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FOLIES HYPOCONDRIAQUES

hirent, je perdis connaissance, combien de temps, je ne saurais le dire; mais après avoir eu la sensation du froid glacial de la mort et la perception du noir infernal, je m éveillai. J étais sur la terre, j’avais repris possession de mon corps, je menais aussitôt une vie ordinaire, avec plus de gaîté et d’activité qu auparavant, au grand ébahissement de mon sympathique entourage. Mais je me souvenais, et j’ai écrit. »

« Le 23 août 1907. «

Je crois qu’il est difficile de trouver un plus beau rêve mystique.

Folie des grandeurs.

Cette folie pure est assez rare. J’en ai vu autrefois, ainsi que je l’ai dit( p. 1.54), un cas à Bicêtre. Les malades s’affublent généralement de costumes spéciaux, décoratifs, qui doivent donner une haute idée du personnage qu’ils sont. L’évolution est parfois assez régulière et les hallucinations manquent le plus souvent.

Folie hypocondriaque.

J’en ai déjà cité des exemples (p. 162). Je n’y reviendrais pas si je n’avais retrouvé un fragment d’observation qui montre une idée hypocondriaque limitée, une véritable « idée fixe » s’étendant seulement à la malade et à ses enfants. Je me borne à cette citation :

PH..., âgée de 39 ans, entrée le 29 novembre 1898 à la Salpêtrière, sortie, non guérie, le 8 mai 1899.

Renseignements de la sœur complétés par ceux de la concierge et d’une autre sœur.

Antécédents héréditaires. — Mère morte à 51 ans, subitement pendant la nuit (le sang lui coulait par le nez et la bouche); elle avait eu treize enfants : pas de fausses couches.

Grand’mère (mère de la précédente) morte à 61 ans subitement.

Antécédents personnels. — Toujours bien portante, sauf une maladie de cœur qui remontait à douze ans, traitée par la digitale.

Douleurs articulaires, il y a dix ans. Gastralgie.

Deux enfants de 17 et 8 ans (bien portants?).

Jusqu’ici la famille n’avait constaté aucun trouble intellectuel chez notre malade. Celle-ci avait toujours eu un caractère renfermé, peu expansif, mais pas inquiet. Elle était seulement craintive pour la santé de ses enfants. Son mari l’a rendue malheureuse, car il buvait. Elle s’occupait exclusivement de sa famille et d’elle-même.

Début. — Le mari de la malade, qui avait eu une pleurésie deux ans auparavant, commence à tousser fréquemment et à être soigné par sa femme.

Chaslin. — Sémiologie. 4g

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La malade devient très inquiète au sujet de ses enfants : elle craint qu’ils ne deviennent tuberculeux.

En juin 1898, le mari entre à l’hôpital Saint-Joseph. La malade continue à être très inquiète pour ses enfants et elle-même. Elle voit la tuberculose partout dans sa famille. Elle fait désinfecter chez elle après le départ de son mari à l’hôpital. Elle a peur de conduire ses enfants visiter leur père. Elle porte ses ordonnances à son mari, puis au pharmacien pour lui demander des renseignements sur le diagnostic.

Elle se met à tousser un peu. Elle maigrit (19 kilogr. en trois mois). En juin 1907 elle pesait 195 livres. Elle parle de mourir, « ce qui vaudrait mieux », et de confirmation de la tuberculose après sa mort. L’attitude générale de la malade ne se modifie guère.

Au mois d’août le mari mem-t : elle ressent peu de chagrin et se déclare niême contente de sa mort. Mais ses préoccupations personnelles augmentent; elle est de plus en plus persuadée que ses enfants et elle-même sont poitrinaires. A plusiem's reprises elle conduit ses enfants au médecin.

Il y a un mois elle a maigri beaucoup. Elle a perdu le sommeil ; elle a des cajuchemars. La parole devient moins facile : elle bégaye (?). La mémoire semble moins bonne, elle se trompe en parlant.

Elle sent des fourmillements dans les extrémités.

11 y a quinze jours, idées de suicide: mais elle n’éveille pas la suspicion de ses parents.

Tentative de suicide le 23 novembre : elle achète de la digitale au moyen d’ordonnances qu’elle avait (elle est soignée pour une affection cardiaque), et simultanément du charbon de bois. Ce jour-là, avant la tentative, elle était plus préoccupée que jamais. Une surveillance était exercée par la concierge ou plutôt par l’enfant de la concierge, qui ne la quittait guère. La jeune concierge et Tenfant de la malade travaillaient dans la chambre de la malade. L’enfant-concierge vit la malade ouvrir son armoire et chercher un papier, puis descendre précipitamment. Elle avertit sa mère et lorsque la malade revint au bout de quelques minutes, la concierge-mère la contraignit de montrer ce qu’elle avait été chercher (de la morphine et du charbon).

Les jours suivants, elle est triste et regrette de ne pas avoir réussi le suicide. Elle promet de recommencer. Elle fait son testament. Elle fait promettre à sa sœur de faire soigner ses enl’ants à l’hôpital, car ils sont poitrinaires. Pendant tout le repas elle ne fait que parler de sa propre tuberculose.

Le 25, la malade est amenée à l’hôpital, à la consultation de la Salpétrière.

État actuel. — Faciès anxieux, congestionné, pommettes colorées. La malade a l’aspect vigoureux. Elle pleure facilement, accuse des craintes relativement à son état physique; se dit irrémédiablement malade; prétend ne jamais guérir.

L’idée de toux, de tuberculose pulmonaire, domine toutes ses autres idées, à tel point que la malade, qui a un souffle systolique à la pointe très net, ne s’inquiète nullement de son cœur. Elle raconte avoir craché le sang à diverses reprises : sang rouge. Actuellement elle va mourir, et ne cache pas l’intention qui la hante d’en finir et d’attenter à ses jours.

Examen somatique :

Rien aux poumons,

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Souffle systolique à la pointe du cœur.

Langue saburrale. État gastrique.

Poids: 6i Idlogr. 500.

i décembre. - A reçu la visite d’une sœur et de sa concierge, pendant dis minutes. A parle avec calme. Puis a pleuré, en ayant crainte pour l’état de ses filles quelle croit toujours malades de la poitrine, malgré nos dénégations. J’ai appris qu’elle avait quitté le service, non guérie, au bout de quelques

Exposé général.

Ainsi donc, dans le vaste champ des folies systématisées chroniques, on peut distinguer un certain nombre de formes ou de types cliniques suivant la prédominance absolue ou relative de telle ou telle idée délirante ou les combinaisons de ces idées délirantes entre elles, suivant les formes de l’évolution, la marche enfin de la folie. Il va sans dire que ces types cliniques ne sont pas des espèces tranchées et qu’il y a de nombreux cas de transition. On ne peut décrire que les types les plus fréquents ou les plus intéressants. Je résumerai ainsi qu’il suit leurs caractères principaux communs :

Les idées délirantes sont dites primitives ; elles apparaissent comme le reflet exagéré du caractère antérieur du malade; il n’y a pas transformation du caractère.

Ces folies chroniques peuvent suivre une évolution régulière, décrite par Falret père, c’est-à-dire se développer très lentement, commençant par une période préliminaire, dite d’incubation ou d inquiétude; une période d’état; une période de cristallisation; quelques-unes y ajoutent une période complémentaire faisant suite a a période d’état, et quelques-unes une période de démence, mais celle-ci n’arrive précisément que dans les cas où l’évolution n’est pas très régulière.

Quelle que soitla couleur du délire, ces folies sont « partielles », sauf complication et sauf dans les paroxysmes où il y a souvent grande excitation intellectuelle avec' agitation.

Les plus fréquentes sont celles de persécution sur lesquelles J insiste, puis les folies mystiques.

Le plus beau type est celui dit type Lasègue-Falrel.

Folies de persécution.

1° Folie a évolution systématique aboutissant au délire de grandeur, type Lasegue-Falret, et folie de persécution systématique complète.

Je réunis ici en une seule ces deux formes, la seconde pouvant

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être considérée comme n’aboutissant pas au délire^ de grandeur, mais la période de persécution étant la même. C est le type le plus parfait des folies systématiques.

Famille généralement tarée mentalement.

Enfance souvent anormale; caractère soupçonneux, renfermé, personnel, hypocondriaque, parfois susceptible. ^

Début. — Dansl’ enfance parfois ; ordinairement à l’âge adulte.— Lent et graduel; difficile à préciser.

Première période : Période d’inquiétude. — Elle représente l’exagération des dispositions naturelles du malade. Il y a un « malaise intellectuel » (Lasègue), de l’insomnie, des inquiétudes vagues sur les relations du malade avec scs semblables, une défiance généralisée; il lui semble qu’on s occupe de lui, qu on le remarque, qu’on le surveille, le menace, ou le méprisé. Les paroles d’autrui, les actes d’autrui sont autant d’allusions àsa personne. 11 rapporte tout à lui (« egocentricité ))).Les illusions de l’ouïe et les interprétations des actes d’autrui se précisent. Il devient convaincu et ce, sans preuve, sans contrôle : il admet aveuglement qu on le persécute; il croit. Sa méfiance s’exagère, il devient dissimulé; sa conversation est faite de sous-entendus, de réticences: « Vousle savez mieux que moi; tout le monde est au courant », répond-il, quand on le pousse un peu sur ses idées délirantes.

Déjà il y a des réactions :

Réclusion volontaire.

Changement de domicile.

Voyages (persécutés migrateurs).

C’est la passivité, qui reste telle chez les uns (persécutés passifs) ou se transforme en son contraire, l’activité, chez les autres, à moins que ceux-ci n’aient débuté déjà par elle (persécutés actifs):

Plaintes aux autorités.

Actes de violence (contre n’importe qui, le premier venu, parfois, considéré comme un persécuteur).

Deuxième période: période d’état, hallucinatoire. Les hallucinations do l’ouïe, puis do la sensibilité générale, de la sphère génitale, du goût et de l’odorat apparaissent. Les hallucinations de la vue sont rares, peu précises et sans grande importance. On retrouve ce caractère dans toutes les folies de persécution, sauf lorsqu’il y a complication mystique. L’hallucination de l’ouïe est d’abord élémentaire, puis verbale, réduite à quelques mots, puis

développéeendialogues,conversations,etc.,aveccaractèresprécis.

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Il s’y joint l’ëcho de la pensée (« Gedankenlautwerden » des Allemands), l’opposition entre certaines hallucinations (attaque et défense), une différence suivant le côté droit ou gauche parfois, des hallucinations psychiques et psycho-motrices avec, localisa-, lions somatiques parfois, la prise de la pensée, l’impulsion verbale (« on parle par ma bouche »).

Les hallucinations de la sensibilité générale se précisent aussi. Parfois il y a des hallucinations motrices variées. Les hallucinations sont détaillées. Il y en a dans la sphère génitale. On voit se produire l’installation des procédés défensifs contre les persécutions, qui sont le contenu de ces hallucinations.

Puis se produisent la systématisation des idées délirantes par la découverte des procédés employés (électricité, rayons X..., téléphone sans fil, etc.) et la systématisation des persécuteurs :

On me persécute devient : ils me persécutent (sociétés, etc.), enfin souvent il me persécute, et cet il est souvent un personnage réel, qui court un grave danger, car le malade cherchera à se venger (violences, meurtre), parfois après une longue et obstinée préparation.

11 y a formation de mots fabriqués et des façons d’écrire spéciales.

Le malade fait un retour en arrière dans sa vie, retour délirant, délire rétrospectif, et il y a complication fréquente par les idées de défense qui peuvent se systématiser elles aussi.

Quand la folie ne passe pas à la troisième période, le délire cristallise peu à peu, ne s’enrichit plus, devient monotone et dure indéfiniment. Le plus souvent il y a une période de grandeur.

Troisième période de grandeur. — Ces idées de grandeur apparaissent peu à peu, quelquefois brusquement sous l’influence d’une hallucination révélatrice.

Elles peuvent porter sur : la situation sociale ; la personnalité même; la puissance; la fortune du malade.

Il y a développement graduel, systématisation et attitudes en rapport avec elles.

Souvent le malade revêt des insignes spéciaux, etc.

Quelquefois on observe la transformation en grandeur des persécuteurs.

La coordination systématique des idées de persécution et de grandeur aboutit à la conception d’un roman pathologique

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complet avec délire rétrospectif et langage symbolique, « néologique », difficile à suivre, mais cohérent.

Enfin, avec le temps, la monotonie du délire s’installe, les hallucinations et les réactions diminuent d’intensité et de fréquence; le malade fait preuve d’une certaine indifférence; bref, un émoussement du délire se fait de plus en plus évident.

Il n’y a pas de période de démence : la mémoire et l’activité intellectuelle sont intactes, jusqu’au bout, sauf complications.

Marche. — Souvent rémittente.

Paroxys7nes. ■■ — Avec excitation ou anxiété et réactions appropriées, violences, meurtres, plus rarement suicide.

Durée. — De chaque période : plusieurs années ; totale : jusqu’à cinquante-cinq ans et plus.

2° Folies df. persécution ordinaires. — A côté de cette forme type on peut rencontrer d’autres folies de persécution plus ou moins bien systématisées avec développement plus ou moins grand d’ hallucinations, à évolution plus ou moins régulière, avec ou sans délire de grandeur, apparaissant plus ou moins vite.

Le début peut être variable :

Très lent.

Systématisé d’emblée.

Avec une période tumultueuse analogue à la folie aiguë ou aux paroxysmes qui naissent dans le courant de l’affection.

Quel que soit le type de folie auquel appartient le persécuté systématique, il faut se rappeler, vu leur importance pratique, qu’on y rencontre fréquemment :

La réticence (1).

Les réactions dangereuses pour autrui, mais aussi pour le malade même.

Lamarche rémittente (qui peut faire croire à la guérison).

La marche avec paroxysmes.

L’arrêt possible de l’évolution par la séquestration.

La contagion.

La guérison est rarx ; souvent il y a une période de démence terminale plus ou moins profonde.

Cette démence est d’autant plus probable que le délire est moins bien systématisé ou que l’évolution s’éloigne davantage de la forme type. Cette démence semble être d’autant plus intense

(t) Sauf chez le raisonneur qui n’est ordinairement réticent que dans des circonstances spéciales (voirp. 630).

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qu’elle apparaît chez un sujet plus jeune. C’est alors que l’on peut parler de démence précoce type Morel, dénomination qui s’applique à tous les faits, où après une période de trouble mental à formule variée, il y a une véritable démence, ce qui la distingue de la démence précoce type Kraepelin, où « l’hébéphrénie », la folie paranoïde et la catatonie n’offrent pendant très longtemps, même chez des sujets jeunes, que l'apparence de la démence. Il y a d’ailleurs des cas de passage.

Même chez le vieillard, lorsque la folie de persécution systématique arrive tard, il n’y a pas forcément démence, surtout lorsque la folie aune évolution très systématique; cette évolution paraît même être précipitée, condensée.

Le diagnostic de la forme a peu d’importance, car cela se borne à la probabilité de la démence, mais il faut prévoir l’apparition, pour ainsi dire prématurée, de celle-ci chez les jeunes gens.

Type « paranoïa originaria » de Sander. — C’est une forme assez mal systématisée qui débute dans l'enfance et reste toute la vie sans grand changement, et qui peut d’ailleurs être 'aussi bien d’une autre couleur que la persécution ou être mixte. Elle est assez rare.

Type spécial rare. Folie de persécution avec possession (Séglas). — Il y a grand développement des hallucinations de la sensibilité générale, et des hallucinations psychomotrices, d’où idées de possession et délire de possession, parfois mystiques (et alors hallucinations visuelles), idées hypocondriaques, quelquefois de négation, attaque ou défense, idées de grandeur. Au fond c’est un délire mixte, mais avec une évolution très voisine du type Lasègue-Falret.

3» Types mixtes. — Folie de persécution mystique. — Elle peut présenter une évolution très systématique.

Ne pas oublier qu’on a affaire à un persécuté et, en outre, à un mystique (hallucinations visuelles).

F olie de persécution hypocondriaque. — La tournure d’esprit principale est souvent celle du persécuté.

4° Types de persécution sans hallucinations. — Folie de persécution avec interprétations (1). — Le plus ordinairement il n’y a guère d’évolution et le délire est quelquefois très limité {idée fixe, idée prévalente de Wernicke...). La persécution est souvent aussi

(1) Je ne comprends qu’une partie des cas décrits sous cette étiquette par Sérieux et Capgras.

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un préjudice moral. Bien que dans les cas purs il n’y ait pas d’hallucinations, mais plutôt des illusions et même rien que des interprétations délirantes, d’où le nom du type, il peut y avoir tout de même de temps en temps de vraies hallucinations (1).

Diagnostic général des folies de persécution systématisées. — 1° Sous leur aspect ordinaire avec :

La folie systématique secondaire (reliquat de l’affection primitive, commémoratifs).

La folie paranoïde (incohérence extrême du délire, ordinairement mixte).

La folie aiguë de persécution (tumulte fréquent des idées délirantes et souvent des hallucinations avec excitation).

La folie raisonneuse (pas d’hallucinations, caractère en dehors et raisonneur du persécuté).

/ 1“ Délire de rêve (hallucinations visueli les, etc.).

12“ Délire de persécution alcoolique

Délires alcooliques . . \ signes de l’alcoolisme, début

f par un délire de rêve, évolution,

\ parfois grandes difficultés.)

Délire des infections (plutôt délire de rêve, état somatique).

Délire des auto-intoxications (plutôt délire de rêve, état somatique).

Délire épileptique (commémoratifs, évolution, ordinairement « flou »).

Paralysie générale (systématisation faible, démence, signes somatiques).

Démence sénile (démence, pàs de système).

2“ A la période de démence : surtout avec la folie paranoïde (parfois difficile, commémoratifs).

3“ Pendant les paroxysmes avec :

La folie aiguë (évolution seule).

La mélancolie anxieuse (pas tant d’idées de persécution ni d’hallucinations, évolution; parfois diagnostic très difficile en l’absence de renseignements).

La folie paranoïde (plus incohérente encore, sans réactions).

(1) Il y a des formes de passage, il ne faut pas l’oublier.

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Folies systématisées autres que celles de persécution.

Folie systématisée d’auto-accüsation. — C’est celle qui peut le plus donner lieu à erreur avec la mélancolie. Pour le diagnostic se souvenir que dans cette dernière affection l’idée délirante est secondaire; elle est incertaine; elle est limitée; elle ne se développe pas, ce qui est ordinairement l’inverse dans la folie d’auto-accusation. Enfin il y a l’état somatique de la mélancolie.

Elle peut aboutir à l’idée de grandeur et aussi à la démence.

Le cas que j’ai décrit (p. 731) passe à la folie systématique de persécution; il devient un cas mixte d’auto-accusation et de persécution. Bien que ces cas soient rares, ils peuvent donner lieu à des erreurs de diagnostic. Voici les types cliniques où on peut rencontrer à la fois les deux couleurs d’idées, persécution et auto-accusation, en dehors des troubles mentaux liés aux affections reconnues auxquels il faut en outre toujours songer :

Folie systématique d’auto-accusation, puis de persécution (chronique).

Folie de persécution secondaire à la mélancolie (guérison fréquente).

Folie aiguë de persécution et d’auto-accusation (passagère).

Paroxysmes anxieux avec idées d’auto-accusation secondaires dans le cours de la folie systématisée (passagers.)

Folie mixte hypocondrie-persécution-auto-accusation (Ballet) (guérison fréquente).

Folie systématisée hypocondriaque. — Assez rare. Ordinairement compliquée de persécution ou de négation. Parfois réduite à une idée fixe.

Peut affecter parfois une évolution assez rigoureuse. Ordinairement incurable. Il y a souvent des hallucinations.

Diagnostic : avec toutes les formes mais surtout avec la mélancolie hypocondriaque et la folie systématique secondaire.

Folie systématisée de grandeur. — Les hallucinations sont rares. Les idées de persécution secondaires sont fréquentes. C’est dans cette forme surtout que les malades se parent de costumes extravagants. Il peut y avoir une évolution graduelle.

Diagnostic ; surtout avec la P. G. (signes de démence, signes somatiques).

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Folie systématique mystique. — Dans les cas typiques il y a une évolution régulière :

Période d’inquiétude.

Période d’état. — Hallucinations visuelles ordinairement silencieuses. Pas ou peu d’hallucinations auditives, hallucinations de l’odorat, hallucinations de la sensibilité générale, hallucinations psycho-motrices (soulèvement, transport), psycho-motrices verbales (inspirations), érotisme, quelquefois possession. — Accès de stupeur, d’extase, de rêve systématisé.

Période de grandeur. — Le malade devient un prophète, Dieu le fils, fondateur de sectes, réformateur, etc.

Il peut y avoir une période de cristallisation du délire . Rarement de la démence.

Folie érotique systématique. — Il est difficile de la séparer de la folie raisonnante érotique (voir p. 173). Quelquefois complications mystiques ou de persécution.

Rapports des folies systématiques avec la débilité mentale. — J’ai noté expressément, dans plusieurs des observations que j’ai données, la débilité mentale flagrante des malades. A y regarder de près il semble que la grande majorité des aliénés de ce genre soient des débiles. Y a-t-il là une condition nécessaire pour qu’il y ait éclosion de la folie? Je ne discuterai pas cette question théorique; je me bornerai à la constatation du premier fait, la fréquence de la débilité, et à celle d’un second : chez les débiles très marqués, il semble que la folie soit moins, bien systématisée que chez les autres moins débiles (Voir l’art, débilité mentale, p. 539).

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