LAN
DE TÉLÉGRAPHIE SOUS-MARINE. 19 bord : les courants étaient trop faibles pour les indiquer (1).
On met une pièce de bois sur cette troisième roue pour empêcher le même accident de se renouveler, et on continue.
À 9 heures le câble s'échappe de la quatrième roue; 21.
Second
elle s'était probablement remplie de goudron et d'é- ins toupe : il a glissé par-dessus. On stoppe encore et on remet en place ; on marche de nouveau.
Il est à remarquer que, dans ces différents cas, on arrête le câble avec des cordes qui le saisissent et le tordent $ans pitié, au point de le courber, de le nouer presque et de le disposer parfaitement à la rupture.
À partir de 9 heures les communications électriques cessent complétement ; on a beau écrire à terre, pas de réponse. À 11 heures 1/2 on avertit la terre que, si elle n'envoie pas de signaux, on va couper le câble. Arrivent alors des signaux plus forts que par le passé, mais pas assez énergiques pour former des dépêches. Vers 3 heures du matin on observe une grande tension dans le câble; on diminue la vitesse. Le navire file 3 nœuds, le càble, 5.
A 3 heures 50 minutes du matin il casse d’un coup : ”.
Rupture,
net, à 20 brasses sous l’eau ; les indicateurs donnaient Grses de la L ? rupture.
| tonneau 3/4. Le temps était magnifique, ectte pièce
(1) En présence des avis si favorables émis récemment par les électriciens de la Compagnie, qui, n'a-t-on dit, ont fait de nombreuses et concluantes expériences, je n'ose exprimer mon opinion sur l'énergie probable des manifestations électriques qui auront lieu aux extrémités du câble transatlantique.
Sn) LS uen ce PART ner ee nec ET STE ee Pacte
20, Expériences du 12 août,
de càble fort belle. Nous sommes par = 52° 28, L=— 17° 20, par 2,050 brasses, à 274 milles deterre. On a filé en tout 334 milles de câble.
Il y en avait à bord du Niagara 1,073 ; il en reste 754, qui, ajoutés à 1,088 de l’Agamemnon, donnent 1,847 milles en tout. De Valencia à Newfoundland il y a 1,640 milles; c'est donc 207 milles qu'il reste en plus de la distance à parcourir. Il n’y a pas à songer à recommencer. Nous retournons en Angleterre.
J'attribue cette rupture à la machinerie ou aux freins, et aussi au défaut de mouvement. Le câble libre et en mouvement se supporte aisément par ces profondeurs.
Le lendemain, 12 août, nous avons filé en cet endroit 3 milles de câble; il y en avait par conséquent près d’un demi-mille sur le fond; nous l’avons traîné pendant une dizaine d'heures avec des vitesses qui ont été jusqu’à plus de 7 nœuds. On a fait avec le navire tout ce qu'on a pu pour le casser: la mer était grosse, et, de guerre lasse, on n’a pu venir à bout de se débarrasser de ce càble qu’en lui donnant un coup de hache.
Au contraire, un càble touchant également le fond, qu’on a laissé librement pendre, en parfait état de repos et verticalement, par les mêmes profondeurs, a cassé, au bout de 20 minutes, à une brasse de la dunette. Il a commencé par se détordre, les fils de fer ont cassé, et, chose extraordinaire, la gutta-percha est restée presque seule, pendant dix minutes, à soutenir le tout. Nous avons fait aussi une expérience qui montre la possibilité, je dirai même la facilité, de faire le joint au milieu. Nous avons joint le câble de l'Agamemnon et le nôtre, et chaque navire s’en est allé de son côté; le càble est
DE TÉLÉGRAPHIE SOUS-MARINE. 177 arrivé sainement au fond, et ce n'est qu'après que les deux bâtiments ont filé quelque temps encore que le câble s’est cassé à bord de /’Agamemnon.
De tout ceci il me semble ressortir que cet insuccès net nclusions.
ne préjuge en rien de la praticabilité de l'opération, et qu'elle sera possible, à la belle saison, avec une machinerie plus légère, moins compliquée, et des freins plus doux, à la condition toutefois, à mon avis, qu’on commencera du milieu, et aussi qu’on aura Lcaucoup plus de câble à bord.
Le Niagara a admirablement fait son devoir, le capitaine Hudson par-dessus tout.
13 août 1857, à bord du Niagara.