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MINISTERE DU COMMERCE, DE L'INDUSTRIE, DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES

67. Ce ministère a été appelé quelquefois le ministère de Y Economie politique Il nous semble que son vrai nom devrait être, plutôt, le ministère de la Statistique. C'est lui qui possède peut-être aujourd'hui les plus importants de tous nos services publics en matière de statistique. Si le service central que nous réclamons venait à être établi sous la forme d'une Direction générale de la statistique, c'est au ministère du commerce que serait sa. place naturelle.

68. Le Bureau de la statistique générale de la France existe au ministère du commerce depuis 1833. Sa création fut inspirée à M. Thiers par l'exemple que venait de donner, l'année précédente, le Board of trade de Londres. Son premier chef fut le statisticien Moreau de Jon-

(') V. Levasseur, loc. cit., p. 257.

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nés. Ses premières publications datent de 1835. Même à l'origine, son titre ne fut pas tout à fait exact, en ce sens qu'il n'embrassa jamais la totalité de la statistique de la France. Son domaine était cependant beaucoup plus étendu, suivant le programme de son fondateur, qu'il ne l'a été à partir de 1852, et surtout depuis vingt-cinq ans, à mesure que les divers ministères ont été amenés à préparer eux-mêmes les statistiques correspondant à leurs attributions. L'objet principal de ses travaux et de ses publications, à toutes les époques, celui qui a survécu à toutes les transformations dont il a été l'objet, c'est la population française, la population telle que nous la font connaître et les recensements quinquennaux opérés en France, depuis 1801, et les relevés annuels des actes de l'état civil, mariages, naissances et décès. Il suffît, pour s'en convaincre, de parcourir la longue liste des publications de 1835 à 1902 que l'on trouve sur la couverture de l'un des derniers volumes de la Statistique annuelle du mouvement de la population

(1) V. Statistique annuelle du mouvement de la population, année 1001, XXXI. Celte liste est trop longue, elle ne comprend

cil A PITRE VÎI

11 convient toutefois de mentionner spécialement la publication connue sous le nom d'Annaaire statistique de la France et dont la préparation est confiée au bureau de la statistique générale, depuis 1878. Cette publication, qui est vraiment un document de statistique générale, est le résumé méthodique annuel de toutes les statistiques émanant de nos diverses administrations publiques. Déjà enrichie, il y a quelques années, de tableaux rétrospectifs extrêmement précieux, elle va l'être bientôt d'une nouvelle série de tableaux comparatifs, permettant de dégager le mouvement, durant une période de dix ans, de tous les faits sociaux qui constituent des indices de l'état de civilisation d'un pays. Avec l'Annuaire relatif à l'année 1904, le dernier paru, elle est parvenue à son vingtquatrième volume, les quatre années 1892 à 1896 n'ayant fourni que deux volumes. La plupas moins de 92 volumes, pour que nous puissions la reproduire ici. Mais elle est trop instructive pour que nous ne recommandions pas sa lecture à ceux qui désirent connaître toutes nos sources de documentation statistique.

Et nous recommandons aussi la lecture des premiers volumes de cette collection à ceux qui veulent avoir une idée de l'état de la statistique en France, pendant le premier tiers du xixe siècle.

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part des statistiques particulières qu'elle contient sont l'objet de publications distinctes. Mais il en est un certain nombre, comme on peut le voir en consultant le plus récent volume, qui ne sont publiées que dans l'Annuaire.

Resté autonome jusqu'en 1870, le Bureau de la statistique générale a été rattaché, à cette époque, à la Direction du secrétariat et de la comptabilité. Rattaché à Y Office du travail par la loi du 20 juillet 189 J , portant création de ce nouvel organe d'étude et d'observation des faits sociaux, il fait partie aujourd'hui, avec l'Office du travail lui-même, de la Direction du travail constituée par le décret du 1er août 1899.

69. L'Office du travail a beau être une institution toute récente, ses publications nombreuses et variées constituent déjà une collection très respectable, et bien qu'elles soient loin d'avoir encore atteint la perfection, leur qualité va sans cesse s'améliorant grâce au dévouement et à la haute compétence de ceux qui président à leur élaboration.

Il a pour mission de recueillir et de publier, non seulement pour la France, mais pour les

principaux pays étrangers, toutes les informations relatives au travail, à la situation des industries, au salaire, au chômage, aux grèves, aux rapports des patrons et des ouvriers, à la condition matérielle et morale de ces derniers.

Ce n'est pas toujours et nécessairement, mais c'est le plus souvent sous la forme de chiffres, c'est-à-dire de données statistiques, que sont présentées ces informations. Elles sont fournies en vue d'un double but. Elles doivent : 1° permettre l'é tude des faits, soit en vue de la recherche scientifique, soit en vue de la préparation des réformes législatives ; 2° fournir aux ouvriers, aux employés et aux patrons des éléments d'appréciation et de décision pour la meilleure utilisation de leurs bras, de leurs facultés et de leurs capitaux. On les trouve réunies dans deux catégories de publications ; dans le Bulletin de V Office du travail, publication mensuelle d'une centaine de pages environ qui donne, au fur et à mesure qu'ils peuvent être obtenus, des renseignements aussi complets que possible sur le mouvement social en France et à l'étranger; dans des séries de volumes ou brochures faisant connaître les résultats d'enquêtes spéciales,

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périodiques ou non, poursuivies sur les diverses catégories de faits se rattachant à la situation du travail et des travailleurs. Ces volumes sont aujourd'hui (novembre 1905) au nombre de quarante-quatre. Et le bulletin d'octobre 1905 porte le n° 10 de la douzième année.

70. La Direction du travail, avec les deux services dont nous venons de parler, est, sans contredit, l'organe essentiel du ministère du commerce au point de vue de la statistique. On doit toutefois mentionner aussi et les trois autres Directions que compte ce ministère, depuis la réorganisation dont il a été récemment l'objet, la Direction du commerce et de l'industrie, la Direction de l'assurance et de la prévoyance sociales, la Direction de l'enseignement technique, — et le Sous-secrétariat des postes et télégraphes.

Chacun de ces services est appelé, par l'objet même de ses attributions, à collaborer à des publications statistiques d'un très grand intérêt. 11 nous suffira de citer les principales : le Rapport annuel sur les caisses d'épargne privées et sur la Caisse nationale d'épargne ; le Rapport

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