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par suite on diminuerait l'épaisseur de la gutta-percha et la grosseur du câble: d'où économie, encombrement moindre, etc.
On a, je crois, l'intention de poser un câble entre le Havre et Caen. On pourrait adopter, pour cette petite ligne, le câble à double fil, et faire des expériences utiles.
Cette question du retard dans la transmission de l'électricité est la plus grave de celles qu’il y ait lieu d'étudier, car, pour les très-grandes longueurs, elle attaque même la possibilité du service télégraphique. Je dirai cependant quelques mots sur la dimension du fil de cuivre et l'épaisseur de la gutta-percha.
Le fil, comme on sait, est d’une conductibilité proportionnelle à sa section ; mais aussi, plus il est gros, ., plus il offre d’inconvénient sous le rapport mécanique.
Il y a une limite moyenne qu'on peut, je crois, fixer à
? millimètres pour le diamètre. Le câble transatlantique est composé de 7 fils de cuivre de 0"",7 de diamètre chacun, ce qui fait en tout 2 millimètres, à peu de chose près; cette dimension me paraît trop forte (1) ; elle a l'inconvénient de rendre le câble plus lourd, plus coûteux, et d'exiger, par suite des difficultés de la fabrication, une plus grande quantité de guttapercha. En outre, cette disposition de petits fils qui en forment un gros, qui peut avoir quelque avantage sous le rapport mécanique, est fâcheuse sous le rapport électrique ; car, pour un poids égal , sur la même lon-
(1) J'ai rétracté cette opinisnjdepuis que j'ai vu ce qui s’est passé électriquement lors de la pose du transatlantique. (Voir la 2° partie).
Dimensions
dufil nducteur.
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aueur, le faisceau des fils réunis est moins bon conducteur que le fil unique. La différence a été reconnue par les expériences de M. Whitehouse d'environ 8 p. 100.
L'épaisseur de la gutta-percha, en raison de la cherté de cette matière et des inconvénients sérieux qui croissent avec la grosseur du câble, doit être ramenée aux plus petites dimensions possibles, en tant que les exigences électriques soient satisfaites.
La première de ces exigences est évidemment l'isolation parfaite du fil conducteur. Dans l’état actuel de la fabrication de la gutta-percha , on ne peut se contenter d’une seule couche. La moindre solution de continuité non-seulement tendrait à détruire l'isolation, mais encore, surtout par les énurmes pressions qui, subsistent au fond de la mer, donnerait passage à l’eau, qui attaquerait le fil de cuivre (1). On a donc adopté par prudence trois couches de gutta-percha , et, comme la meilleure fabrique ne garantit pas de bon travail à moins de environ 1"",2 d’épaisseur pour chaque couche, on voit que l'épaisseur totale sera d'environ 4", ce qui avec le cuivre donne 1 centimètre de diamètre pour le cylindre intérieur. Ce sont les dimensions du câble transatlantique.
Mais elles sont déterminées par ce fil conducteur, qui lui-même est fort gros, et avec un fil plus mince pour point de départ on aurait, je crois, des épaisseurs de gutta-percha plus faibles et très-suffisantes certainement pour l'isolation. Le câble de Sardaigne avait aussi
(t) Ceci est peu probable d’après les expériences que nous avons
faites ultérieurement avec l'appareil à hautes pressions de M. Froment.
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trois couches, et cependant l'épaisseur totale de la guttapercha, autour de chaque fil d’un peu plus d’un milli-
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r mètre fort de diamètre, ne dépassait pas 3 millimètres. 1 . IL serait fort utile de trouver des procédés de fabri- il é cation qui permettraient d'obtenir des couches de plus l s- en plus minces, et je proposerais même de substituer à | x l’une des couches, si ce n’est à deux, le passage du fil | i- dans des dissolutions de gutta-percha. On a repoussé | cette modification, parce que les dissolutions ordinaire-
sl ment employées renferment des aleools qui nuisent aux { de propriétés isolantes ; mais on pourrait, je pense, obte- ! nir des dissolutions de gutta-percha pur qui ne présen- | n- è tent pas cet inconvénient. à La ë Quelle que soit cependant l'importance que présente 15, | ib- L une plus faible dimension de câble, il ne fant pas ou- TT jui 4 blier que ce n’est pas seulement l'isolation du fil à la- aus
ils quelle on est forcé de songer. Il faut considérer que, s’il la y à plusieurs fils dans le même câble, ils s’influence- ! | à ront d'autant plus les uns les autres qu'ils seront plus f ne voisins, et aussi qu'il ne faut pas qu'ils se trouvent 1 dE trop près de cette enveloppe extérieure qui agit sur eux f Re par l'induction statique. Il serait intéressant de voir ce l du que devient cette action suivant la distance.
J'indique le caleul comme exemple des recherches
Là analytiques que peuvent faire les ingénieurs du service De des télégraphes. l ur's Si MRéa est l’action exercée sur le centre par l'élément corresdat pondant à l’angle au centre d2, l’action du même élément sur le k ussi point A, situé à la distance / du centre, a pour valeur il Ù Jia MRda = L
R° 4 0° 20R cos x
Effets des grandes pressions,
et la somme de toutes les actions sera
da 2MR° MB? fi F0 — 20R cose R7—0 { en faisant
tang À «,
b d'où, pour l'intégrale :
2MR° nes > MR = | arc tang 5 = D 75
ce qui pour b = 0, c’est-à-dire pour le fil central, donne M.27R et pour b—R, c’est-à-dire pour un fil à la circonférence, donne À (1).
I est enfin une question dont je ne parlerais pas si elle ne m'avait paru préoccuper plusieurs personnes. Le câble sous-marin, reposant au fond de la mer, est soumis à une pression qui, pour celui de l’Atlantique, irait à 500 atmosphères, et pour celui d'Algérie, à 300; et on peut se demander quelles modifications produiront ces pressions énormes sur l’état moléculaire du fil et sa conductibilité. La théorie indique que non-seulement il n’y a rien à craindre, mais qu'au contraire les conditions seront meilleures. De plus, la pratique tend à rassurer, puisque, l'an dernier, de Sardaigne en Algérie, on a communiqué télégraphiquement par 2,000 mètres de profondeur, c’est-à-dire par 200
(1) Ceci est incomplet, car il faudrait calculer la valeur de M, qui est fonction du rayon et de la force du courant, et aussi faire entrer dans le calcul définitif non pas une seule section, mxis la somme de toutes les sections. On arriverait ainsi à déterminer la quantité d'électricité dissimulée à la surface du câble, c’est-à-dire la quantité d'électricité que doit fournir la pile au point de départ en sus de celle qui, passant par e fil, se manifestera à son extrémité,
nne M.27R conférence,
rais pas Si rs personde la mer, de l’Atlan- | d'Algérie, pdifications at molécuie indique mais qu'au De plus, la ier, de Sarphiquement ire par 200 ar de M, qui est aire entrer dans mme de toutes tité d'électricité d'électricité que qui, passant par
DE TÉLÉGRAPHIE SOUS-MARINE. 19 atmosphères. En tout cas, comme il n'est rien de tel que les expériences complètes , j'ai demandé à M. Froment un appareil qui permettra d'examiner complétement ce qui se passe; on pourra en même temps voir si par la pression extraordinaire l’eau ne pénètre pas la gutta-percha (1).
J'ai communiqué le présent chapitre à M. E. Becquerel, qui en a adopté les principales idées, et qui m'a dit que les conclusions sont parfaitement conformes à ce qu'on sait sur l'action et l'emploi de l'électricité.
J'ai dû exposer tout ce qui précède relativement aux difficultés électriques, parce que ce travail doit résumer les renseignements que j'ai recueillis plutôt que mes opinions personnelles ; mais, pour mon compte, je ne suis nullement inquiet pour toute la partie électrique de la question. J’ai une immense confiance dans l'électricité, que je regarde comme peu connue pour le moment et dont on tire de jour en jour un meilleur parti. Je suis convaincu que, quelles que soient les conditions dans lesquelles sera construit le câble, l’éleetricité se tirera toujours d'affaire. Ainsi je ne doute pas que dans peu la science n'arrive à faire passer des dépêches de France en Algérie à travers un fil de cuivre tout nu (2). Sauf les proportions, le fait, scientifiquement, existe déjà. Dans les Indes, à ce que m'a dit
(1) Cet appareil a été construit; un échantillon de câble transatlantique, dont les extrémités étaient à l’air libre (ce qui avait présenté de grandes difficultés), a été soumis à des pressions variables jusqu'à 500 atmosphères. Les expériences qui ont été faites au Conservatoire, en présence de MM. Becquerel, Wertheim, de Tessan et Tresca, nous ont complétement rassuré.
(2) Ceci est probablement une erreur très-grossière.
Confiance dans
Pélectricité.
PART TRS En
M. Faraday, il y a mille milles de lignes télégraphiques composées de fils non isolés, reposant sur des poteaux qui ne sont pas isolés non plus, et les dépèches se transmettent.
Mais, si l'électricité doit se prêter, suivant moi du moins, à toutes les merveilles, la mécanique a des exigences auxquelles on ne peut échapper. Ainsi ce fil de cuivre tout nu, dont il a été question plus haut, ne pourrait être mis au fond de la mer et se romprait certainement dans la pose (1). Il y à donc lieu d’examiner sérieusement le côté mécanique de la question des câbles sous-marins.
(1) En supposant qu'on entende les opérations comme cela a eu lieu jusqu'aujourd'hui.
de ne
les
lieu