TICS
Reconstituants chimiques du système nerveux : arséniate de soude, cacodylate de soude en injeetions; arrhénal, glycérophosphates, etc.
Repos et travail méthodiques.
Quand il y a amaigrissement, séjour au lit, et suralimentation rationnelle.
Séjour dans les montagnes axs. hiver. Cure de soleil et d’air froid.
2° De l’accès d’ obsession:
Repos au lit.
Combattre l’angoisse ; opium, chloral, à doses réfractées (jamais de piqûres de morphine).
Comhattre l’insomnie : sulfonal, trional, véronal.
Hydrothérapie appropriée, enveloppements mouillés. — Affusions chaudes. — Douches chaudes, tièdes ou écossaises, tonisédalives. — Bains tièdes.
Cures d’altitude, de campagne.
Isolement (souvent indispensable à cause de la maladresse de la famille).
Psychothérapie dans certains cas, mais en tous cas réconfort du malade par le médecin : l’obsédé recherche presque toujours un appui extérieur et s’en trouve bien. — Mais la psychothérapie sans le traitement physique est tout à fait illusoire.
Tics (1).
C’est un phénomène très voisin de l’obsession. Je serai très bref. Voici un résumé d’observation très banale, mais qui servira à fixer les idées.
La jeune Gon..., âgée de 13 ans, est amenée à la Salpêtrière le 4 février 1911 parce qu’elle se serait trouvée mal au moment de ses règles : un point de côté, mal à la tête, sensation d'étouffement, chute à terre, mais sans perte de connaissance. Cela aurait eu lieu ti’ois fois depuis le 1" juillet, et la dernière fois le 1=' février. La mère craignant l’épilepsie, on prend l’enfant en observation.
L’enfant est normale comme intelligence, et même elle est très bien douée, elle est très éveillée ; elle est en avance sur son âge, car elle a eu son certificat primaire à 11 ans et elle prépare son brevet supérieur. Elle est considérée un
(1) H. Meige et E. Feindel, L’état mental des tiquours, Progrès méd., n" 36, 7 septembre 1901. — H. Meige, art. Tic, in Pratique médico-chirurgicale, Paris,
IMPUISSANCES PSYCHIQUES
peu comme une merveille par sa famille, aussi est-elle capricieuse et gâtée. On s’aperçoit qu’elle a un tic dont la mère n’a pas pai'lé. Fréquemment elle ■cligne des yeux, dévie la bouche d’un côté et hausse les épaules, alternativement. Par moments, ce tic se répète jusqu’à vingt fois en quelques minutes. On apprend qu’à l’âge de sept ans ce tic est apparu par imitation d’une maîtresse. Depuis, l’enfant, qu’on n’a pas essayé de corriger, a répété ce tic et ne peut plus s’empêcher de le faire. On essaye de la rééducation, mais la mère retire l’enfant avant qu’on ait pu instituer vraiment le traitement et avant qu’on ait pu se faire une opinion sur les accidents des règles.
Voilà donc ce que c’est qu’un tic : un mouvement ou un ensemble de mouvements coordonnés ayant eu une idée comme point de départ (ici l’imitation de la maîtresse) ; puis détaché de l’idée, devenu une habitude automatique, involontaire, se produisant malgré la volonté, spasmodiquement, chez une enfant capricieuse, gâtée par ses parents. On remarquera aussi Y imitation comme point de départ, chose très fréquente en pareil cas. En somme, le tic est une exagération pathologique de certains traits caractéristiques avantageux du jeune âge : l’aptitude à développer Vautomatisme moteur, par suite de la transformation rapide de l’idée en acte ; Y imitation si facile de l’enfant en est une application normalement utile lorsqu’elle est réglée. Chez cette petite fllle il y a une inégalité du développement entre son intelligence très éveillée et sa volonté restée plus enfant, grâce à la complicité inconscienle des parents. C’est là le fond de l’état mental du ti- ■queur : l’infantilisme de la volonté. Cela se retrouve même chez l’adulte tiqueur, qui peut être très intelligent, très bien doué souvent, et malgré cela est un grand enfant par un côté, sa faiblesse instable volontaire.
Chez la petite fille obsédée que j’ai étudiée (p. 57S), il y avait aussi des tics, mais ils n’étaient pas très durables, parce que les parents y veillaient à temps. La tendance aux tics et à l’imitation était frappante chez cette enfant, puisqu’une fois sortie du service et rentrée chez elle, elle imitait, avec tendance à la répétition involontaire, différentes idiotes ou arriérées qu’elle avait vues.
Le tic dont j’ai donné un exemple est le tic unique, limité; il peut se développer et persister pendant toute l’existence chez des gens qui sont devenus des adultes, assez bien développés au point de vue mental, sauf sur ce petit point, cette mauvaise habitude motrice définitivement incrustée.
J’ai connu autrefois un homme intelligent, travailleur, très maître de lui et