et arrondis, pas de bruits laryngiens, augmentation devant Je médecin).
La chorée hystérique.
La chorée chronique.
Les mouvements des instables et des turbulents (p. 404) (commémoratifs, généralement bavardage et occupations variées).
Les actes consécutifs aux obsessions (pas despasme, arrêt devant autrui et par affirmation d’autrui, explications de l’obsédé).
L’agitation de certains catatoniques ou déments (autres signes).
Les actes consécutifs à des idées délirantes.
Les stéréotypies primaires et secondaires (autres signes).
Le pronostic est très amélioré depuis les travaux de Brissaud et Meige qui ont montré la curabilité des tics.
Traitement. — Rééducation de l’immobilité (l’immobilité doit devenir le plus beau mouvement du liqueur, pour emprunter une formule frappante à un humoriste qui l’appliquait au soldat).
Faire faire « des mouvements commandés aux muscles atteints par le tic, exécutés de façon régulière, en suivant une mesure » (Trousseau).
Du même coup on rééduque la volonté et on redresse l’état mental général du liqueur.
(1) Dans le sens de « manies », habitudes de prédilection.