RENSEIGNEMENTS TIRÉS DE L’ÉVOLUTION DES TROUBLES MENTAUX
Sommaire. — L’évolution des troubles est difficile à prévoir. Notre ignorance est
grande. — Tableau. — Résumé de ce que l’on sait approximativement.
Il est inapproprié d’employer, comme on le fait en pathologie ordinaire, le terme aigu pour caractériser des troubles mentaux, sauf pourtant peut-être pour certains délires toxiques ou infectieux. En effet, parmi ces derniers, le délire alcoolique dit aigu ou subaigu n’a pas du tout une allure semblable à celle de l’intoxication chronique, pas plus que l’ivresse n’est semblable à la démence alcoolique. Mais pour la majorité des autres, c’est l’expression rapide ou encore de durée courte qui conviendrait le mieux; ainsi la « paranoïa » aiguë ne se distingue souvent de la chronique que parla courte durée du trouble. Il est vrai que son allure est plus tumultueuse, plus précipitée, plus hallucinatoire parfois; mais la différence n’est jamais aussi grande qu’entre les maladies aiguës d’essence curable (ou mortelle) et les affections chroniques de la pathologie médicale proprement dite. Une autre difficulté est que tous les troubles mentaux curables (1) peuvent devenir chroniques, incurables, ou se terminer par la démence. Ainsi la mélancolie, forme essentiellement curable, peut guérir, ou devenir chronique sous la même forme, ou devenir « paranoia secondaire » et enfin finalement démence. D’autre part, un accès de folie intermittente est curable et ne passe pas à la démence, mais l’ensemble des accès (que l’on admet constituer un tout) est chronique et peut finir parfois en démence. Enfin les incertitudes du diagnostic dues à notre ignorance des causes réelles de toutes les folies sans causes apparentes, dans les antécédents desquelles on trouve souvent l’hérédité ou
(1) Sauf le délire épileptique.