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CHAPITRE PREMIER

d'accord sur ce point aujourd'hui, de distinguer L'histoire des faits de l'histoire des doctrines économiques.

A. Histoire de la Statistique.

1. Tandis que le mot Statistique (*) paraît avoir été employé pour la première fois, dans la première moitié du xvme siècle (2), par deux ou trois savants allemands, notamment par Schmeitzel, professeur à l'Université d'Iéna, et par Achenwall, professeur à l'Université de Gottingue, la chose remonte à la plus haute antiquité.

Nous savons que les Chinois l'ont pratiquée, il y a plus de quarante siècles. Elle fut, de

(!) On a disserté à perle de vue sur l'étymologie du mot statistique. L'explication la moins improbable nous paraît avoir été donnée par Schlôzer, le successeur d'Achenwall à l'Université de Gôltingue. Le mot Statislic aurait été tiré de Status, Etat, dont il serait l'adjectif, comme rusticus est l'adjectif de rus ou politica celui de polis (V. Introduction à la Science de la Statistique, trad. F. Donnant, 1805, p. 33,

(s) Ce mot fut couramment adopté en Allemagne, son pays d'origine, dès le milieu du xvme siècle. En Angleterre et en France, il le fut seulement dans les dernières années du xvme et dans les premières années du xixe, entre 1790 et 1805. Vauban et l'abbé de Saint-Pierre, Necker et Lavoisier se servaient des mots plus clairs recensement, revue, dénombrement.

bonne heure, chez les Grecs et chez les Romains, la condition même du fonctionnement de leurs institutions politiques. Les Romains, en particulier, ces maîtres incomparables dans Fart de l'administration et du gouvernement, ont toujours été, sous la République comme sous l'Empire, d'admirables statisticiens. Il est probable que la statistique a été, chez eux, beaucoup plus développée qu'elle ne le fut, en Europe, pendant tout le Moyen- Age et jusqu'à la fin du xvme siècle (').

2. Cependant, même après que le choc des barbares eut brisé tous les puissants rouages de l'administration impériale et rendu impossibles les grands dénombrements périodiques, la statistique ne disparait pas tout à fait. Sa nécessité s'impose à l'administration simplifiée et grossière de la société féodale. Les registres connus sous le nom de Polyptique, d'un si fréquent

(1) C'est le plus haut magistrat de la République qui fut, à Rome, le grand maître de la Statistique. Ou trouvera les détails les plus complets et les plus curieux sur l'organisation de la Statistique romaine dans l'étude consacrée à la Censure par Mommscn, Droit public romain (trad. Paul Girard), t. IV, p. 1-160.

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