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REPRODUCTION 79 pante avec les polypiers qui habitent les mers, car il est formé, comme eux, d’une agglomération d'individus distincts, vivant sur un support commun, mais ayant chacun une existence à peu près indépendante,
Cette indépendance est assez grande pour qu'on puisse détacher un des boutons, le porter sur un autre arbre, ce qui constitue la greffe, ou le planter dans le sol, ce qui constitue la bouture, et pourvu que l’on prenne les précautions nécessaires pour que ce bourgeon soit placé dans des conditions analogues à celles où 11 se trouvait sur son pied d'origine, il se développera dans sa nouvelle situation, comme il l'eût fait sur l'arbre d'où il a été détaché.
Chaque bouton est done un individu végétal distinct, croissant sur un support commun, qui est l'arbre, mais pouvant en être séparé.
Ce support sert à mettre le bouton en communication avec le sol qui fournit l'eau et les matières minérales nécessaires à son développement. Il sert, en outre, de dépôt de substances féculentes élaborées par les feuilles et emmagasinées pour nourrir la génération de boutons qui leur succède,
Il y a trois espèces de boutons : les Zerminaur, qui sont placés à l'extrémité de la tige dont ils sont
destinés à former le prolongement ; les latéraux,
qui naissent à l’aisselle de chaque feuille et qui deviendront des branches, et enfin les adventifs, qui
apparaissent sur des points quelconques de la tige 3 et des racines. | En traitant des fonctions de nutrition, nous avons 1 exposé les phénomènes de l'évolution des 3 boutons terminaux et latéraux qui déter- 4 minent l'accroissement régulier de la € tige en hauteur et en grosseur (fig. 14) ; ù il nous reste à indiqner la nature des bou- |
tons adventifs et les conditions dans lesquelles ils se produisent. j Lorsque la chaleur excite la vie dans L les végétaux, l'eau du sol, absorbée par = leurs racines, dissout, dans son passage .
à travers les tissus déjà formés, les subs- à tances qu'ils contiennent et les rend < susceptibles de créer de nouveaux tissus. ; Si, au lieu de s'élever jusqu'aux bou- 4 é tons, cette sève se trouve arrètée dans son À sus passage à travers la tige, sur des points Ô dont l'activité vitale est excitée d'une manière anor- male, elle s'y organise et crée là un noyau cellulaire £ qui se développe à travers l'écorce et apparaît à l'ex- 3 térieur sous forme d'une excroissance plus ou moins à
allongée qui ne tarde pas à se couvrir de feuilles.
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Fig. 14. — Rameau d'orme avec son bouton terminal qui se développera en bourgeon, et les boutons latéraux qui donneront des feuilles et des fleurs.
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Les bourgeons adventifs diffèrent des boutons normaux, non seulement parce qu'ils n'occupent pas, comme ces derniers, une place déterminée dans le végétal, mais encore parce qu'ils ne sont pas recouverts, commeeux,d'écailles destinées à les prémunir contre le froid.
Les bourgeons normaux, formés à la base des feuilles dès le milieu de l'été, doivent, en effet, attendre le printemps suivant pour faire leur évolution ; les adventifs au contraire, produits spontanés de la sève printanière, se développant dès qu'ils sont formés, n'ont pas besoin d'être protégés contre les rigueurs de l'hiver. On peut artificiellement déterminer la production des bourgeons adventifs, soit en interceptant le passage de la sève au moyen de ligatures ou de blessures, soit en activant la vitalité de certains points de la tige par l'action directe des rayons du soleil.
L'abatage d'un arbre encore dans la période de la jeunesse a pour conséquence ordinaire l'apparition d'un certain nombre de bourgeons adventifs qui naissent à la base du tronc aux premières chaleurs
du printemps. La sève, ne trouvant plus son issue
naturelle par la tige et les branches, s'échappe en
partie par les vaisseaux coupés, mais celle qui est
retenue dans la souche y trouve un dépôt de matières solubles, dont elle constitue, sous les parties de
l'écorce exposées à la lumière, des groupes de cellules qui se développent en bourgeons adventifs. On donne à ces bourgeons le nom de rejets de souche ou de drageons, suivant qu'ils partent de la base
du tronc ou des racines.
Si, au lieu de couper l'arbre près du sol, on laisse
au tronc une certaine hauteur, les bourgeons adventifs naissent sur le fûtresté debout, on dit alors que l'arbre est exploité en tètard. — Les arbres résineux ne produisent ni rejets de souche, ni drageoens.
Ces bourgeons adventifs trouvent dans la souche
sur laquelle ils naissent une ample provision de matériaux nutritifs ; ils reçoivent par les nombreuses racines dont cette souche est munie une grande quantité d'eau ; aussi leur croissance est-elle très rapide. Ce sont eux qui forment le peuplement des taillis.
Les bourgeons adventifs donnent naissance à des feuilles semblables à celles des bourgeons normaux,
et leur développement s'effectue absolument comme
celui de ces derniers.
En outre des boutons normaux et adventifs, destinés à continuer sur place le sujet qui les porte,
les arbres ont la faculté de produire des graines,
qui donnent naissance à des bourgeons sem-
blables à ceux des arbres dont elles sont issues,
mais dont l'existence est entièrement indépendante
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“RÉPRODUCTION 83
de ces derniers. Les organes au moyen desquels
s'effectue la production de ces nouveaux êtres sont
les fleurs.
La fleur se compose essentiellement des élamines,
qui sont les organes mâles, M Le et des pistils, qui sont les . AP ® & P Ù | & @ 4 | Fod
organes femelles. Dans les (4 fleurs complètes (fig. 15), le
cercle autour de lui et sont
pistil occupe le centre, les étamines sont disposées en
- elles-mêmes entourées de deux cercles de folioles
diversement colorées, qui sont la corolle et le calice. Quand le calice et la corolle sont ornés de couleurs brillantes, comme on le voit dans un grand nombre de plantes, ils
deviennent la partie la plus appa-
rente de la fleur; mais dans la plupart des arbres de nos climats, ces verticilles, qui sont simplement destinés à protéger les organes essentiels, manquent ou pren-
Rs peu de développement; aussi les fleurs des arbres sont-elles en général petites et peu apparentes.
Fig. 15. — Fleur du lilleul à petites feuilles. Fig. 16. — Fleur mäle du hètre.
La forme des étamines est différente pour chaque espèce végétale ; celles des arbres de nos climats offrent, en général, l'aspect de petites masses de tissu cellulaire, divisées par une ou plusieurs canne-
DA
Fig. 17s
lures et supportées par un pédoncule grèle. Ces petites masses sont les anthères, le pédoncule prend le nom de filet, Les étamines du hêtre (voy. fig. 16) donnent une idée assez exacte de la forme générale de ces organes. Celles du chène (fig. 17), qui ont le filet beaucoup plus court, sont groupées autour de
Fig, 17. — Portion d'un chaton de chène rouvre. Fig. 18. — Rameau de charme portant deux chatons mâles et un chaton femelle.
REPRODUCTION 89 tiges grèles et pendantes qui portent le nom de chatons. On retrouve la mème disposition dans les élamines du charme (fig.18), de l’aune (fig. 19), des pins et des sapins (fig. 20).
Le pistil, organe femelle, comprend l'ovaire, le style et le stigmalte. L'ovaire est une masse de tissu cellulaire creusée d'une cavité dans laquelleestrenfermé l'ovule, qui est le rudiment de la graine. Le style est un tube cylindrique qui continue l'ovaire et dont l'extrémité supérieure s'évase ou se bifurque pour former le stig-
mate,
La figure 21 représente le Fig. 19.
pistil du frène, la partie renflée inférieure est l'ovaire, le stigmate est situé à l'extrémité supérieure du style, qui le relie à l'ovaire. La figure suivante montre l'intérieur de l'ovaire avec 4 ovules suspendus sur un axe central.
Les étamines et les pistils sont tantôt réunis sur
Fig. 19. — Chaton mâle de l'aune.
Fig. 20, — Chaton mâle du sapin:
une même fleur comme dans l'orme (fig. 28), le sycomore (fig.29),tantôtgroupés séparément comme nous l'avons vu pour le hêtre, le chène, le charme et l'aune, dont les fleurs mâles ont été figurées plus haut, et dont les
figures 23 à 26 représentent les fleurs femelles.
ANR ne On appelle hermaphro-
dites les fleurs qui portent des organes mâles et
Fig. 23.
Fig. 26.
femelles réunis (fig. 28), mâles, celles qui se com-
Fig. 21. — Fleur hermaphrodite du frène.
Fig. 22. — Ovaire du frène. section longitudinale. Fig. 23. — Fleur femelle du hêtre dans son involucre. Fig. 24. — Fleur femelle du chène rouvre.
Fig. 25. — Fleur femelle du charme.
Fig. 26. — Chaton femelle de l'aune.
. posent seulement d'étamines, el femelles, celles qui n'ont que des pistils. Les arbres qui portent des fleurs mâlesetdes fleurs femelles sont dits monoïtques. On appelle dioïques, ceux
chez lesquels les fleurs mâles et les fleurs femelles se trouvent sur des individus différents.
Il est certains arbres, tels que
Li. à À
le frène, qui ont à la fois des
. fleurs mâles, des fleurs femelles
. et des fleurs hermaphrodites.
Fig. 27.
On les nomme polygames.
Après avoir décrit les organes de la génération des arbres, nous avons à exposer leur jeu dans l'accomplissement de cette fonction.
Dès que le mo-
ment dela féconda-