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NUTRITION 71 Pendant que toute apparence de vitalité a cessé dans la partie centrale, l'arbre continue à vivre par les couches superficielles ; sa durée peut être encore très longue, si les matières décomposées et les eaux ont pu trouver une issue par la base du tronc, parce qu'alors l'intérieur se vide et reste sec. Si, au contraire, le bois pourri reste enfermé dans le bois sain, l’eau corrompue dont il est imprégné pénètre dans la sève, la décompose et amène promptement la désorganisation de tous les tissus; les branches, n'étant plus suffisamment soutenues, tombent alors ies unes après les autres, et entraînent souvent le tronc dans leur chute.
Pourbien se rendre compte des phénomènes de la
vie et de la mort chez les arbres, il faut regarder
jeur charpente solide comme le support des générations de bourgeons qui se succèdent depuis la naïissance du jeune plant. Chaque génération a la durée de l'évolution du bourgeon. Elle commence avec le bouton et finit avec la feuille. Ces générations suc-
cessives se continuent tant que la tige met les bou-
tons en communication avec le sol qui leur fournit l'eau nécessaire à leur existence. Quand cette communication vient à s'interrompre, l'évolution des bourgeons est arrêtée.
On peut donc se représenter la charpente d'un arbre comme composée d'une série d'arbres em-
boîtés les uns dans les autres, et dont chacun ne vit réellement que pendant la durée de l'évolution des bourgeons qui l'ont formé.
Au bout d'un certain temps, les plus anciens de ces arbres, ceux qui sont les plus intérieurs, meurent et se décomposent, les autres continuent à vivre; mais quand la décomposition intérieure a détruit la solidité de la charpente végétale qui les supporte, celle-ci tombe, et cette chute entraîne la mort des parties restées vivantes.
Les arbres destinés à fournir des bois d'œuvre s'exploitent pendant leur maturité. Comme la durée de cette période est assez longue, on peut régler l’âge de l'exploitation suivant la nature et la qualité des bois qu'on veut produire. Si l'on trouve profit à obtenir de la petite charpente, des pièces longues et effilées, on pourra abattre les arbres dès qu'ils cessent de croître en hauteur, c'est-à-dire au début de la période de leur maturité. Si, au contraire. on veut produire des bois de qualité supérieure et de fort échantillon, il faudra attendre la fin de cette période.
Dans tous les cas, il est important de ne jamais conserver les arbres au delà de l'époque où ils présentent des signes certains de décrépitude: car ces signes accusent un commencement de désorganisation intérieure, qui ôte aux pièces une grande partie de leur valeur.
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