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CHAPITRE VIII

FUTAIES MoDES DE TRAITEMENT. — Méthode naturelle. — Jardinage. — Tire et aire. — Blanc- étoc. — Gemmage. ee à 4 MÉTHODE NATURELLE. — Coupes de régénération:

sombres, claires. secondaires, définitives. — Coupes | d'amélioration : Nettoiements, éclaircies. — Exploi- ee tabilité. — Possibilité. — Marche des exploitations. #4

— Repeuplements artificiels. — Abatage. — Vidange. F0 — JarpiNAGE. — Essences et climat. — Difficultés. Fa ÿ

ras à +

Forêts de défense. — TIRE ET AIRE. — Inconvénients de la méthode, — Son abandon. — COUPES À BLANC= éroc. — Défrichement, culture et repeuplements arti-. D:

ficiels. — GEMMAGE. — Quarres., — Gemmage à mort. — Produits résineux.

Modes de traitement. — On appelle futaies el {orèts dont la régénération est exclusivement basée |

ve

sur la faculté que possèdent tous les arbres de: se

reproduire au moyen de graines.

On traite les futaies par deux méthodes princie

pales :

Celle du réensemencement naturel et des éclaircies

et celle du jardinage. L'ancienne méthode dite à tre À el aire est complètement abandonnée maintenant, et.

Æ les coupes à blanc-éloc sont trop rarement pratiquées É LR

pour qu'on puisse considérer ces exploitations ee |

FUTAIES 13.) comme un mode de traitement particulier, Nous ne parlerons donc de ces deux dernières méthodes que pour dire en quoi elles consistent. Il suffira d'exposer les règles relatives à la méthode naturelle et au jardinage pour faire comprendre la préférence qu'on leur accorde généralement aujourd'hui.

Quoique le gemmage ne constitue pas un mode de traitement, mais bien l'utilisation d'un produit industriel fourni par certains arbres résineux, nous avons cru devoir le comprendre dans le chapitre consacré à l'étude des futaies.

Les arbres qu'on livre au gemmage se reproduisant exclusivement par leurs graines, les procédés d'exploitation qui leur sont propres viennent naturellement à la suite des méthodes de culture el d'exploitation dont ils sont un cas particulier.

Méthode naturelle. — La méthode du réensemence-

ment naturel a pour objet d'assurer la régénération

par la semence et de favoriser la végétation des massifs, depuis leur naissance jusqu'à l'exploitation. La première condition pour obtenir un ensemen-

cement naturel est d'avoir des arbres donnant des

graines fertiles ; la seconde, qui n'est pas moins importante, c'est que ces graines trouvent un sol apte à les faire germer et à faire prospérer les Jeunes

sujets qui en proviennent.

Le sol des forêts dans lesquelles le massif a été

191 | SYLVICULTURE

conservé, est naturellement: très favorable à la ger- nan mination des graines et à la croissance des jeunes plants. Les débris des feuilles et des brindilles aceumulés pendant plusieurs révolutions y forment un 4

terreau frais et léger, dans lequel les graines et les 141

plants’ trouvent l'humidité et la température, &u

“ #4 | degré le plus favorable à leur développement. Si

les arbres ne donnent pas un couvert complet, ce Fe. terreau se consomme sous l'influence de la lumière, me le sol se couvre de gazon, de bruyères où d'autres a plantes qui retiennent les graines dans le lacis de leurs touffes compactes, et étouffent à leur naissance les jeunes plants qui ont pu se produire. Si, au contraire, la forèt forme un massif bien complet, si les rayons du soleil ne peuvent arriver jusqu'à la lerre, ‘il n'y à ni gazons, ni bruyères, le sol est couvert d'une couche épaisse de feuilles mortes dans

toute liberté : aussile maintien du massif est-il une des conditions les plus importantes de la régéné-

A bsag et CORP OURS |

ration. Nous verrons plus loin que c'est encore une

des conditions indispensables à la bonne végétation des peuplements.

Dans leur jeunesse, les plants destinés par 1 K

nature à croître sous le couvert des arbres qui leur ont donné naissance redoutent d'être exposés trop

< FUTAIES 130 du bhàle el de la gelée, il faut donc leur ménager un abri ; d'autre part, ces jeunes plants exigent, pour se développer, une quantité de lumière, restreinte d'abord, mais qui doit s'accroître successivement ; car nous savons que tous les végétaux tirent de l'air

é leur nourriture, et que leur accroissement s'opère seulement sous l'influence de la lumière.

Obtenir d'abord un semis complet, conserver aux jeunes plants un abri suffisant, puis enfin les dégager peu à peu du couvert qui les gène, tel est le but indiqué par la nature et que le forestier atteint au moyen des coupes de régénération.

Dans une. première coupe, dite d'ensemencement, on réserve un nombre d'arbres suffisant pour garnir le sol de graines. |

Quand les semences sont lourdes, les réserves devront être rapprochées, la coupe sera sombre ; elle sera claire quand les semences sont légères et se répandent au loin, si d’ailleurs le tempérament du jeune plant n'exige pas qu'on lui conserve un abri complet. |

Les coupes d'ensemencement dans les bois de hètres, de sapins, se font à l'état de coupes sombres, car les jeunes plants de ces essences sont très délicats. On fera de mème les coupes d'ensemencement dans les forêts de chènes, car le gland est lourd et ne se dissémine pas. Il importe d'ailleurs d'empè-

136 SYLVIEULTURE | 44 cher, au moment du semis, le sol de ces forèts de os 4 se gazonner, ce à quoi il est généralement disposé à raison du peu de couvert que donnent les chènes. Les coupes d'ensemencement des pins peuvent être claires, car les graines sont nombreuses, légères, et la reproduction facile.

En général, on conserve dans les coupes d'ensemencement un couvert d'autant plus épais que les semences sont plus lourdes, les jeunes plants plus délicats et le climat local plus rude et plus exposé à de brusques variations.

Lorsque le sol est suffisamment garni de jeunes plants, il devient nécessaire de les faire participer, suivant les besoins spéciaux de chaque essence, aux influences de la lumière et de l'atmosphère. C'est au moyen des coupes secondaires qu'on atteint ce * but.

Dans ces coupes, on enlève tous les arbres qui dominent des brins bien venants, assez robustes pour se passer d'abri; on éclaircit le massif de manière à laisser, suivant le climat et les essences, pénétrer plus ou moins le soleil ; on conserve au | contraire les arbres qui surmontent les semis encore trop jeunes, les parties mal repeuplées. Lorsque les plants sont très sensibles aux influences atmosphériques (hèêtres, sapins), la coupe secondaire se fait avec ménagement, et seulement lorsqu'ils ont acquis

FUTAIES S 137 une cerlaine vigueur ; on peut mème l'effecluer en deux fois. Quand, au contraire, les jeunes plants craignent le couvert (chènes, pins), la coupe secondaire s'opère aussitôt que l'ensemencement est terminé.

Quand enfin le jeune peuplement est devenu assez complet et assez vigoureux pour être débarrassé sans inconvénient du couvert qui l'a abrité et dont le maintien nuirait à son développement uitérieur, on le dégage, au moyen d'une coupe définitive, de tous les arbres qui le dominent. — On avance ou on retarde cette coupe suivant que le repeuplement a été plus prompt, que les jeunes sujets sont plus robustes.

La coupe définitive termine la série des coupes de régénération. La jeune forêt qui résulte de cette succession d'exploitations doit, si elles ont été bien dirigées, présenter un massif bien compact de brins serrés les uns contre les autres et à peu près d'égale hauteur; c'est là ce qu'on nomme un fourré.

A mesure qu'ils prennent du développement en grosseur et en hauteur, tous ces brins tendent à occuper plus d'espace; le sol sur lequel ils sont fixés ne suffit plus à les contenir tous. Le besoin de lumière les pousse à croître en hauteur; les plus vigoureux surmontent les plus faibles, qui s'étiolent et périssent. Leurs débris, réunis aux feuilles décom-

13S SYLVICULTURE

posées, forment un terreau qui conserve la fraicheur

du sol et augmente sa fertilité. Le fourré passe à

l'état de gaulis. Pendant cette phase de la végétation, les bois blancs, qui croissent plus rapidement que les bonnes essences et qui se reproduisent avec une grande facilité, arriveraient à dominer le jeune peuplement si l'on n'avait le soin d'arrèter leur envahissement ; plus tard, on ne pourrait le faire . sans interrompre le massif. Les brins dominés

peuvent donner déjà des produits utiles ; il convient d'en protiter en régularisant les éclaircies naturelles auxquelles les peuplements sont soumis pour passer de l'état de gaulis à celui de perchis, et enfin de haute-futaie.

Conserver le massif en favorisant le développement des bonnes essences et en tirant profit des brins surabondants ou inutiles, tel est le but auquel le forestier parvient au moyen des coupes d'amélioralion. |

Daus ces coupes, on enlèvera successivement les brins dominés, les bois blancs inutiles au maintien du massif, les morts-bois. Les premières, qui s’effectuent lorsque le besoin s'en fait sentir et généralement entre 10 et 0 ans, prennent le nom de neltoiements : celles qui viennent ensuite prennent le. À nom d'éclaircies ; elles se succèdent à des intervalles : réguliers de 10 à 0 ans, jusqu'à ce qu'on soit arrivé

FUTAIES 139 ñ l'époque où, les arbres ayant atteint leur exploitabilité, il convient de procéder à une nouvelle régénération.

Dans les nettoiements, on n'enlève que les brins dépérissants, les morts-bois et ceux des bois blancs qui ne sont pas indispensables au maintien du massif. Un nettoiement trop clair présente de grands dangers pour le peuplement. Les jeunes brins qui le composent, étant en général grèles et élancés, n'ont pas assez de force pour se soutenir s'ils ne s'appuient pas les uns sur les autres ; il faudra donc avoir grand soin de ne pas dégarnir le massif, Les éclaircies qui succèdent au nettoiement s'effectueront d'après des règles analogues, modifiées toutefois par la consistance plus robuste du peuplement.

Ce n'est pas tant l'espacement des tiges qui doit guider dans le choix des arbres à extraire que le développement de leur tête; c'est en regardant en l'air et non devant soi qu'on reconnaît ce qu'il faut extraire ou réserver. Quand le couvert est complet, les cimes bien développées et se soutenant mutuellement sans s’entraver, on n'enlèvera rien. On réservera les arbres même mal venants et les bois blancs dans.les parties un peu claires où le sol se couvre d'herbes ; car c'est une marque que le massif est interrompu, et il faut y remédier. On extraira au contraire les brins étiolés et vicieux, et même des

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= LES SERA PESTE 140 SYLVICULTURE à 7 D.

brins bien venants lorsque le massif sera trop serrés

Des éclaircies bien dirigées conduisent un peuple ment jusqu'à l'exploitabilité, en favorisant l'accrois- 54 sement et en améliorant la qualité des bois; elles Fe Re laissent un sol bien meuble, amendé par les détri- 4 Ô tus des feuilles, dégarni de gazon, et le plus propre enfin à une nouvelle régénération. 5234

Tel est le résumé succinct des opérations cultu- “À

“TA dE" EN du "> .

rales auxquelles est soumise, pendant tout le cours

d'une révolution, une forèt traitée par la méthode + à naturelle. +4

Il nous reste, pour compléter cette étude, à faire * % connaître les considérations sur lesquelles l'on s'ap- 3 4 puie pour fixer la durée de larévolution, de manière à obtenir dans un temps donné la plus grande quan pse tité des produits les plus utiles, c'est-à-dire pour Si déterminer l'exploitabilité, et à indiquer les moyens 3 employés pour obtenir des produits réguliers et. à constants, c'est-à-dire pour régler la possibilité. 4

Pour qu'une forèt se reproduise par les semis na- 2 : turels, il faut que les arbres qui la composent soient en âge de produire une suffisante quantité de gs. graines fertiles. % #4

De cette première condition résulte l'obligation

de ne pas exploiter les parties à régénérer avant

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l'âge où les arbres commencent à donner de bonnes

graines. Comme d'autre part on cherche à produire -LÈR e —- " PA |

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mn,

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FUTAIES 141 des bois sains et de bonne qualité, il faut qu'on abatte les arbres avant l'époque où ils dépérissent.

C'est entre ces deux limites que doit être nécessairement fixée la durée de la révolution, c'est-àdire de l'intervalle qui s'écoule entre la naissance des jeunes peuplements et Texploitation des bois les plus âgés.

Il ne suffit pas de savoir qu'il ne faut couper les arbres ni quand ils sont trop jeunes ni lorsqu'ils

sont trop vieux; il faut arriver à déterminer l’âge

exact auquel il convient de les exploiter pour en tirer le meilleur parti.

Pour cela, il faut avoir égard au sol, au climat, à la longévité des essences, et au prix des bois suivant leurs dimensions et leurs qualités.

Dans les bons terrains, les arbres prospèrent jusqu'à un âge avancé ; dans les sols médiocres, leur croissance s'arrète promptement.

Aux expositions chaudes et dans les climats doux, les arbres donnent des semences plus tôt que dans les climats froids. Leur fertilité s'affaiblit dès qu'ils ont dépassé un certain âge.

Les chènes s'exploitent depuis 100 jusqu'à 180 ans; les sapins, épicéas, mélèzes purs ou mélangés,de 90 à 190 ans, suivant qu'ils sont dans un sol plus ou moins favorable.

Les pins n'atteignent pas souvent l'âge de 100

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