CONSTRUCTION DU CABLE; DIFFICULTÉS ÉLECTRIG®ES. L
0, ‘ d r4 (1 , 1 Q a t PUR La plus grande préoccupation quon puisse avoir, 1 « a În . # . LE 1% transmission AU point de vue électrique, est celle du retard qu’é- à
dépèches, — prouvera la transmission des dépêches. Un câble sous-marin se compose d’un fil conducteur (en cuivre) entouré d’une matière isolante (gutta-percha). Nous admettrons en outre que le tout est revêtu d’une enveloppe conductrice (en fer), la modification
ou la suppression de cette enveloppe extérieure ne k changeant que très-peu les conditions électriques dans L le cas où le câble est plongé dans l’eau. Or, si on fait : passer un Courant par le fil intérieur, l'électricité, à ;
mesure qu'elle s’avance, réagit, par influence, sur l’enveloppe conductrice {le fer et l’eau), ce qui diminue î la vitesse de propagation. Je réduis le phénomène à sa plus simple expression et je n'entre dans aucun dévelop- 1 pement sur les divers effets produits par cette induction $ statique, et j'abandonne ces questions aux ingénieurs du service télégraphique, beaucoup plis compétents que
moi. J'ai seulement à faire remarquer la différence
qui existe entre ce qui se passe dans les lignes aériennes et ce qui se passe dans les lignes sous-marines. Dans l'air, qui est fort mauvais conducteur, l’électricité ne produit aucun effet; dans un câble sous-marin, au contraire, elle agit sur les corps conducteurs voisins, et tout le système vient à constituer une véritable bouteille de Leyde.
Jusqu'à présent les lignes sous-marines sont de peu d’étendue, et la quantité d'électricité qui réagit de la surface extérieure de cette bouteille de Leyde est peu considérable ; aussi les retards dans la transmission sont peu sensibles (cependant on a eu + de seconde de retard lors de la détermination de la différence de longitude entre Paris et Greenwich, et M. Airy m'a dit attribuer presque complétement ce retard à la partie sous-marine de la ligne parcourue). Mais si l’on suppose un câble de 4,000 kilomètres, comme le transatlantique, ou même de 1,000 kilom., comme celui de l'Algérie, on s’effraye de la surface de cette immense bouteille de Leyde et des effets qui seront produits sur la marche de l'électricité et le jeu des appareils. J'ai cherché à me former une opinion à cet égard, et j'ai consulté les savants de France et d'Angleterre, notamment MM. Faraday, Edmond Becquerel et Weathstone ; mais je n’ai pu tirer aucun renseignement précis, et j'en suis réduit à attendre le résultat de la grande tentative qui va être faite sur le câble à un seul fil qui doit être posé entre l'Irlande et Terre-Neuve.
IL a été fait grand bruit, à propos de ce dernier câble, 41:
? Expériences d'expériences qui ont eu lieu dernièrement en Angle- du cable
ansterre, dans le but de rassurer la spéculation sur la pos- auantique
Comparaison entre les lignes souterraines et les lignes sousmarines.
sibilité de transmettre des dépêches par de très-longues distances. Les savants qui ont présidé à ces expériences, et parmi lesquels il faut citer M. Morse, ont eu le soin d'opérer, non sur des fils aériens, mais sur des fils souterrains, qui, dans un milieu humide et presque continuellement en contact avec la terre, se trouvent dans des conditions à peu près analogues à celles des fils sous-marins. Les résultats de ces expériences ont été satisfaisants; malheureusement personne, pour le moment, ne connaît assez les lois qui régissent la marche de l'électricité, dans les diverses conditions que présentent les lignes télégraphiques de différentes espèces, pour pouvoir passer des phénomènes observés dans les lignes souterraines aux phénomènes qui doivent avoir lieu dans les lignes sous-marines.
M. Whitehouse, l'électricien de la Compagnie transatlantique, que j'ai eu la bonne fortune de rencontrer à Liverpool, a la plus entière confiance dans le succès. Il s'appuie en partie sur lexpérience suivante, dont il m'a donné connaissance. Il a opéré sur un fil souterrain de 200 kilomètres et sur un fil identique sous-marin également de 200 kilomètres, et il a trouvé ! de seconde de retard pour le premier et ! (nombre rond) pour le second. Îlen à conclu que le terme de la proportion entre les retards souterrains et les retards sous-marins était ?. Mais je suis loin de partager son opinion et de croire que cette proportionnalité existe, Je pense, au contraire, que, si, pour 200 kilomètres, le retard sousmarin est double du retard souterrain, pour 4,000 il sera beaucoup plus fort que Le double.
Encore une fois, il faut attendre l'expérience. H me
DE TÉLÉGRAPHIE SOUS-MARINE. 13 semble regrettable que la Compagnie transatlantique ait adopté un câble à un seul fil, et M. Whitehouse, à qui j'ai exprimé cette opinion, l’a confirmée en disant que, s’il n’eût été si pressé par le temps, au point de vue de la spéculation, il aurait certainement choisi un câble à double fil.
Un câble à double fil que je serais très-porté à adop- 1. ter est celui que propose M. Gordon, l’un des chefs de A Ja maison Newall et C°, de Neweastle, ingénieur distingué, très-compétent sur toutes ces matières.
Voici les motifs de ma préférence pour ee câble. Si À l’on enferme deux fils métalliques isolés séparément dans É un même cylindre de gutta-percha entouré de fer, et
qu’on les établisse en circuit métallique, l’un d'eux étant parcouru par un courant positif, et l’autre simultanément par un courant négatif, est-ce que les actions égales et contraires de ces deux courants opposés, relativement à la surface exiérieure en fer, nese contre-balancent päs, de manière à annuler, ou à peu près, l'induction statique? En outre l'induction voltaïque ne tend-elle pas à augmenter la force des deux courants? En un mot,
L. est-ce que, dans ce système, l'induction statique n’agira à pas moins en retardation que l'induction voltaïque n’a- À vira en accélération ?
î Je livre ces questions à l'appréciation des ingénieurs
* du service télégraphique. de ferai seulement les deux remarques suivantes : quant à l'induction statique, ou, ce
{t) Ce câble à double fil a été imaginé, je crois, par M. Siemens, que j'ai vu en Angleterre et aussi à bord de l'£lba lors de la pose de l'algérien ; il m'a paru renoncer à son idée, et je pense qu'il v a lieu de répoudre négativement aux questions qui précèdent.