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Il ne faut pas toujours prendre pour un symptôme de décrépitude l'apparition de branches mortes vers le sommet d'arbres sains d’ailleurs. Ilarrive souvent que les réserves des taillis se couronnent ainsi, sans ètre pour cela dépérissantes.
Lorsque l'exploitation du taillis laisse les tiges de ces réserves exposées au soleil, elles se couvrent de branches qui absorbent la sève au passage et l'empèchent d'arriver en assez grande abondance vers les sommets. Ceux-ci se dessèchent alors, et lon dit que l'arbre est couronné. Mais si l'on coupe rez-tronc ces branches gourmandes, on voit bientôt la sève reprendre son cours habituel, les branches mortes tombent et sont remplacées par de nouveaux bourgeons, qui font à l'arbre une nouvelle tête. II n'est mème pas nécessaire de faire cet élagage pour obtenir ce résultat; il se produit tout naturellement par l'accroissement du taillis, qui, en s'élevant, étouffe les branches basses des arbres de réserve, et fait ainsi refluer vers la tête la force de la végétation.
L'exploitation des bois se fait souvent avant que les arbres soient parvenus à leur maturité. Il est certains produits, comme les écorces, les perches, les cercles, etc., qui ne peuvent s'obtenir qu'autant qu'on abat les arbres pendant leur jeunesse. Quelques essences, le chène entre autres, ne donnent de bon bois de feu que si elles sont exploitées à un âge
peu avancé. C'est au propriétaire à calculer, d'après
les conditions dans lesquelles ilest placé, s'ila avan-
tage à diriger sa culture forestière vers la produetion des bois de gros échantillon, des bois d'indus-
trie ou de ceux de chauffage. Comme ces conditions
sont essentiellement variables, il est impossible de fixer aucune règle générale à cet égard.
En traitant de la croissance et de la fin des arbres, nous nous sommes borné à décrire les phases qui précèdent et déterminent la fin produite par la vieil-
lesse; mais nous n'avons pas parlé des causes qui
peuvent aussi déterminer une mort beaucoup moins lente.
Ces causes peuvent agir sur les racines, organes d'absorption, sur les feuilles, organes d'assimilation, et sur la tige, organe de transmission.
Parmi les causes de nature à entraver les fonctions des racines, il faut placer en première ligne celles qui sont relatives à la quantité ou à la qualité de l'eau. Le manque d'eau se manifeste immédiatément par le flétrissement et la chute des feuilles ; l'excès d'eau détermine une production exagérée de feuilles et de tissus sans consistance. Quand de l'eau, contenant des substances vénéneuses, atteint les racines, elle est absorbée et élevée jusqu'aux feuilles, qui jaunissent et tombent, l'arbre meurt empoisonné. Les matières grasses, goudronneuses ou sirupeuses
NUTRITION 79 obstruent les ouvertures par lesquelles l'eau pénètre dans les radicelles et arrètent la végétation. Quoiïqu'il soit assez difficile de savoir, au premier abord,
- quels sont les organes atteints dans un arbre qu'on voit dépérir, on peut, en général, aflirmer que si le dépérissement s'est manifesté avec rapidité, sans lésion extérieure apparente, c'est vers les racines qu'il faut en rechercher la cause.
Les feuilles, vivant dans l'atmosphère, subissent l'influence de tous les changements qui se produisent dans ce milieu; l'air chaud et sec active l’'évaporation qui se fait à leur surface. La lumière détermine l'assimilation du carbone; cette fonction se ralentit à l'ombre et cesse pendant la nuit.
| L'ombrage empêche donc les feuilles de se développer, et comme ce sont elles qui fournissent les matériaux de la tige, on voit toujours les arbres dominés avoir une apparence maladive. Les insectes qui détruisent les feuilles occasionnent un grand trouble dans la croissance des arbres; car l'absence de feuilles, pendant l'été, empêche la formation du __ cambium et entraîne par suite une lacune dans la __ série des couches du bois. Si les feuilles ne sont détruites que pendant une saison, l'arbre peut réparer ce dommage l'année suivante; car la sève ascendante trouvera dans les dernières couches de l'aubier des matières amylacées encore solubles et
assimilables; mais si l'enlèvement des feuilles se répète pendant plusieurs années consécutives, l'arbre meurt d'inanition. Il est fort important de se rendre bien compte de l'utilité des feuilles; car on suppose trop généralement qu'elles ont dans la végétation un rôle secondaire. Les émanations gazeuses, la fumée et la poussière qui obstrue les pores, le défaut de lumière sont, en dehors des destructions opérées par les insectes, les animaux et l'homme, les causes les plus ordinaires de dépérissement des arbres, par les troubles apportés aux fonctions des feuilles.
Le tronc et les branches subissent les conséquences des perturbations des fonctions des feuilles et des racines, mais ces parties du végétal sont en outre exposées à de nombreux accidents. Les chocs et les blessures qui désorganisent ou tranchent leurs tissus produisent des écoulements de sève dangereux pour l'existence de l'arbre. Quand les blessures sont franches et qu'elles n'ont pas une trop grande surface, le cambium, qui s'échappe par les vaisseaux coupés, forme autour de la plaie un bourrelet dont les bords se rapprochent peu à peu et finissent par la recouvrir; mais si la plaie est grande, le temps que ces bourrelets mettent à se rejoindre est si long, que le bois exposé à l'air se décompose avant que la soudure soit faite. Ce bois
| pourri forme alors un centre de décomposition, % lont l'effet s'étend aux parties voisines et finit par 5% entraîner la perte de l'arbre entier.
D . Certains insectes $ Dune aussi aux tiges des arbres, ils se logent sous l'écorce, dans les parties > es plus jeunes de l'aubier et se nourrissent des Dour féculentes et sucrées emmagasinées dans
es tissus. Les galeries que ces insectes pratiquent
n | dans le bois laissent échapper la sève, et deviennent une cause très active du dépérissement des arbres.
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