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SON ORIGINE

Rien ne peut mieux proüver que la famille n’a point une origine contractuelle, qu’elle est, comme tous les attributs humains, le résultat des nécessités humaines, et qu’elle suivra, en dépit de tous les efforts, les mêmes modifications que les nécessités dont elle dérive. Nous voyons, aujourd'hui même, la polygamie régner sur la plus importante fraction du globe. Nous trouvons, à Ceylan et ailleurs, des femmes avec plusieurs maris. En Europe, nous voyons en Turquie le plus âgé des mâles succéder au défunt, même s’il n’est que son neveu, et au préjudice de ses fils. Dans notre Occident, autant de sortes de famille qu'il y a de religions et presque de climats. Quelle est donc l’autorité qui pourra choisir entre ces manières diverses d'entendre les rapports entre les engendreurs et les engendrés ?

Le principe constant, et que l’on retrouve partout, est l’assujettissement des fils à leur père ; c’est là un fait dû à la tradition et à la religion. Qu'il soit conforme ou non à la saine sociologie, on peut en discuter sans scrupule. Il est impossible d’une part de méconnaître l’accroissement de capacité que l’expérience donne à l’homme. Non plus que la gravité est en quelque sorte la vertu qu’il doit acquérir, à mesure qu’il devient plus voisin de l’heure suprême, du saut dans l'infini. Mais, d’un autre côté, cette hiérarchie actuelle ne met-elle pas le courage et l'audace dans les mains de la routine et de la timidité ? C'est un fait bien constant que l’on s'attache d'autant plus à la vie et aux biens terrestres

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