CONNUES
I Intoxications
i Alcool .
Morphine .
Cocaïne .
Opium .
Éther, etc., etc.
Types cliniques toxiques.
(Fièvre typhoïde.
Gz-ippe, etc .
. . Tubez'culose .
I Innominées .
1 Syphilis .
Epuisement . .
Surmenage . ]
Froid, inanition. (
(Peut-être ren- ï .
ti-ant dans les] suivantes). ... j
/Types cliniques in- 1 fectieux, méningo- 1 encéphalites, mé- 1 ningites.
f Syphilis céréhrale.
''Paralysie générale.
Types cliniques d’épuisement.
Auto¬
intoxications..
Autointoxications. ...
(suite)
' Génitales : mensti’ues , ménopause, grossesse, accouchement (?)....
Surmenage aigu (sport).
Urémie .
l Asystolie . i
Diabète . (
I Maladie de Basedow . . . i
Myxoedème . ]
Crétinisme . ,
Insolation .
Epilepsie.
Traumatismes physiques et émotionnels.
.\frections orga- , “"niques. |
Tumeurs cérébi'ales. . .
.4.rtéi'io-sclérose .
Sénilité .
Types cliniques spéciaux.
Types cliniques épileptiques.
Types cliniques traumatiques et émotionnels.
Types variables.
Démence oi’ganique.
Démence sénile. . . .
Classification étiologique. — Telles sont les causes directes auxquelles paraissent se réduire les nombreux et multiples facteurs indirects, extérieurs, pour ainsi dire, de l’aliénation.
La connaissance de ces causes est fort importante et elle paraît permettre une classification rigoureuse des troubles mentaux « exogènes ». En réalité, ce n’est pas encore aussi rigoureux qu’on pouraitle souhaiter; car il y a la pathogénie qui intervient. Ainsi
CAUSES DES TROUBLES MENTAUX
nous allons voir tout à l’heure le type clinique delirium tremens qui naît sous l’influence de l’alcool. Certains auteurs, comme Klippel, croient que l’alcool n’agit qu’indirectement : il produirait un désordre hépatique qui, lui, amènerait une auto-intoxication, vraie cause du délire. Quoiqu’il en soit, le delirium tremens a tout de même une allure clinique spéciale et naît tout de même sous l’influence de l’alcool. Les délires infectieux, sans doute, relèvent des infections, mais ne serait-ce pas par l’intermédiaire d’une auto-intoxication? Les délires d’auto-intoxication seraient donc à peu près partout. (C’est en partie l’ancienne folie sympatique). L’ensemble des signes permet, dans la majorité des cas, de découvrir l’origine première des auto-intoxications proprement dites. Le délire traumatique, lié directement et immédiatement au choc, provient vraisemblablement d’une perturbation mécanique du cerveau; il se révèle par des types assez dissemblables. Mais il y a des troubles mentaux qui ne naissent qu’au bout de quelques jours après le choc, et qui paraissent liés à une perturbation gastrointestinale, hépatique, rénale, donc qui sont auto-toxiques. Enfin, il y a des troubles qui ne naissent que plusieurs semaines ou plusieurs mois après le traumatisme et qui sont en relation non avec le choc, mais avec les conséquences indirectes : séjour au lit, épuisement, suppuration, etc. Il y a là évidemment des mécanismes différents cachés sous le nom de traumatiques. Le choc émotionnel peut produire lui aussi des troubles immédiats et des troubles retardés dont la pathogénie est différente.
Les «psychoses » dites post-opératoires et puerpérales appellent les mêmes remarques. Une opération peut agir par bien des mécanismes, depuis la frayeur causée par l’attente de l’intervention, l’infection, l’intoxication par les pansements, jusqu’à la dénu- Irition due à une suppuration prolongée, à l’obscurité (opération de la cataracte), etc. L’état puerpéral de même.
Il est incontestable aussi que, dans un certain nombre de cas, les causes extérieures, surtout le traumatisme et le choc émotionnel, provoquent l’apparition de troubles qui étaient en germe chez le malade, par exemple une paralysie générale, qui n’attendait ([u’une occasion pour se développer, ou un de ces troubles dits constitutionnels qui tiennent à des causes hypothétiques, mais sûrement antérieures à la cause occasionnelle. Ces causes extérieures ne sont pas alors les vraies causes, elles ne sont epxadju-. vantes ou provocatrices.
SÉMIOLOGIE.
Enfin, il y a des types, souvent inclassables, qui semblent bien être des hybrides, c’est-à-dire la résultante de plusieurs causes : ainsi un ivrogne ordinaire a une ivresse ordinaire; mais un ivrogne déséquilibré aura une ivresse anormale, impulsive par exemple, à la fois révélation de sa tare mentale antérieure et de l’intoxication alcoolique. Une partie de ces faits rentre dans ce qu’on a appelé la coexistence des délires. Une description de ces types variés est impossible ; il faut se borner à signaler leur existence et à en donner quelques exemples. Le médecin sait bien que, comme on l’a dit, il n’y a pas de maladies mais des malades ; il n’y a pas de maladies mentales, mais il y a des aliénés sur lesquels sa sagacité devra s’exercer.
Le médecin sait bien aussi que s’il y aune cause déterminante, il y a aussi des causes adjuvantes, qui peuvent être dans d’autres cas des causes déterminantes. 11 saura se débrouiller et retrouver dans l’ensemble des causes la véritable, celle qui imprime son cachet à l’affection mentale. Ainsi, le surmenage chez un individu qui s’imbibe d’alcool, l’alcool chez un épileptique provoquent des troubles mentaux qui sont de l’alcoolisme, de l’épilepsie, à moins qu’il n’y ait des troubles hybrides, comme je l’ai dit. C’est important pour la prophylaxie.
Ces remarques permettent de simplifier l’exposition des diliércnts types, je veux dire des cas pour lesquels on reconnaît une cause extérieure, en éliminant de la constitution de ces types ceux (|ui sont vraiment trop artificiels, comme ceux de psychose postopératoire, de psychose puerpérale. Bien qu’il soit possible que l’auto-intoxication soit la cause cachée de beaucoup de troubles, cela n’est pas encore prouvé. Je crois que l’on peut conserver les types que l’étiologie réelle et la clinique permettent de délimiter jusqu’ici, en s’arrangeant au mieux au milieu des causes multiples indiquées plus haut.
J’ajouterai enfin, comme je l’ai dit à la symptomatologie, ([ue tous ces délires de cause externe ont pour la plupart une grande ressemblance entre eux, ce qui semble indiquer une pathogénie très semblable en gros pour chacun, et ce qui rend le diagnostic difficile , en l’absence de renseignements étiologiques précis.
Il résulte des considérations précédentes que dans le premier groupe des troubles mentaux que je décrirai, ceux-ci seront classés d’après leur origine réelle, du moins celle que nous connaissons
CAUSES DES TROUBLES MENTAUX
actuellement, en mettant ensemble ceux qui ont une même origine, quelle que soit leur allure.
C’est ainsi qu’on ne trouvera pas de type post-opératoire ni puerpéral, puisque ce sont plusieurs types dans le sens où je l’entends. Quant aux psychoses traumatiques, je ne décrirai sous ce nom que celles qui sont immédiatement et directement liées au choc.
Influence de l’âge. — Ilconvientde revenir un peu sur ce sujet. 11 semble, en effet, que l’àge ait une influence : ainsi la première enfance et même la seconde sont manifestement favorables aux infections cérébrales dont les conséquences sont l’idiotie et l’épilepsie. A la puberté et dans l’adolescence, ilarrive souvent quel’épilepsie verse rapidement dansla démence. De même, Morel a montré le premier la fréquence de la démence consécutive à une « vésanie » (folie ou délire) dans le jeune âge, c’est-à-dire à la puberté et dans l’adolescence: ce sont ces cas qui méritent vraiment le nom de démence précoce ou démence juvénile (voyez p. 257). J’ai déjà dit aussi que ce mot de démence précoce est employé à tort de puis Kraepelin pour caractériser ce qu’il est préférable de nommer les folies discordantes.
La jeunesse, d’autre part, ne parait pas favoriser l’éclosion de la mélancolie.
La cinquantaine (en mettant à part la ménopause) semble au contraire favoriser l’apparition des accès de mélancolie. Kraepelin avait même fait de la mélancolie une forme spéciale, la mélancolie d’involution ou présénile. Il admet néanmoins, depuis qu’il a renoncé à cette théorie, un certain nombre de troubles mentaux d’involution. Cette involution parait aussi favoriser la démence vésanique, c’est-à-dire suite d’un trouble curable, et la démence artérielle. Certains troubles mentaux pourraient-ils être considérés comme des avant-coureurs préséniles de la démence sénile proprement dite? Cela parait possible, mais encore pas certain. Enfin, la vieillesse est représentée par l’involution normale et par son exagération, la démence sénile, qui seule peut être considérée comme trouble directement lié à l’àge. C’est donc ce seul type clinique : démence sénile, qui figure dans la classification que j’ai adoptée.
Imitation. Contagion. — On sait combien le suicide est imité facilement (voyez des exemples p. 45). La folie peut être contagieuse, mais non comme le croit le grand public, car il y faut des condi-
SÉMIOLOGIE.
lions spiiciales : un système délirant d’une part et de l’autre, du côté du ou des contagionnés, une prédisposition, généralement l’ignorance ou la débilité mentale (la sottise), d’étroites relations familiales, de société ou de lieu, et enfin le temps. On en trouvera un bel exemple chez le malade Ber... Il y a lieu d’étudier les diffé rents procédés d’imitation et de « contagion » comme l’a dit G. Dumas (1).
Hérédité. Dégénérescence. Prédisposition. — On a écrit des volumes sur ces questions. Ce serait m’écarter du but essentiellement pratique de cet ouvrage que de m’étendre longuement sur elles. Je résume l’essentiel.
1“ L’hérédité est la transmission du ÿ,emblable d’une génération à l’autre.
2° La dégénérescence n’est pas l’hérédité. C’est la déviation de cette Iiérédité, mais certains résultats de cette déviation, certaines « dégénérescences », peuvent être transmis par hérédité, tels les doigts surnuméraires, palmés, les asymétries faciales ou autres, etc. Il paraît en être de même pour certaines affections comme les idioties familiales, les amyotrophies, etc. Nous ne savons d’ailleurs pas toujours pourquoi elles apparaissent dans une famille.
3° Les enfants d’alcooliques (on incrimine aussi l’ivresse au moment de la conception) sont plus frappés que d’autres par les infections fœtales et du jeune âge, qui causent des idioties et de l’épilepsie. Ils sont plus souvent que d’autres, épileptiques, déséquilibrés ou criminels. 11 semble, dans ces cas, que le germe empoisonné par l’alcool n’ait pu fournir un développement normal, qu’il soit « dégénéré » et qu’il subisse plus facilement {prédispositioti) l’influence des causes directes extérieures ; l’extrême fréquence des convulsions chez l’enfant issu d’alcoolique le montre bien; cet enfant devient un malade ou est un anormal, ou les deux à la fois.
La syphilis des parents peut produire la syphilis héréditaire par transmission directe ou des « dystrophies variées, » sources d’idioties, d’arriérations et de troubles divers. Ici, il y a hérédité directe ou dégénérescence, suivant les cas, et souvent les deux mêlées.
4° On note souvent dans les antécédents familiaux des aliénés et des idiots, la présence de troubles mentaux ou d’affec-
(I) V. G. Dumas, La contagion mentale, Revue philosophique, mars et dé-
CAUSES DES TROUBLES MENTAUX
lions nerveuses variées. On dit, en confondant tout, qu’il y a là dégénérescence, hérédité ou hérédité transformée. Cette dernière expression est une erreur biologique; il n’y a pas d’hérédité par transformation, il n’y a qu’une hérédité qui transmet le semblable. Il est probable que certaines formes d’aliénation sont une cause de dégénérescence pour les germes, donnant ainsi des enfants qui sont prédisposés aux affections nerveuses et mentales, comme les enfants d’alcooliques.
Il est probable aussi que certaines formes de folie, qui ne sont pas celles liées aux causes extérieures (alcool, infection, etc.), peuvent se transmettre directement sous la môme forme ou sous une autre. Il semble qu’il y ait là réellement hérédité, ce qui tendrait à prouver que ces types cliniques sont liés à un seul et même trouble somatique inconnu. C’est pour ces formes que l’on réserve quelquefois le nom de folies « endogènes », pour les différencier des folies « exogènes », de cause externe. La folie endogène serait donc une sous des formes différentes, elle n’aurail pas de cause extérieure actuelle, celle-ci n’étant (\\x occasionnelle. Nous n’en connaissons donc pas la véritable cause.
5° On attribue aussi de l’importance dans les antécédents des aliénés, des épileptiques et des idiots aux traumatismes physiques et moraux de la mère pendant la grossesse, à Y accouchement difficile, avec forceps, à l’asphyxie de l’enfant à la naissance. Cela serait donc à un trouble fœtal ou du premier âge immédiat qu’il faudrait faire remonter la cause du trouble mental. Si celte cause joue un rôle certain dans l’épilepsie et dans l’idiotie, elle peut peut-être donner naissance à des formes de folie dites congénitales.
Parmi elles se trouve ce que l’on a appelé la folie gémellaire où les jumeaux sont pris du même trouble mental au même âge, sans qu’il y ait contagion. S’agit-il ici d’hérédité vraie ou de trouble congénital?
6° La consanguinité est seulement de l’hérédité renforcée.
Résumé. — On voit que ce que nous savons est très vague, en dehors du fait même qu’il y a très fréquemment des affections, mentales (ou nerveuses) dans les antécédents des aliénés. Au point de vue diagnostique et pronostique, la connaissance de ces antécédents dits héréditaires et fœtaux ne paraît pas servir à grand chose jusqu’à présent, sauf dans quelques cas : la syphiliscertaine des parents doit faire craindre la syphilis héréditaire ;
SÉMIOLOGIE.
les formes de folie avec suicide dans la famille font prévoir le suicide chez le descendant. C’est une chose qu’il ne faut jamais oublier, pas plus que la contagion du suicido. Lorsqu’un malade atteint de folie aiguë guérit et est un « héréditaire », on admet qu’il faut craindre la récidive; enfin la folie intermittente ou à double forme, l’épilepsie se retrouvent souvent dans plusieurs générations. Mais au point de vue prophylactique, la connaissance des antécédents familiaux reprend toute son importance (voyez à l’article Prophylaxie). — On comprend ainsi pourquoi, contrairement à quelques auteurs, je n’ai pas admis comme types cliniques la folie des dégénérés ou la folie héréditaire.
Toutes les considérations qui précèdent aboutissent à la justification delà classification que j’ai adoptée où l’étiologie est admise là où elle est évidente, où la clinique seule intervient là où l’étiologie nous fait défaut, dans l’état de nos connaissances.
CAUSES DES TROUBLES MENTAUX
Exemples de familles d’aliénés.